Les réseaux sociaux ne manquent pas de ressources quand il s’agit de créer des occasions d’interactions. Certains usages a priori marginaux peuvent devenir de véritables outils marketing. C’est le cas du « conversation hacking ». Aude Bonaert, Social Media & Digital Strategist chez Deloitte Digital, explique comment l’employer à bon escient.

L’art de s’immiscer sur les réseaux sociaux

Rien à voir avec le hacking ou « piratage informatique ». L’expression « conversation hacking » doit être prise ici dans une toute autre forme : cela consiste à intervenir dans une conversation sans y avoir été mentionné au préalable. On ‘saute’ dans la conversation d’un utilisateur ou d’une autre marque, peu importe le canal ou l’émetteur. A la clé : une augmentation de sa visibilité ou de nouveaux leads !

Plusieurs scénarios sont possibles :

  • Une personne hésite entre 2 marques et une 3e intervient (Pensez ici à des sites comparatifs où une marque interviendrait immédiatement dans les commentaires de personnes hésitantes).

  • Une personne exprime un besoin, et une marque lui propose ses services (Dans ce cas-ci, une entreprise engagerait la conversation au sein même de forums et blogs).

  • Une marque interagit avec une autre de manière a priori improbable : c’est le cas, par exemple, de Topito qui s’est immiscé avec humour dans un poste Facebook de Spotify. De quoi attirer à soi la sympathie du public de son concurrent.

Faire mouche sur les réseaux sociaux

Toute personne ou toute marque ayant un compte LinkedIn, Facebook ou Twitter peut devenir un « conversation hackeur ». Il y a ainsi moyen de rentrer dans un processus de prospection sans avoir l’air d’y toucher. Les blogs et forums s’y prêtent particulièrement bien.

Une méthode qui pourrait, par exemple, profiter à la concurrence et aux comparateurs de prix dans le cadre du rachat de Lampiris par Total. De nombreux consommateurs exprimant en effet ouvertement sur le web leur désir de changer de fournisseur, il suffirait d’appliquer le 1er scénario ci-dessus pour attirer le prospect.

Une belle occasion de convertir

Il s’agit donc d’un moyen marketing à part entière, à mi-chemin de l’inboud marketing (le client vient à vous) et de l’outbound marketing (vous allez chercher le client). Les prospects font la moitié de la démarche vers une marque ou une entreprise et le processus de conversion est lancé. Il y a évidemment différentes écoles, et tout dépend de la culture de l’entreprise qui va pratiquer le « conversation hacking ».

Bonnes pratiques :

- Ne jamais perdre de vue qu’on est dans le domaine public

- Commencer par s’interroger : Est-ce la bonne conversation à hacker ? Où et comment veut-on être visible ?

- Etre vu ne suffit pas : il faut avoir quelque chose à dire et se mouiller. Participer, faire rire, donner du contenu supplémentaire. Quelque chose qui en vaille la peine !

- Se conformer aux codes de la conversation que l’on va hacker : mieux vaut adopter le wording, le type de communication, et aussi les outils de celle-ci (photos, GIFs, émoticônes, longueur des réponses…)

Il est ainsi possible de partir d’un bon mot ou d’un simple échange web pour rebondir vers une campagne marketing qui tient la route. Pour peu que soit trouvé le juste milieu entre buzz, interactions constructives et visibilité.

Aude Bonaert

Aude Bonaert

Aude Bonaert dispose d’un diplôme en Finance Management et est Social Media & Digital Strategist chez Deloitte Digital. Auparavant, elle fut Head of Social Media chez BNP Paribas Fortis.

 

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