Airbnb est le premier fournisseur d’hébergement touristique au monde, mais n’a jamais investi dans le moindre mur. Uber, l’un des plus grands acteurs mondiaux du transport de personnes, ne possède aucun véhicule. Deux exemples parmi d’autres du concept d’économie partagée, qui voit les citoyens devenir acteurs du business. Une opportunité majeure, mais pas sans risque.


Un principe séduisant

Difficile de ne pas être tenté, en tant qu’entrepreneur, de suivre la voie de sociétés aussi sexy qu’Uber ou Airbnb, et de sous-traiter le travail réel à un maximum de volontaires. Avantage majeur : pas question ici de recruter des dizaines de personnes alors que des contrats ponctuels ou des franchises permettent d’assurer le service et de le faire croître très rapidement. Exit donc les charges sociales et tout ce qu’une grosse structure implique comme lourdeurs.

Plus une semaine ne passe sans que se profile la success-story d’une entreprise qui agit surtout comme facilitateur, intermédiaire extrêmement efficace. Elle est donc déchargée d’une grande partie de ses responsabilités mais doit dans le même temps assurer une image de marque et veiller à établir des lignes directrices claires pour les utilisateurs de la plateforme.


Un concept trop révolutionnaire ?

Sauf que voilà, le concept est si révolutionnaire qu’il prend les politiques de court. Les législations ne sont pas adaptées, les acteurs traditionnels de ces secteurs crient à la concurrence déloyale, les partenaires sociaux au dumping social. Une décision récente d’un tribunal californien vient par exemple de mettre à mal le business model d’Uber, en affirmant que ses chauffeurs étaient bien des employés du Groupe.

Les perspectives offertes par ce type de business model sont donc alléchantes, mais restent minées par l’instabilité légale, même si l’intérêt du consommateur devrait primer à moyen terme. Et la Belgique ne tire pas son épingle du jeu en la matière : l’arrivée d’Uber à Bruxelles a furieusement énervé les chauffeurs de taxi qui n’ont pas hésité à bloquer la ville pour se faire entendre. À ce jour, il n’y a toujours pas de cadre juridique défini pour le modèle ‘Uber’. Suite aux réclamations persistantes des chauffeurs de taxi, la société a décidé de modifier ses conditions d’utilisation afin d’obliger tout conducteur à souscrire à un numéro de TVA, en attendant un cadre juridique plus précis.

Une bonne idée, une excellente plateforme web et une stratégie marketing bien rodée peuvent suffire pour monter une entreprise offrant des services à prix cassés, tout en permettant à qui le souhaite d’améliorer les fins de mois par de petites prestations. Si vous souhaitez vous lancer, un conseil : sondez le terrain politique et étudiez la loi auparavant.

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