La rapidité avec laquelle le terme « burn-out » s’est fait une place dans notre vie quotidienne est préoccupante. Comment reconnaître les symptômes d’un burn-out chez vos collaborateurs et vous-même et que faire ? La neuropsychologue Elke Geraerts nous l’explique. 

Une pression sans cesse croissante

Ces dernières années, le nombre de personnes souffrant d’un burn-out ne cesse d’augmenter, incontestablement. Selon Elke Geraerts, plusieurs raisons expliquent ce phénomène. « La quantité de stimuli que notre cerveau doit traiter chaque jour s’accroît sans cesse. Nous sommes constamment connectés, ce qui conduit à un flux continu d’informations. En outre, nous vivons dans un monde VUCA (volatility, uncertainty, complexity and ambiguity), c’est-à-dire un monde caractérisé par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l'ambiguïté. Les emplois sont devenus plus complexes, mais, parallèlement, personne ne sait avec certitude si les compétences requises aujourd’hui seront encore nécessaires dans cinq ans. Tout cela s’ajoute à la pression « habituelle » au travail. Outre le travail, il existe également d’autres facteurs de stress, comme les événements de notre vie privée et un sentiment général d’insécurité sociale. À un moment donné, notre cerveau ne peut tout simplement plus faire face à cette tension. »

Troubles physiques, mentaux et cognitifs

« Il s’agit surtout ici de reconnaître à temps les symptômes d’un stress excessif », explique Geraerts. « Le stress est un concept générique. Quand je parle avec des entrepreneurs, je remarque que beaucoup d’entre eux ne connaissent pas vraiment les symptômes du stress. Toutefois, ces symptômes peuvent se présenter sous de multiples formes. Le stress se manifeste dans notre état physique, mental et cognitif :

- Les troubles physiques sont, par exemple, des douleurs dans la nuque et dans le dos, des maux de tête, des palpitations, des crises de panique ou une fatigue excessive.

- On observe aussi des manifestations mentales : les personnes sont très cyniques ou excessivement émotionnelles au travail. Les perfectionnistes vont parfois encore plus loin et placent la barre encore plus haut, à tel point que cela devient totalement impossible.

- Et enfin, l'aspect cognitif : trous de mémoire, perte de concentration... Cela peut même aller jusqu’au black-out complet.

Si vous observez ce type de symptômes au sein de votre personnel ou chez vous-même, il est essentiel d’en parler. Ne pensez pas que « cela va disparaître sans rien faire ».

Renforcer votre résistance mentale

« Le burn-out affecte très souvent les perfectionnistes pour qui le travail accompli n'est jamais assez bon, qui placent la barre extrêmement haut et qui ne sont jamais satisfaits de leur travail. Ou bien les personnes qui ne trouvent plus de satisfaction dans leur travail. Chez ces personnes, il faut renforcer la résistance mentale et entraîner le cerveau à cet effet », affirme Geraerts.

« On peut recourir à quelques trucs pour renforcer cette résistance :

- Soyez inflexible lorsqu’il s’agit de déterminer ce qui est réellement important et débarrassez-vous impitoyablement de tout le reste. Posez-vous régulièrement la question suivante : qu'est-ce qui me motive ? Où est-ce que je puise mon énergie ? Qu'est-ce que je veux ? Et passez à l'action !

- Vous pouvez aussi affûter votre mémoire en utilisant des techniques de visualisation ou au travers d’associations singulières. En créant des représentations détaillées ou en dotant l’information d’une charge émotionnelle, vous renforcez la capacité de mémorisation de votre cerveau.

- Vous pouvez aussi utiliser un rituel de méditation en guise de déclic qui informe votre cerveau qu’il est temps de passer au focus-time, c'est-à-dire de se concentrer.

- Les techniques de respiration aident votre organisme à éliminer le stress et les toxines et vous vous sentez immédiatement plus détendu et ‘remonté’ pour le travail. »

La bonne attitude envers le stress

« Le burn-out est aussi très souvent lié à un changement d’état d'esprit ou d’attitude », explique Geraerts. « J’entends très fréquemment des personnes dire qu’elle « doivent » encore rencontrer certains amis et qu'elles n'en ont pas du tout envie. Il n'existe aucune loi qui stipule que vous « devez » rencontrer ces amis. Dans certains cas, rompre avec les habitudes peut nous aider à résoudre le problème.

Vous devez également veiller à prendre soin de vous, à dormir suffisamment pendant la nuit, à adopter une alimentation saine et à maintenir un bon équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie privée. Votre cerveau consomme 20 % de vos réserves d’énergie. Votre posture et votre maintien ont un effet direct sur les réactions chimiques dans votre cerveau. Des petits changements – par exemple, changer de position, se ménager des « pauses café », garer sa voiture un peu plus loin ou se tenir debout pendant les réunions – peuvent faire toute la différence.

Elke Geraerts

Elke Geraerts

Elke Gerarts est docteur en psychologie et a collaboré, entre autres, avec les universités de Harvard, St. Andrews, Maastricht et Rotterdam. Avec Pia Buysse, elle a fondé la société Better Minds at Work, qui conseille les organisations pour renforcer la résistance mentale des travailleurs. Dans ce cadre, elle collabore avec une trentaine de psychologues, médecins et consultants. Geraerts a également écrit deux ouvrages sur ce thème : Mentaal Kapitaal et Het Nieuwe Mentaal.

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