Bizcover a déjà évoqué précédemment le drone dans le cadre de certaines activités ainsi que les contours juridiques de son utilisation Cette fois, intéressons-nous au drone en tant qu’outil de communication au service des entrepreneurs. Matthieu Gerard, directeur commercial à la Belgian Drone School et CEO chez DeltaCopter, évoque les atouts publicitaires mais aussi les obligations lorsque l’on utilise un drone à des fins professionnelles. Il revient aussi sur certaines idées reçues.

Des drones de tous types, pour toutes les applications ou presque

Selon la législation, un drone désigne tout type de véhicule autonome. Entrent ainsi dans la catégorie des drones : les ballons dirigeables, les automobiles et les navires intelligents, etc. Au regard de la loi, l’acception du mot ne se limite donc pas au sens répandu de « petit engin volant télécommandé ».

On peut classer les drones selon divers types de catégories :

  • poids : - de 1 kg, - de 5 kg, -de 150 kg ;

  • applications : construction, audiovisuel, transport de matériel, agriculture, surveillance, etc. ;

  • nombre de moteurs ;

  • capacité de distance à parcourir ;

  • capacité de poids à soulever ;

  • élément dans lequel ils se déplacent : drones terrestres, avion (ou « ailes fixes »), bateaux intelligents ;

En revanche, le « drone-petit-couteau-suisse » n’existe pas. Matthieu Gerard illustre : « Lorsque j’étais concepteur de drones, j’ai eu des demandes de clients désirant des drones au champ d’application le plus vaste possible. Or, il n’existe pas de drone ‘universel’. Pas plus qu’il n’existe de voiture qui serait à la fois sport-utilitaire-familiale-compacte ».

Le potentiel du drone dans le secteur de la communication

Quelle que soit l’activité de votre entreprise, le drone peut devenir un outil de communication à part entière, voire un différentiateur pour votre marque. Dans ce genre d’application en particulier, Matthieu Gerard envisage surtout deux possibilités : « Le drone est surtout utilisé en communication en tant que

  • caméra volante. Le drone permet d’avoir du recul ou un autre point de vue sur une situation. C’est le partenaire des événements musicaux ou de manifestations comme celle pour le climat, par exemple. On voit ainsi bien qu’il s’agit d’un succès de foule ou que l’événement suscite de l’engouement. C’est le genre de situation où l’on faisait appel, à une certaine époque, à l’hélicoptère. Celui-ci était moins agile et donc plus complexe à faire survoler un centre-ville qu’un drone ;

  • vecteur d’effet wow. Cela dénote votre goût pour ce qui est tendance, innovant, original. Il y a d’ailleurs de fortes chances que cela soit relayé dans la presse, sur les réseaux sociaux, etc. Cela a été le cas pour une enseigne de hamburgers livrant par drone les clients à même leur table ».

Attention toutefois au bad buzz

Mais tout incident ne peut-il inversement pas nuire au « branding » de l’entreprise ? Matthieu Gerard abonde dans ce sens : « Dans le cas d’une livraison de produits indoor, la technique est difficile à mettre en place. Les drones restent également des ordinateurs. Ils peuvent donc connaître un bug soudain. Aussi, un incident est-il vite arrivé. On peut alors déplorer tant des dégâts matériels que des blessés. Le bad buzz n’est donc pas exclu. A l’intérieur d’un bâtiment, la loi n’a plus autorité. Une fois dehors, l’Arrêté Royal en matière de drones (avril 2016) est d’application. Quoi qu’il en soit, en tant qu’utilisateur et propriétaire du drone, vous aurez à prendre vos responsabilités en cas d’incident. Une bonne assurance est donc indispensable ».

Que coûte un drone, depuis la formation jusqu’aux frais récurrents ?

4 types de coûts seront incontournables pour tout particulier comme tout entrepreneur souhaitant faire l’acquisition d’un drone :

 

  • les frais de formation : hors de question d’acheter un drone dans un magasin d’électronique et de le lancer dans l’espace aérien en se contentant d’en lire la notice. Il en va non seulement de la sécurité de chacun, mais aussi d’une obligation. En effet, la licence ne sera délivrée qu’au terme d’une formation auprès d’une institution reconnue (Belgian Drone School en Wallonie, et BAFA en Flandre) et un examen théorique et pratique ;

  • l’assurance : ce poste est assez réduit, mais il est récurrent. En Belgique, entre autres AG Insurance offre des assurances pour les drones ;

  • les frais administratifs : tout document ou toute demande d’autorisation adressés aux autorités compétentes seront facturés ;

  • l’achat du matériel : comptez de 500 euros pour un drone d’entrée de gamme jusqu’à 25.000 euros pour un drone professionnel, voire même 50.000 ou 100.000euros pour des modèles de niche. 

Ce dernier poste est le seul coût variable, étant donné que le prix varie en fonction du modèle acheté. En effet, si vous êtes actif dans l’inspection industrielle, vous aurez à investir dans un équipement plus pointu. Par conséquent, le coût en sera augmenté et la retour sur investissement, plus compliqué. C’est une des raisons pour lesquelles certaines entreprises préfèrent sous-traiter. Même chose dans le cas d’un usage ponctuel, tel que de la communication : mieux vaut s’adresser à une société spécialisée, car celle-ci aura non seulement plus de pratique mais elle pourra aussi vous fournir un devis plus précis.

En conclusion, Matthieu Gerard constate : « On se teste encore beaucoup en matière de technologie drone, et on déplace toujours un peu plus la ‘zone d’originalité’. Quel que soit l’usage fait des drones, gardez toujours bien en tête votre responsabilité en tant qu’utilisateur et propriétaire de drone. La sous-estimation du risque est malheureusement encore répandue. C’est la raison pour laquelle il importe de se tenir au courant, et ce, via des formations. C’est la base ».

Matthieu Gerard DEF

Matthieu Gerard

Télépilote classe 1 et instructeur DGTA (Direction Générale Transport Aérien), Matthieu Gerard a une expertise tant théorique que pratique des drones. Il est également directeur commercial à la Belgian Drone School, 1re école de drone professionnelle en Belgique, ainsi que CEO chez DeltaCopter. Cette entreprise est active tant dans la formation aux drones que dans la consultance sur le terrain, où est requis ce type de technologie (prises de vues aériennes, inspections, expertises, surveillance, etc.).