Pour répondre à une demande de plus en plus pressante du public, l'industrie alimentaire a choisi d’afficher plus de transparence dans la traçabilité des ingrédients. En Belgique, la demande est de plus en plus manifeste, comme le confirme une enquête de Fair Trade Belgium : les consommateurs recherchent plus naturellement les produits issus du commerce équitable. 72 % souhaitent carrément un élargissement de l'assortiment de produits. Jusqu’au secteur de la mode, car finalement, la philosophie est la même selon Valérie Berckmans.

Le faire trade comme identité

Imaginez que, dans la grande distribution, 0,5% du prix d'un vêtement va à la main d'œuvre - et je ne parle pas encore de la production de coton. « Je ne pouvais pas m'inscrire en faux avec mes propres convictions ». Bien entendu, je ne cultive pas du coton dans mon jardin, mais je veille à ce que tout ce que je fais produire reste en circuit court. Ensuite, je m’inscris, avec d’autres créateurs, dans une dénonciation de la surconsommation du vêtement. Nous militons pour faire cesser l’achat compulsif de fringues... qui conduit à des déchets. « Nous ne suivons pas les collections et les saisons. Nous faisons dans le durable et j’avoue que j’en suis fière ». 

Le fair trade face aux grandes enseignes

Les consommateurs ont des comportements d’achat propres. Tous les profils se croisent. Des personnes qui ne s’habillent que chez moi, attirés par le label belge ou les pièces en très petites quantités, en passant par des profils plus mixtes. « Certains mélangent du H&M à mes créations. Au début, les réactions étaient assez cocasses car la première image associée à la mode bio, c’est celle du baba cool. Mes vêtements sont loin, bien loin de ce stéréotype. »

Comment associer une certaine éthique à sa marque ?

« C’est possible, mon entreprise en est un bel exemple. Je vous conseille de prendre le temps de bien étudier votre clientèle cible ». Prenez aussi le soin d’analyser les marges possibles dans votre secteur. À mon époque, le fair trade n’était pas enseigné à l’école. Aujourd’hui, les témoignages de nombreux étudiants et professeurs me confortent dans la décision que j’ai prise. Le secteur de l’équitable n’est plus une niche. C’est un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur. Je vous l’assure : on peut combiner éthique et création de mode.

Valérie Berckmans

Après avoir travaillé chez Annemie Verbeke, Valérie Berckmans s'est installée dans le quartier Dansaert à Bruxelles. Sa boutique-atelier est un exemple de commerce écologique et local, dans l'esprit slow fashion.

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