On les retrouve de plus en plus sur Internet : ces plateformes qui mettent des fournisseurs en contact avec des acheteurs intéressés. Quels sont les défis liés à un tel business model ? Et quels en sont les pièges ? Bizcover a questionné Iris Decreus, de House of Weddings, à ce sujet.

Mettre en contact fournisseurs et consommateurs

Uber, Booking.com, FLAVR, … certains des plus grands noms sur Internet appliquent plus ou moins la même stratégie commerciale : ils ne fournissent pas de biens ou de services eux-mêmes mais mettent en relation des fournisseurs et consommateurs entre eux (voyageurs et propriétaires de maison, voyageurs et hôtels, voyageurs et taxis, …). Ces plateformes se font appeler enablers.

En Belgique aussi, l’idée fait son chemin. Durant 10 ans, Iris Decreux a travaillé en tant que marketeer pour de grandes marques avant de prendre une toute autre direction en devenant organisatrice de mariage indépendante. Un peu plus tard, lorsqu’elle s’est elle-même mariée, il lui est clairement apparu qu’il était parfois difficile de dénicher les bons fournisseurs pour l’événement. C’est ainsi qu’est née l’idée de House of Weddings, une plateforme en ligne où les futurs mariés peuvent trouver tous les fournisseurs possibles pour le « plus beau jour de leur vie » : des salles de banquet et magasins de fleurs aux DJs et designers de tenues de mariage.

Les défis des plateformes de services

Dans ce secteur, le modèle de revenu le plus fréquent consiste en l’octroi d’une commission à la plateforme pour chaque transaction effectuée. Booking.com retient par exemple une redevance pour elle-même à chaque nuitée réservée via son site. De même, pour chaque course de taxi effectuée via Uber, une grande partie du prix total est destinée au chauffeur mais un certain pourcentage revient à Uber. House of Weddings fonctionne de manière similaire : « Les fournisseurs sélectionnés nous paient une contribution annuelle pour rejoindre notre réseau », explique Iris. « Nous avons donc une double tâche : sélectionner les fournisseurs mais également nous occuper quotidiennement du marketing envers les couples ». 

House of Weddings doit donc surveiller l’équilibre délicat entre ses propres clients (les fournisseurs) et les fiancés. Il y a là bien sûr une préoccupation pour les futurs mariés : comment peuvent-ils être certains que leur fournisseur leur livre une qualité correcte s’il a payé pour être présent sur la plateforme ? « Nous appliquons aussi en interne une procédure de sélection basée sur 4 indicateurs », réagit Iris. « Il existe des critères de qualité généraux identiques pour chaque fournisseur (expérience, accessibilité, service à la clientèle, …) et des critères plus spécifiques, tout simplement parce qu’un traiteur est différent d’une boutique de tenues de mariage. Nous vérifions ensuite minutieusement si chacun est en ordre en termes de normes de sécurité : sont-ils en ordre d’assurance ? Les installations au gaz sont-elles conformes ? Disposent-ils de tous les certificats requis en matière de sécurité des aliments ? Last but not least, nous incluons le feedback des futurs mariés : qu’ont-ils apprécié ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? ». Ces commentaires sont pour l’instant recueillis pour une utilisation et évaluation en interne, via un e-mail envoyé après le mariage. Ils ne sont donc actuellement pas encore visibles pour tous », explique Decreus. « Nous envisageons cependant de les rendre accessibles aux utilisateurs de la plateforme à l’avenir ».

House of Weddings bénéficie du fait que les clients ne soient pas les couples mais bien les fournisseurs, car la plupart des gens n’organisent qu’une seule fois dans leur vie une grande fête de mariage. 

Iris Decreus a tourné cela à son avantage. Ses clients sont notamment les endroits de mariage : pour eux, au plus les mariages qui s’organisent via la plateforme sont nombreux, au mieux c’est évidemment !

Mieux répondre aux besoins et aux désirs de votre public cible

« Le grand défi des années à venir sera d’affiner la mesurabilité de la plateforme », nous dit Iris. « Chaque année, on compte environ 40.000 mariages en Belgique. Notre souhait est d’atteindre et d’aider au moins 50% de ces couples ». Nous constatons déjà, grâce à Google Analytics et Facebook Insights, que nous en sommes à 20% en Flandre. Cela dit, nous ambitionnons également de nous développer sur les marchés bruxellois et wallon. Nous sommes actuellement la plus grande plateforme de mariage sur le marché mais voulons encore mieux comprendre notre groupe cible et nos données. De cette manière, nous pourrons davantage développer notre plateforme à l’avenir.

Iris Decreus

Iris Decreus

Iris Decreus a suivi un master en Marketing Management à la Vlerick Business School et a travaillé en tant que marketeer pour, entre autres, Nike, Red Bull et Unilever. Elle a fait ses adieux au monde du marketing en 2009 et a commencé à travailler en tant qu’organisatrice de mariage indépendante. C’est ensuite vers la fin 2015 qu’elle a fondé House of Weddings. Mariée, Iris vit avec son mari et ses deux enfants à Gand. 

Confirmer