Rien n’est facile quand on entreprend avec peu de moyens, que l’on est jeune, et qui plus est, dans une niche de l’innovation. Pourtant là où certains voient des difficultés, d’autres voient des opportunités. C’est le cas de Vasileios Vallas, jeune entrepreneur, qui a lancé il y a un an, avec des condisciples, une entreprise active dans les serres intelligentes, de véritables minis jardins pour citadins. Il explique comment on peut faire beaucoup avec peu.

Savoir se concentrer sur une chose tout en se dépassant

Depuis le lancement de sa start-up, Vasileios Vallas a tiré de précieux enseignements : « Si c’était à refaire, nous veillerions mes collaborateurs et moi à :

  • ne perdre ni énergie, ni temps. Pour ce faire, mieux vaut ne pas vouloir être de toutes les batailles en même temps. Dans notre cas, nous avons compris qu’il ne fallait pas vouloir se lancer de front sur le développement de plusieurs produits ni multiplier les sources de revenus. L’idéal est de savoir se concentrer sur une chose à la fois, sans toutefois exclure les opportunités qui se présenteraient ;

  • prioriser les investissements judicieux et au moment opportun. Par exemple, en achetant une imprimante 3D, nous avons pu faire de petites séries sans attendre les étapes d’industrialisation du produit à grande échelle, ni les partenariats ou fournisseurs sur de plus gros volumes. Nous avons ainsi eu quelque chose de concret à montrer ensuite aux partenaires potentiels ;

  • oser sortir de sa zone de confort. Par exemple, je me suis lancé dans le design hardware connecté, que je ne connaissais absolument pas. Non seulement cela m’a plu et m’a été fort utile dans le cadre de notre projet, mais l’expérience m’a fait grandir également ».

Faire jouer son réseau et s’appuyer sur ses proches

Un autre conseil qui vaut pour toutes les entreprises, petites et grandes, et ce, tous secteurs confondus : « Il ne faut jamais cesser de networker. Cela a été fondamental dans notre cas, et notre réseau s’est mis en place dès le milieu académique. Nous avons en effet pu recruter parmi nos condisciples, mais aussi avoir le soutien de nos professeurs. Ceux-ci nous ont aussi présenté des acteurs-clés dans le cadre de notre projet, dont des contacts chez Sirris (le centre collectif de l’industrie technologique). Nos amis et familles ont également cru en nous, nous ont encouragés et ont aussi pris part au financement de notre entreprise. Cela a été très précieux avant de pouvoir passer à l’étape à venir qui est le crowdfunding ».

Savoir rester autonome tout en s’entourant de profils complémentaires

« Avoir un entourage qui croit en son projet est primordial, cela rend les moments difficiles plus aisés à vivre. Il y a par contre des domaines dans lesquels on est livrés à soi-même, et c’est parfois un peu lourd. Dans notre cas, il s’agissait de l’administratif. Lors du lancement de notre entreprise, nous ne pouvions pas envisager de payer des professionnels et autres consultants. Nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes (en s’informant sur internet, en s’adressant aux autorités…) ou en veillant à composer un team aux compétences complémentaires ».

S’investir et rester passionné

Enfin, entreprendre, cela reste une belle aventure même s’il faut consentir à certains sacrifices. Pour ce faire, Vasileios Vallas conclut : « On partage les casquettes avec ses collaborateurs, mais on en coiffe aussi plusieurs. Cela signifie parfois travailler 80 heures par semaine, mettre sa vie privée et sociale entre parenthèses, mais pour dépasser tout cela, le meilleur moteur reste la passion ! »

Vasileios Vallas

Vasileios Vallas

Vasileios Vallas est co-fondateur et CEO de PlantHive. Cette start-up, fondée en décembre 2016, est active dans les petites serres intelligentes, c’est-à-dire des outils pour cultiver les végétaux grâce à l’aide de l’Internet des objets.