LinkedIn est devenu un outil incontournable dans l’univers des ressources humaines. Et ce, que l’on recherche un emploi ou que l’on recrute un candidat. Le Professeur Jacques Folon vous explique les fondamentaux du réseau social afin de se lancer dans une campagne de recrutement avec succès et ainsi dénicher la perle rare !

Un allié dans ce monde changeant

Depuis sa création, en 2003, la plateforme professionnelle LinkedIn n’a cessé d’attirer de nouveaux utilisateurs, jusqu’à récemment franchir la barre des 500 millions d’inscrits à travers le monde. Le réseau social regroupe également plus de 9 millions d’entreprises – de la start-up à la multinationale, 10 millions d’offres d’emploi et une centaine de milliers d’articles d’opinion publiés ! À l'heure où la manière de recruter et de postuler connait un vrai changement, les réseaux sociaux – et principalement LinkedIn – sont de précieux alliés : « Depuis 2007-2008, il y a vraiment eu un changement de paradigme, avec l’avènement des nouvelles technologies et des nouveaux modes de communication (iPhone, Big Data, réseaux sociaux…) », confirme Jacques Folon. Au gré de ces changements, on voit en effet disparaître des métiers mais aussi d’autres apparaître. Un peu corollairement, l’époque où on faisait toute sa carrière dans la même entreprise est révolue. On voit ainsi naître un phénomène de job-hopping : les employés changent fréquemment d’emploi.

Pourquoi utiliser LinkedIn ?

LinkedIn permet un gain en temps et en efficacité. En effet, son usage est multiple et permet de :

  •  tisser un réseau professionnel ;

  • évoluer dans une économie de partage : en relayant les offres d’emploi auprès de connaissances qui cherchent du travail, mais aussi via Facebook en parallèle ;

  • mettre en contact : candidats comme chasseurs de têtes peuvent s’y rencontrer ;

  • disposer d’un outil de prospection et de sélection : les candidats reçoivent des offres sélectionnées ou peuvent consulter des pages Job tandis que les recruteurs peuvent screener les divers profils qu’ils y trouvent ;

Grâce à LinkedIn, la présélection des candidats est faite. Nous n’en sommes plus à l’époque où, avant de tomber sur la perle rare, un recruteur devait éplucher des centaines de CV et un candidat tout autant d’offres. De plus, au moment de l’entretien d’embauche, on en sait déjà beaucoup sur la personne qui se trouve en face ! 

Quelle image renvoyez-vous aux candidats ?

Tant pour le candidat que le recruteur, LinkedIn est donc un outil de communication, voire de branding, et ce, sans devoir trop investir : « LinkedIn sert la réputation en ligne. Par exemple, le candidat peut y observer combien l’entreprise est active, à quel point et à quelle fréquence elle recrute, quelles sont ses valeurs, etc. Aussi, en tant qu’employeur, il ne faut pas hésiter à poster des publications : par exemple sur les team buildings organisés dans son entreprise, sur les travaux de rénovation de ses bureaux, l’arrivée de stagiaires en renfort… Cela donne l’image d’une entreprise dynamique où l’on se sent bien. De quoi susciter l’envie de faire partie de cette équipe, d’évoluer dans ce cadre inspirant et donc de postuler. Inversement, une entreprise sur laquelle on ne trouve aucune information est tout de suite moins attrayante. Ce ‘déficit de notoriété’ peut même poser question… ». Même chose d’un candidat qui resterait très évasif ou, au contraire, qui s’étendrait sur des infos peu pertinentes, voire privées.

Comment se préparer à une campagne LinkedIn impactante ?

Pour mettre en place une campagne LinkedIn, il convient de :

  •  créer un profil pour son entreprise, à la fois sur LinkedIn et Facebook ;

  • y intégrer les membres de son équipe ;

  • poster des offres d’emploi pertinentes, dans des groupes d’activité correspondant à son cœur de métier. Il est bon de dire que l’on recherche, et ce, explicitement et précisément. On met ainsi toutes les chances d’avoir des retours en accord avec ses attentes ;

  • partager : via les réseaux sociaux, on atteint vite quelques milliers de personnes ;

  • suivre les offres que l’on a postées : il faut répondre à ceux qui posent des questions, parce qu’on est bien élevé… et qu’on veut donner une image sympa de son entreprise ;

  • monitorer : le plus simple est de se googliser ou googliser son entreprise pour savoir où on en est en matière d’e-réputation. Nous conseillons de la faire en mode privé ou depuis un ordinateur autre que le sien, car sinon l’historique biaise les résultats (tels que le positionnement dans les moteurs de recherche) ;

  • en parallèle, tenir à l’œil la concurrence : sans copier, cela donne une idée de ce qui se fait dans son secteur (type de communication, valeurs, projets en cours…). C’est aussi un indicateur de l’état de santé des concurrents, selon qu’ils recrutent plus ou moins.

Enfin, LinkedIn est certes un outil précieux, mais pas pour autant infaillible : « Il reste une part d’humain impossible à transmettre virtuellement. Il est donc tout à fait probable que la première rencontre réelle entre le candidat et le recruteur ne corresponde pas à l’idée que l’on s’en était faite ». Mieux vaut donc se protéger d’une éventuelle déception. Comme sur les sites de rencontres, on peut aussi bien avoir un clash qu’un flash !

Jacques Folon

Jacques Folon

Le Professeur Jacques Folon enseigne la dynamique de travail dans les organisations à l’Université Saint-Louis. Il est aussi Partner chez Edge Consulting, une société de conseil en Management.