Voir loin et grand et ce, dès le début de l’aventure entrepreneuriale quand on est une start-up belge, c’est possible. Le jeune Romain Trigaux, l’a fait ! Avec son ami de toujours, Florian Paquay, il a lancé Calla, un petit jardin d’intérieur automatisé qui a de suite été produit à grande échelle et a conquis les Américains. Il explique comment.

Trouver dès le départ les bons partenaires sur toute la chaîne de valeur

Tout jeune entrepreneur qu’il soit, Romain Trigaux a très vite compris qu’on ne réussissait pas seul. Et ce, pour avoir monté son business avec un condisciple, mais aussi pour avoir su tisser un réseau de partenaires de qualité : « Cela s’est fait assez naturellement depuis la recherche de partenaires techniques jusqu’aux personnes utiles lors de la production, le financement ou encore le sourcing (c’est-à-dire la recherche, la localisation et l’évaluation d'un fournisseur). Notre réseau a été d’une redoutable efficacité ». 

« Par exemple, une fois l’idée validée, nous avons fait appel à un designer industriel situé à Lille, qui a créé un écosystème autour de notre projet. Il a mis à notre disposition ses contacts actifs dans l’électronique, la fabrication, le sourcing, etc. Nous avons également pu compter sur le support d’une PME liégeoise active dans l’éclairage et faisant affaire à l’international. Elle nous a soutenus depuis le début du projet pour nous fournir les éléments lumière, mais aussi pour nous conseiller, mettre à disposition ses locaux pour le prototypage ou encore nous aider à trouver notre premier partenaire financier ».

Se développer en pensant « international »

En optant pour une plate-forme de crowdfunding américaine, les deux jeunes entrepreneurs visaient de suite le business à l’international : « Cela permettait d’être vus directement aux Etats-Unis, comme en Australie. Dans une start-up, quoi qu’on en dise, on rêve toujours d’un maximum de parts du marché dans lequel on se lance. Auprès des Américains, l’aspect innovation technologique du produit est très bien passé, mieux même que notre côté ‘Made in Belgium ». 

« Par contre, alors qu’en Belgique, dans un secteur comme le nôtre, les start-ups suscitent la sympathie, dès qu’on sort de nos frontières, cela devient plus compliqué en tant que start-up. Ce statut n’inspire pas toujours la stabilité. Heureusement, une fois encore, nous avons trouvé, en France, un grand groupe coopératif agricole qui aide les start-ups comme la nôtre à se développer. Cela nous sera d’autant plus précieux que, dans les prochains mois, nous allons commencer à prospecter les réseaux de distribution et de ventes hors Belgique ».

Savoir faire des concessions quant au business model de départ

Au départ, Romain et Florian avaient souhaité faire du 100% Made in Belgium. Cependant, ils ont été rattrapés par la réalité du business : « Nous avons très vite démarché hors Belgique car nous nous sommes vite rendu compte que c’était gage d’un coût plus abordable. Aussi, si le développement du produit, l’assemblage et la logistique se font ici, une partie des pièces vient par contre de l’étranger ». Ensuite, le schéma de distribution a connu lui aussi des ajustements : « Nous voulions passer par des distributeurs, mais le coût du produit était tel que nous avons dû traiter en direct avec les chaînes de jardinage, d’accessoires de cuisine, les concept stores, etc. ».

Multiplier les sources de financement

Avec près d’un millier de commandes y compris hors Belgique, et ce, avant même d’avoir lancé le produit, il y avait un gros investissement à fournir d’entrée de jeu. Pour ce faire, les jeunes entrepreneurs ont multiplié les sources de financement :

  • Le soutien des proches, à la fois au moment de la création de la société et lorsqu’il a fallu activer les premiers éléments du réseau ;

  • Une campagne de crowdfunding, comme mentionné précédemment ;

  • Deux levées de fonds, auprès de leur réseau propre, mais aussi d’investisseurs privés, ainsi que de la SIBA (Structure d’Investissement de Business Angels de l’incubateur VentureLab) ;

  • Les banques, pour obtenir un prêt au moment de l’étape de fabrication.

« Grâce à ces sources de financement multiples, nous avions plus de garanties pour notre projet et nous gagnions, dans le même temps, en légitimité auprès d’autres potentiels investisseurs ! », ajoute Romain Trigaux. De belles perspectives s’annoncent donc pour les jeunes entrepreneurs qui, d’ici 2019, espèrent d’ailleurs passer la barre des 5000 unités vendues !

Romain Trigaux - 4Sense

Romain Trigaux

Après ses études d’ingénieur industriel, Romain Trigaux a entamé de front un master en nanotechnologie à l’ULg et obtenu le statut d’étudiant-entrepreneur. En 2016, lui et son ami Florian Paquay ont lancé la start-up 4Senses ainsi que le produit Calla. Il s’agit d’une jardinière d’intérieur entièrement automatisée. Elle optimalise le cycle naturel des plantes et permet d’avoir des plantes aromatiques et petits légumes à portée de main toute l’année.