Plus les NWOW (New Ways of Working) et les TIC  (Technologies de l’Information et de la Communication) se développent conjointement, plus la tendance à la dématérialisation s’accentue. C’est dans ce contexte que le phénomène Cloud a vu le jour. Mais qu’est-ce au juste ? Et quel en est l’intérêt pour l’entrepreneur ? Lumière sur la nébuleuse Cloud avec François Bryssinck, qui a fait des solutions et services ICT son cœur de métier depuis plus de 30 ans.

De Facebook au telebanking

Le Cloud désigne l’informatique de serveurs délocalisés, c’est-à-dire situés dans des locaux qui ne sont pas ceux de l’usager ou de l’entreprise. Il est possible d’y accéder via des lignes de télécommunication. Soit les serveurs restent la possession de l’entreprise mais dans des data center, soit les serveurs et applications n’appartiennent pas à l’entreprise mais celle-ci y accède quand même. Sans peut-être le savoir, nous sommes tous déjà plus ou moins passés en « mode Cloud » : le téléchargement de photos sur Facebook, le partage de documents via Dropbox ou encore les paiements via telebanking sont déjà des actions de type Cloud.

Ce que le Cloud peut changer

Ce genre d’externalisation de données remplace les serveurs internes et les contraintes liées à ceux-ci (backup, maintenance, sécurisation, etc.). Les avantages du Cloud pour l’entreprise :

  • flexibilité et centralisation (accès aux données de partout et tout le temps ; partage à un seul endroit entre tous les employés) ;
  • modération des coûts (pas d’investissement dans des serveurs internes et autres parcs IT);
  • efficacité et gain de temps (maintenance et sécurisation effectuées par des tiers professionnels) ;
  • possibilités de déploiement (demande au data center de plus de puissance, de plus de services, etc.).

Se poser les bonnes questions

Avant de passer du serveur interne au Cloud, il convient de se poser quelques questions comme on le ferait avant d’acquérir un bien coûteux (changer d’auto, louer ou acheter une maison, etc.). Les points d’attention quant au Cloud concernent surtout :

  • la confidentialité : dans les secteurs où l’on brasse des données confidentielles, mieux vaut être très attentif à cette question primordiale ;
  • la fiabilité opérationnelle du système : être privé d’un accès télécom, pour un particulier, cela signifie ne pas pouvoir regarder la télé ou surfer sur le Net. Mais dans le cadre de l’informatique professionnelle, cela prive l’entreprise de tout accès à ses données sur un serveur externe. Et cela peut vite devenir un manque à gagner ou un préjudice. Cela se produit et a, par exemple, été le cas à Mons il y a peu ;
  • le retour sur investissement : il s’agit de savoir si pour son entreprise, il est plus intéressant d’acheter un serveur à soi ou d’accéder aux services d’un tiers en le rétribuant mensuellement. La question de l’investissement au regard des avantages opérationnels se pose donc ici.

Le degré d’attente différera du rapport de chacun à l’IT, de son cœur de métier et de la confiance que l’on est prêt à investir dans le Cloud.

 

Une offre Cloud aussi variée que la demande

Il y a donc autant d’écoles et de bonnes raisons de passer au Cloud qu’il n’y a de profils d’entrepreneurs ou de secteurs d’activités. A chacun aussi son degré d’adoption ou sa formule, François Bryssinck le précise : « Lorsque la tendance Cloud s’est amorcée, il y a une petite dizaine d’années, les USA ont été les premiers à y adhérer. Chez nous, ce sont aussi les très petites structures et start-ups qui sont séduites par le modèle Cloud : sans avoir à faire un investissement initial coûteux, elles trouvent dans le Cloud bon nombre de services. Au lieu de débourser 5.000 ou 10.000 euros, elles préfèrent une location pour quelques dizaines d’euros par mois et par employé. A savoir, il existe aussi du Cloud hybride (un mix de serveur interne et externe) et des solutions uniquement Cloud (certains concepteurs éditent des logiciels exclusivement Cloud. Dans ce cas, l’usager de ces logiciels devra obligatoirement recourir au Cloud) ».

 

Savoir garder les bonnes pratiques qui ont fait leurs preuves

Quelle certitude a-t-on de récupérer ses données intégralement et rapidement ? Quid des risques de piratage ? Ou encore, comment quitter sans encombre son partenaire Cloud ?... Lorsque l’on évoque certaines limites du Cloud avec François Bryssinck, son bon sens et son pragmatisme l’emportent : « Si l’on fait le choix du Cloud, il faut garder l’habitude de faire une sauvegarde en interne. C’est non seulement un gage de sécurité, mais aussi de flexibilité. On change ainsi de fournisseur Cloud comme on veut. Et même si une copie de sécurité est inclue dans le prix, même si une restauration rapide des données est mentionnée dans le contrat qui vous lie à votre fournisseur,… il ne faut jamais perdre de vue que les data constituent le patrimoine de votre entreprise ».

François Bryssinck

François Bryssinck

François Bryssinck est cofondateur et CEO de Megabyte. Depuis 1986, cette entreprise s’est spécialisée dans l’offre de services et solutions informatiques de gestion.

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