De nos jours, avoir un commerce en ligne est devenu incontournable. Cela permet de mieux rencontrer les attentes des internautes et d’attirer davantage de clients. Pour ce faire, il faut souvent composer tant avec la complexité des e-outils que les budgets serrés ou encore les contraintes propres à l’e-commerce. Petites comme grandes entreprises doivent en effet souvent faire avec les moyens du bord. Kenneth De Maeyer - qui a déjà réalisé plusieurs sites d’e-commerce dont celui de Royal Boch - nous livre quelques trucs et astuces pour créer son webshop sans prise de tête. 

L’exemple de grandes entreprises qui ont su composer avec des contraintes budgétaires

Kenneth De Maeyer a appris à faire avec les moyens du bord : « En 2009, alors que Royal Boch était confronté à des impératifs de rentabilité après une sortie de faillite, nous avons quand même souhaité développer un webshop, mais avec un budget serré. Nous avons demandé le prix à trois fournisseurs afin de lancer un site qui soit à la fois corporate et e-commerce, assorti d’un système d’envoi de mailings. Les offres allaient de 14 à 50.000 euros. Notre choix s’est porté sur le plus concurrentiel, qui était aussi celui le plus en accord avec les valeurs de la marque. Une autre fois encore, nous nous en sommes bien sortis, avec 3.000 euros pour le développement, les frais d’abonnement et les coûts récurrents. A chaque fois, la solution la moins onéreuse s’est révélée très satisfaisante. En général, il faut prévoir plus ou moins 5.000 euros comme investissement de départ, sans compter les abonnements et les frais récurrents - même s’ils n’étaient pas élevés ».

Conseils à l’entrepreneur qui veut lancer lui-même son webshop

Pour avoir testé sur le terrain, Kenneth De Maeyer conseille de :

  • apprendre un maximum par soi-même ;

  • se former en ligne ;

  • envisager au maximum l’alternative gratuite.


Kenneth De Maeyer illustre : « Il existe beaucoup de ressources en ligne permettant d’être autonome lorsque l’on crée son site ou son webshop. Elles sont souvent gratuites, ou du moins pendant un certain temps, c’est-à-dire avant qu’il ne soit nécessaire de passer à une version premium :

  • outils de remarketing : permettant, par exemple, de relancer le client virtuellement en lui proposant un coupon afin qu’il passe à l’acte d’achat ;

Faire appel à un professionnel du web présente aussi ses plus et ses moins

« L’expertise a un coût certes, mais on a face à soi quelqu’un qui en saura toujours plus qu’un profane et qui peut se former de façon continue au secteur. Le développeur professionnel a aussi le recul que l’on n’a plus sur le projet. Il peut aussi procéder par la répétition : le problème qu’il a rencontré une ou plusieurs fois par le passé, il peut l’identifier de nouveau et le solutionner d’autant plus rapidement et efficacement. Inversement, il peut aussi avoir tendance à dupliquer des modèles de sites existants. Or, mieux vaut se démarquer un maximum des concurrents. Enfin, on peut aussi avoir le sentiment que l’on n’est pas la priorité du développeur ou qu’il n’est pas impliqué, celui-ci ne connaissant jamais aussi bien les produits et services ou encore le client que l’entrepreneur lui-même ».

Pensez aux contraintes logistiques et pratiques de votre e-commerce

Que vous soyez seul ou accompagné lors de la réalisation de votre webshop, il subsistera toujours des contraintes inhérentes à l’e-commerce. Il s’agit, par exemple des :

  • conditions d’expédition des colis : si, comme chez Royal Boch, vous envoyez des colis fragiles, veillez bien au choix du prestataire et au sérieux de celui-ci (prise d’assurance, mention « fragile » sur les caisses, conseils lors de l’emballage pour éviter la casse, etc.). Pensez aussi aux coûts des envois à l’étranger et à ceux liés au poids des paquets ;

  • modes de paiement : ne perdez pas de vue la compatibilité de votre prestataire avec votre plateforme, ainsi que la sécurisation des paiements (de type 3-D Secure, par exemple), la disponibilité 24/7 des fonctionnalités, la diversité des modes de paiement ;

  • coûts de la plateforme-même : cela va du setup jusqu’à l’abonnement et aux transactions, en passant par les frais de gestion de dossier et la sécurisation des paiements. Ces coûts peuvent varier considérablement d’un prestataire à l’autre. Aussi, renseignez-vous bien au préalable, afin d’éviter les mauvaises surprises lors de la réception de la facture ;

  • certifications de son e-commerce par un organisme externe. Celui-ci pourra également vous dispenser de précieux conseils et autres bonnes pratiques en matière de conformité (conditions générales, charte vie privée/RGPD, etc.) ;

  • du service client : mettez le plus d’informations possible à disposition (FAQ), rendez-vous disponible (via les réseaux sociaux ou un chatbot) et pensez à fournir un formulaire ou, tout au moins, une adresse de contact. Un système comme asynchrone, par exemple, fournit une réponse certes pas immédiate (avec 5 à 10 minutes de délai), mais en tout cas adéquate, et non standardisée, comme c’est souvent le cas.


Pour conclure, Kenneth De Maeyer insiste : « Il ne faut pas se ruer sur la solution a priori la plus facile, mais prendre du recul. N’hésitez pas à vous renseigner aussi sur le Net (forums, avis, etc.). Ne transigez pas non plus sur la sécurité. Des certifications et autres labels tels que Safeshops ou BeCommerce créent de la rassurance. En d’autres mots : tout ne se fait pas en 2-3 clics. L’essentiel est de garder son objectif en tête ».

Kenneth De Maeyer

Kenneth De Maeyer

Avec sa double formation en management et marketing, Kenneth De Maeyer a occupé pendant une dizaine d’années des postes de MarCom manager au sein de grands groupes comme de petites et moyennes entreprises. Il a complété son parcours d’un certificat à la Solvay Brussels School en e-commerce et e-marketing. Aujourd’hui administrateur chez Royal Boch, il supervise également le développement du webshop de ce grand nom de la faïence belge.