Est-il possible d’apprendre à entreprendre et à innover? A la Haute Ecole Erasmus située à Bruxelles, on le confirme. Leur formation en Bachelier « Idea & Innovation Management » prépare les jeunes qui souhaitent devenir des spécialistes de l’innovation.  

Des formations pratiques

Depuis déjà trois ans, la Haute Ecole Erasmus organise pour les jeunes une formation pratique sur les procédés d’innovation et le management de changement pour les secteurs marchands et non-marchands, appelée “Idea & Innovation Management”.

« Nous essayons de mettre les étudiants dans la peau de trois personnages », explique la directrice de la formation Katy Vancoillie. « Ces trois rôles sont : le Screener, l’homme ou la femme qui relève les opportunités et les tendances, l’Innovation facilitator, qui apprend les procédures d’innovation et parle le langage des différentes personnes des entreprises et, le troisième, les Créateurs de ponts, ils établissent des réseaux à l’intérieur et à l’extérieur des organisations. »

Elaborer des études d’opportunité (ou des business cases)

Pour Vancoillie, quatre pilliers principaux structurent le contenu de la formation, à savoir : la créativité, l’innovation, l’entreprenariat et les people skills. “L’entreprenariat s’apprend surtout en deuxième année. Les étudiants travaillent alors tout au long de l’année en petits groupes sur le développement d’un business case. Ils ne se limitent donc pas à l’élaboration d’un business plan. Nous attendons d’eux qu’ils se demandent réellement si leur idée est faisable, mesurable et si elle peut se développer. Les étudiants s’occupent également du volet “finances”, comme l’évaluation des coûts, le financement, les rendements,… Tout doit fonctionner.” 

Comme méthode d’étude, nous optons pour une approche hands-on, nous décrit Vancoillie. « Nous essayons autant que possible de travailler via la pratique et d’être créatifs. L’amusement est aussi de la partie. Ainsi, nous n’avons pas de professeurs qui viennent donner un cours ex cathedra, mais bien des spécialistes de secteurs qui encadrent et guident réellement les étudiants. Entreprendre s’apprend en pratiquant, vous devez le tenter et pourrez aussi échouer, vous en apprendrez beaucoup. »

 

« L’enseignement en Flandre va trop dans les détails et est trop axé sur la connaissance théorique, mais il n’est pas assez intégré dans la réalité. Les cours sont souvent isolés les uns des autres. Nous tentons donc de créer des liens entre eux. » 

Besoin d’une formation pratique?

Le nombre d’inscriptions démontre le besoin d’une telle formation. Nous avons démarré en 2014 avec 75 étudiants. Cette année, ils sont 220 à la suivre. Au sein même de l’école, des projets pouvant donner lieu à de réels entreprises se développent. « Une de nos étudiantes a eu l’opportunité de développer une chaîne de salons de coiffures spécialisés dans le cheveu naturel africain », explique Vancoillie. « Elle est encore en train d’explorer le terrain, mais les premières réactions sont prometteuses. A côté de cela, il existe un deuxième projet qui est déjà plus avancé et qui, nous en sommes persuadés, pourra déboucher sur la création d’une entreprise. Mais à ce sujet, je ne peux pas encore en dire plus, par respect par rapport à la confidentialité (rires). »

 

L’étudiante Joana de De Cuyper a aussi développé, en collaboration avec Josephine Van Wambeke, un projet intéressant, appelé le “Safe on Snow”, un pneu antiglisse pour les vélos. « L’idée n’est pas nouvelle », raconte Joana. « Une entreprise néerlandaise y avait déjà pensé, mais elle a fait faillite, à cause notamment d’un mauvais choix de matériaux. Nous avons amélioré le procédé afin que le pneu puisse être plus rapidement et facilement monté et pour qu’il fonctionne mieux. »

 

Joana doit encore étudier pendant un an, mais se voit-elle déjà comme une femme entrepreneur dans le futur ? « Je ne le sais pas encore », explique-t-elle. « La formation propose des options très larges nous permettant ainsi de travailler dans différents secteurs. Je suis très curieuse et je suis intéressée par plein de choses, donc rien n’est encore fixé. Je souhaiterais avant tout me faire quelques années d’expérience dans une entreprise, et après, je me déciderai bien. » 

Reconnaître des entrepreneurs

Selon Vancoillie, le prochain Bill Gates ou Marc Coucke sera peut-être formé à la Haute Ecole Erasmus de Bruxelles. « Il y a des étudiants qui sont si impatients de créer leur entreprise et si convaincus de leur projet, qu’ils arrêtent leurs études au cours de l’année pour se mettre directement au travail. Nous avons justement deux étudiants qui ont repris un club avec un bar. Pourquoi pas, si c’est leur passion ?” 

Katy Vancoillie

Contributeur:

Katy Vancoillie

Katy Vancoillie a étudié les Arts Ethniques à l’UGent, elle a ensuite réalisé une Licence en Marketing à la Vlerick School. À ses 27 ans elle a créé une agence de communication avec trois collaborateurs. Elle adore les têtes fonceuses, têtues et courageuses, des personnes avec une vision allant à contre-courant. Sa passion est d’aider les jeunes à voler de leurs propres ailes. Actuellement elle est tête de la formation Idea & Innovation Management à la Erasmushogeschool Brussel.

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