Le cliché veut que les entrepreneurs travaillent 24/7 et n’aient pas de temps libre, mais cela n’est pas nécessairement vrai. Jana Wuyts avait un travail intéressant et passionnant, mais aussi très exigeant. Elle travaillait de longues journées et passait plus de temps dans les embouteillages qu’elle ne l’aurait souhaité. Petit à petit, le sentiment de ne plus vouloir vivre comme cela et le besoin d’une plus grande liberté grandissaient. Elle décida alors de changer de cap et de commencer à travailler comme indépendante. Depuis, elle jouit pleinement de sa liberté retrouvée.

Choisir de travailler chez soi

J'exerçais depuis une dizaine d’années une fonction de direction très agréable et intéressante dans le domaine du journalisme avec beaucoup de responsabilités et de projets stimulants. Cependant, cela signifiait aussi que je travaillais certains jours entre dix et douze heures et que je passais souvent deux heures par jour dans les embouteillages. Même si le stress était omniprésent, je me donnais à 100 % parce que travailler dans ce secteur était pour moi un rêve d’enfance. Après un certain temps, j’ai tout de même senti que je ne pouvais pas et ne voulais pas continuer à ce rythme. Il m’est alors apparu clairement que j’avais besoin d’un nouveau défi et ce défi, je l’ai trouvé... dans l’entrepreneuriat.

Mon partenaire travaillait déjà comme indépendant, j’avais donc déjà pu apprécier la liberté dont il jouissait. Il est écrivain et travaille souvent à la maison, ce qui lui permet de pouvoir déterminer lui-même ses horaires de travail et ses moments de détente. En effet, en tant que travailleur indépendant, il peut choisir d'accepter ou de refuser telle ou telle mission. C'est ce que je souhaitais aussi pour moi.

Une bonne dose de confiance en soi

Au début, j’avais toutes sortes de craintes : est-ce que j'allais recevoir suffisamment de missions ? Est-ce que cela allait être possible d’un point de vue financier ? Les collègues n’allaient-ils pas trop me manquer ? Mais cela s’est très bien passé. Certes, je n’avais pas de maison ou d’hypothèque à payer et j'avais quelques économies, ce qui me rassurait. De plus, j'avais une bonne dose de confiance en moi : grâce à mon expérience, je connaissais bien mes points forts et j’avais construit un réseau sur lequel je pouvais compter.

Qui plus est, je ne devais pas réaliser de grands investissements. Avec un ordinateur portable et une connexion Internet, on peut faire beaucoup dans mon secteur. Et si ça ne fonctionnait pas, je pouvais toujours reprendre un travail comme salariée. 

Travailler moins, mais plus efficacement

Maintenant que je suis indépendante, mes heures de travail sont réduites de moitié par rapport à ma situation précédente, à environ six heures par jour. Comme je peux organiser moi-même mon emploi du temps, je travaille pendant les tranches horaires durant lesquelles ma productivité est la plus élevée : le matin, directement après le lever, je travaille pendant trois heures, jusqu’à mon pic de créativité. Ensuite, je fais une longue pause pour me ressourcer et je reprends le travail pendant trois heures en fin d’après-midi. 

Quand je travaille, je déconnecte mon téléphone, je ne lis pas mes e-mails et, vu que je travaille surtout à la maison, je n’ai pas de collègues qui seraient susceptibles de me déranger. Cela me permet d'abattre beaucoup de travail en très peu de temps et de libérer ainsi d'autres moments que je peux consacrer à la lecture sur mon domaine de spécialisation ou à l’étude plus approfondie de nouveaux sujets, quelque chose que j’aime particulièrement faire en soirée. Le fait que je gagne un peu moins d’argent est un prix que je paie volontiers en échange de ma liberté retrouvée. On pourrait d’ailleurs se demander si ce que je fais répond à la description d’un travail ou plutôt à la réalisation d’une passion.

Sauter d’un train en marche

Maintenant que j’ai goûté à cette liberté, je ne souhaiterais jamais retourner à ma vie précédente. Je compare cela à un train en marche : on n’a guère de contrôle sur l’endroit où il va, sur les moments où il s'arrête et il faut du courage pour sauter du train en marche... mais une fois qu’on a décidé de sauter, on ne peut plus se passer de la tranquillité et du contrôle que cela nous offre et on ne souhaite jamais y remonter. Un bon conseil pour les sceptiques : osez prendre l’initiative !

Jana Wuyts

Jana Wuyts

Jana Wuyts a travaillé pendant une dizaine d'années dans le secteur du journalisme, notamment comme responsable des informations régionales de Het Laatste Nieuws. Depuis quelques années, elle travaille comme indépendante et s’est spécialisée dans l’encadrement de campagnes sur les médias sociaux. Elle donne aussi des conférences sur ce thème.