Avant de devenir Design Director de Microsoft à New York, Jeremy Le Van a investigué des secteurs aussi divers que les arts ou le commerce, puis a travaillé tant en startup qu’en groupe de renommée mondiale. Et ce, de part et d’autre de l’Atlantique. Ce jeune businessman connu mondialement pour avoir créé puis revendu l’application Sunrise à son employeur actuel est donc l’interlocuteur tout désigné pour répondre à une question de Bizcover : que peut apprendre l’entrepreneur belge de son homologue américain ? Et inversement.

Développer en Belgique, croître aux States

Avant de comparer les business models américain et belge, une nuance s’impose : tout comme on peut constater des différences entrepreneuriales selon les régions de la Belgique, on peut dire aussi que New York, San Francisco ou encore Chicago et Boston ne fonctionnent pas non plus à l’identique. Et ce, même si ces différences ont tendance à disparaître peu à peu. Bien que Big Apple reste Big Apple, historiquement on associe San Francisco à la Silicon Valley ou aux entreprises dites « GAFAM » (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Et s’il doit y avoir levée de fonds auprès d’investisseurs pour un projet propre à ce secteur, c’est là que cela se passe. Même chose si l’on souhaite du marketing et du networking à haute valeur technologique ajoutée. Par contre, les loyers, le coût de la vie et la main d’œuvre y sont hors de prix, plus encore à San Francisco qu’à New York. Cela fait partie des raisons pour lesquelles Sunrise (ndlr : appli de calendrier rachetée 100 millions de dollars à Jeremy Le Van par Microsoft en 2015) a été développée à Bruxelles puis à Paris. Et quand il a été question de booster la croissance de notre startup, nous nous sommes alors tournés vers les USA. La foi des investisseurs américains (souvent de type V.C, pour « Venture Capital ») dans les startups du secteur technologique y est en effet reconnue.

‘Faire-savoir’ des Américains et savoir-faire des Belges

S’il est bien un état d’esprit, voire une façon d’être à emprunter aux Américains, c’est leur capacité à oser, mais aussi à intégrer l’échec éventuel. Cette audace explique qu’ils ont un don quasi inné pour la promotion et le marketing. Il suffit de voir les campagnes avec lesquelles ils sont capables de toujours surprendre, et ce, pas uniquement électorales ! Le Vieux Continent a peut-être un peu trop tendance à se mettre un frein par son sens critique et sa façon de parfois trop nourrir la réflexion. A côté de cela, aux yeux des Américains, l’humilité de la Belgique reste un modèle, tant sur le plan sportif qu’entrepreneurial. L’expertise et le savoir-faire belges, aussi discrets soient-ils, ne passent pas inaperçus outre-Atlantique, et y sont mêmes recherchés. Les Belges n’ont pas à rougir de leur pépinière de talents, ni de leurs écoles et autres lieux de formations très réputés par-delà les frontières de notre plat pays.

Le sens de l’entrepreneuriat au biberon

Plus tôt les bons réflexes entrepreneuriaux sont inculqués et acquis, mieux c’est !
L’éducation joue pour beaucoup dans l’entrepreneurship. En Belgique, il est assez répandu, au terme de ses études de business et commerce, de commencer auprès d’entreprises de type ‘Big Four’. Puis, à la petite quarantaine, on réalise combien on a envie de développer son propre projet entrepreneurial. Tandis qu’aux Etats-Unis, le sens des affaires n’attend pas le nombre des années : les enfants tiennent des échoppes de limonade à 2 dollars aux coins des rues. Même si cela peut faire a priori cliché, de nombreux self-made men et women américains ont fonctionné selon ce modèle. Plus tôt les bons réflexes entrepreneuriaux sont inculqués et acquis, mieux c’est. Imaginez à quel point ce sens précoce de l’entrepreneuriat pourrait profiter aux Belges, une fois combiné à leur savoir-faire !

Le business appartient…

  • Aux USA

… à celui qui se lève tôt. Le timing est primordial aux Etats-Unis, du fait que la concentration de concurrents est plus élevée. Plus de personnes ont une même idée, et c’est au premier qui sortira du lot.

  • En Belgique, et en Europe en général :

… à celui qui travaille dur. C’est l’inverse, cette fois : peu de personnes travaillent sur les mêmes idées, et il y a donc tout de suite moins de concurrence. Cela signifie aussi que l’on est dans une niche, mais… avec la nécessité d’en faire deux fois plus pour asseoir la légitimité de son concept. Et ce sera ainsi jusqu’à sa reconnaissance par le marché.

Pour que le rêve américain ne vire pas au cauchemar

Une fois arrivé sur son petit nuage, il faut savoir revenir les pieds sur terre. Il s’agit d’un point à ne pas perdre de vue, que l’on soit d’ici ou de là-bas. Concrètement, passé le moment de fierté d’avoir réussi une belle levée de fonds, tout est encore à construire. Il ne s’agit pas de se reposer et de regarder fondre ses euros ou ses dollars au soleil. Ce n’est qu’une étape, et au cours des suivantes, il faudra procéder régulièrement au monitoring. Le rêve fait alors place au reality check.

Jeremy Le Van

Jérémy Le Van

À 32 ans, l’entrepreneur Jeremy Le Van est connu dans le monde pour la vente de son application Sunrise. Ce jeune millionnaire belge fait sensation tant pour son sens des affaires que son génie créatif. Maintenant Design Director chez Microsoft, c’est aussi à lui que l’on doit l’interface de l’appli mobile Foursquare.

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