MyWork Platform est une plateforme qui développe des applications pour les imprimantes de la marque Xérox. Son fondateur Guillaume Tilleul, nous explique l’ascension de son entreprise grâce à une niche dans un marché compétitif.

Des applications sur imprimantes

Entrepreneur depuis presque 20 ans, Guillaume Tilleul n’en est pas à sa première entreprise avec MyWork Platform. Étant un passionné de nouveautés et avant-gardiste, il a toujours créé des entreprises dans des domaines qui n’existaient pas. Malheureusement, évoluer sur ces marchés innovants a été fort compliqué pour lui et il a également connu deux faillites. Cependant, il n’a pas baissé les bras et a décidé, ensemble avec son épouse Stéphanie Jaivenois et son meilleur ami Philippe Candido, de se lancer cette fois-ci dans un marché plus vaste : celui de l’imprimante.

« Le but était de trouver une niche dans un marché compétitif et déjà bien occupé. Nous avons dès lors commencé à regarder ce que nous pouvions offrir dans ce domaine et avons développé il y a quatre ans une première application qui permet d’afficher des images sur les imprimantes. Au même moment, la marque Xérox a lancé son App Gallery, qui est l’équivalent de l’Apple Store ou de Google Play, et par chance et détermination notre application s’est retrouvée dans cette ‘Gallery’ et a été la première hors Xérox. C’est-à-dire que lors du lancement de l’App Gallery, il y avait dix applications créées par Xérox et la onzième était la nôtre. Celle-ci a rapidement été installée dans une quarantaine de pays comme les États-Unis, l’Inde, le Brésil, la France ou encore l’Espagne, et lorsque nous avons été contacté par différents acheteurs internationaux, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait là un énorme potentiel. C’est à ce moment précis qu’est née My Work Platform. »

Avancer sans ouvrir son capital

Quand il a commencé avec MyWork Platform, Guillaume Tilleul savait que l’idée était bonne, mais qu’il devait faire attention à certains éléments pour pouvoir évoluer. « Une des clefs pour accéder au succès est de pouvoir avancer le plus loin possible avant de devoir ouvrir son capital. » Pour cela, Guillaume Tilleul a fait une levée de fonds qui lui a permis d'avancer dans sa stratégie sans nécessairement devoir faire appel à des Business Angels, ni ouvrir son capital immédiatement à des investisseurs extérieurs.

Des événements qui peuvent être autant d’obstacles que d’opportunités

En juin 2017, Xérox organisait un événement de grande ampleur au musée du Louvre à Paris auquel 1200 personnes étaient conviées. Pour l’occasion, Guillaume Tilleul a eu l’opportunité de présenter son entreprise et ses applications.

Dès lors, sa première difficulté a été d’affronter le succès qui a suivi cet événement : « Il faut croire que mon pitch a été percutant, car on s’est pris un tsunami de demandes. Quand ce sont 10 personnes qui vous contactent parce qu’elles sont intéressées par l’achat de vos produits, vous pouvez facilement répondre à leurs besoins, mais quand vous avez plusieurs centaines de demandes cela devient très vite compliqué à gérer. D’ailleurs cela aurait pu avoir des effets négatifs sur la boîte si nous n’avions pas réussi à nous organiser. » explique Guillaume Tilleul.

« Cependant cet événement a aussi été un des moments clé dans notre ascension vers la réussite car par la suite, tout s’est enchainé. En septembre 2017, on a signé notre premier gros deal, en octobre de cette même année nous avons été invités à New-York pour présenter nos applications et en novembre 2018, nous avons reçu deux prix : celui du ‘Meilleur Développeur de l’Année’ par Xérox et ‘Meilleure Application de l’Année’. »

Oser échouer et s'entourer au mieux

La meilleure école pour avancer en tant qu’entrepreneur selon Guillaume Tilleul, ce sont les échecs, qui construisent la résilience: « Quand je suis en réunion ou que je présente nos projets aux commerciaux ou entreprises, je fais toujours un tour de table à la fin pour avoir des avis constructifs. Je ne leur demande donc pas ce qu’ils aiment ou n’aiment pas, mais je leur demande plutôt de me dire pourquoi ils n’achètent pas mon produit. Je veux donc comprendre pourquoi ça ne marche pas. »

À côté de cela, Guillaume explique qu’il faut également être bien entouré, et ce aussi bien personnellement que professionnellement : « J’ai la chance de travailler avec mon épouse et sans notre binôme et son soutien, je ne pourrais pas avancer. Au niveau professionnel, c’est pareil. Que je parle de mon ami Philippe qui m’aide au quotidien ou des partenaires comme BNP Paribas Fortis qui m’accompagne au quotidien ou encore Wapinvest qui m’a aidé dans le financement de MyWork Platform, malgré la faillite de ma précédente entreprise. Souvent un entrepreneur n’ose pas demander de l’aide, mais c’est une erreur. Il faut savoir s’entourer et écouter ce que les autres ont à dire pour mieux avancer. »

Guillaume Tilleul

Guillaume Tilleul

Guillaume Tilleul est un gradué en informatique et entrepreneur depuis bientôt 20 ans. Avant  cela, il a travaillé pour différentes entreprises, dont IBM Global Service. Il y a rencontré Philippe Candido, qui est a présent un ami et le CTO de MyWork Platform. C’est aujourd’hui en trio, avec Stéphanie Jaivenois, qu’ils dirigent la société.