Joachim Gillet est animé par une contagieuse conviction : la révolution des « chatbots » est en marche. Il a délaissé ses cours pour se consacrer à sa première start-up dans le domaine. La preuve que le business n’attend pas le nombre d’années ?

Des robots pour améliorer la relation client

J’ai trouvé ma vocation en aidant ma mère dans le cadre de son site de commerce électronique. « J'imaginais et je créais des campagnes de publicité en utilisant les réseaux sociaux, mais mon exploration se heurtait à chaque fois au manque de relation client dans le domaine ». 

 

Mes recherches m’ont amené à découvrir le pouvoir des « bots » : des logiciels qui automatisent la conversation entre les internautes et les marques. Largement déployés par Facebook et Skype depuis 2016, ces services permettent déjà, par messagerie instantanée, de prendre des renseignements sur un vol ou d'ajouter un supplément de tomate à une pizza.

 

J’y vois un aspect à la fois pratique et économique pour les artisans comme pour les PME. Pour vous donner un exemple, nous travaillons avec un salon de beauté à Louvain et Waterloo. Leur bot permet de prendre rendez-vous directement depuis Messenger, sans application supplémentaire. Il renseigne sur les disponibilités et la prise de rendez-vous se fait de manière automatique. « Le bot comprend le langage naturel et répond, comme s'il s'agissait d'un call center mais dans le... monde moderne. Si la conversation demande plus de précisions ou une attention particulière, un être humain prend le relais ». 

Convaincre de l’efficacité des bots

J’ai bien compris que, pour convaincre, il faut prendre son bâton de pèlerin et réaliser des démonstrations dans les entreprises. Nous effectuons des tests avec une très grosse société et une entreprise de médias. Leur nombre impressionnant de fans ne permet pas toujours une interactivité idéale. « Les chatbots peuvent automatiser une partie du processus et faciliter le travail des community managers, qui n’ont de toute manière pas la possibilité de passer leur journée à répondre aux gens ». 

Être Millennial : un avantage en innovation technologique

La génération dont je fais partie est née avec Internet. Nous sommes irrigués par la technologie et agiles face à elle. Lorsque je présente mon projet, j'ai parfois l'impression d'être dans une situation d'examen oral face à une personne plus âgée et dubitative, mais cela tourne rapidement à mon avantage. Je sais de quoi je parle et la technologie que nous avons développée est impressionnante. « Peu se sont installés sur ce créneau en Europe. En Belgique, nous sommes fiers d’être les premiers ».

 

L'entreprenariat s'est présenté à moi comme une évidence : « Je peux concevoir que le système scolaire actuel n'est pas adapté à tout le monde. » J'ai moi-même eu beaucoup de mal à m'y faire et je fais le pari que ce qui fait la richesse de la société ne passe pas forcément par le nombre de diplômes. Mon credo ? Casser et changer les règles, quitte à rêver un peu trop grand : « Les projets complètement fous ne me font pas peur. J'ai la chance d'être entouré d’une famille d'entrepreneurs, ce qui est motivant. »

Joachim Gillet

Joachim Gillet

Joachim Gillet, Bruxellois de 20 ans, est issu d'une famille multiculturelle. Il a quitté l'école pour créer sa première entreprise, chatbot Plus, en 2016. 

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