Comment les grandes entreprises peuvent-elles gagner en créativité et en transformation agile au contact des start-ups ? Eléments de réponse avec Olivier Brisac, managing partner chez Co.Builders, qui voit au quotidien ce que les grands recherchent - et trouvent - auprès des start-ups.

Le dynamisme des start-ups

Dans les start-ups, les équipes commencent petit, mais la créativité est, quant à elle, optimale. Et pour causes :

  • un cycle de décision plus rapide que dans les grandes entreprises suite à moins de rigidité hiérarchique, de procédures et d’étapes de validation ;
  • des employés plus alignés et plus fédérés autour d’un même objectif ;
  • une facilité de construire la culture d’entreprise au départ d’une page blanche. Dans les grosses entreprises en revanche, les employés ont tendance à juguler leur créativité s’ils se trouvent confrontés à une situation sans précédent dans l’histoire de leur société.

Il en résulte un dynamisme accru au sein des start-ups. Celui-ci viendra compenser, d’une part, des ressources humaines moins nombreuses, et d’autre part, le fait que chacun a souvent à y coiffer plusieurs casquettes, parfois même au-delà de son domaine de prédilection ou d’expertise.

Des rapprochements inspirants

Le modèle des start-ups a donc de quoi inspirer les entreprises de taille bien supérieure. Il est donc fréquent que des multinationales fassent appel à des start-ups pour booster la créativité de leurs équipes et générer de l’innovation ainsi que des relais de croissance. Olivier Brisac évoque diverses façons de procéder : « Par degré d’implication et de risque croissant :

  • le rapprochement : rechercher l’échange et non le commercial ;
  • la collaboration : s’entourer de clients et fournisseurs fonctionnant en start-up, et ce, afin d’en étudier le modèle ;
  • la coopération sur un projet : faire travailler conjointement les employés d’une grande entreprise et ceux d’une start-up. Cela peut devenir plus difficile à mettre en place du fait des divergences de cultures d’entreprise, processus de validation et façons de travailler ;
  • l’acquisition : racheter une start-up et, par crainte que la greffe ne prenne pas, la laisser vivre de façon autonome. L’avantage pour les grands groupes est qu’ils s’offrent une percée sur le marché de la start-up en même temps que du savoir-faire ;
  • la création de start-ups : identifier un marché, une solution et un business modèle différents du sien, puis créer une start-up avec engagement d’employés ».

Savoir entretenir sa créativité

Pour entretenir cette créativité, alors qu’on est aussi amené à voir plus grand, Olivier Brisac souligne l’importance de :

 

  • savoir cultiver cet esprit pionnier propre aux start-ups, tout en grandissant. Car grandir signifie aussi créer de la hiérarchie, des processus et de l’administratif qui risqueraient de mettre à mal cette dynamique ;
  • rester ouvert sur le monde extérieur pour ne pas tomber dans le piège des acquis et du repli sur soi. Et quand on a grandi, oser à son tour aller chercher de l’innovation auprès des start-ups ;
  • prendre du temps avec ses collaborateurs pour réfléchir et se remettre dans des logiques de création. En organisant, par exemple, un événement interne de type « hackathon » : les employés y confrontent des expériences différentes sur des problématiques qui ne leur sont pas nécessairement familières.

 

Au final, savoir rester créatif, c’est aussi œuvrer à la transformation agile de l’entreprise.

Plutôt une question de management

Ce n’est pas tant la taille d’une équipe ou d’une entreprise qui détermine son degré de créativité. Le type de management y joue un rôle crucial. Une PME peut avoir une structure hiérarchique verticale et directive, et donc laisser peu de place à la créativité de ses collaborateurs. Tandis qu’une structure plus vaste, mais horizontale et collaborative, peut booster la créativité de milliers d’employés. Olivier Brisac illustre de la façon suivante : « C’est le cas de la start-up Spotify, devenue un modèle de grande entreprise agile, sachant garder sa capacité d’innover et de créer de la valeur. Avec, à la clé, une efficacité remarquable ».

Olivier Brisac[2] - copie

Contributeur:

Olivier Brisac

Olivier Brisac est Managing Partner chez Co.Builders. Cet accélérateur de start-ups s’est spécialisé dans le digital, l’intelligence artificielle et les objets connectés.

Confirmer