Fondée il y a deux ans à peine par des étudiants-entrepreneurs, l’entreprise CitizenLab emploie aujourd’hui 13 personnes et est présente dans 5 à 6 pays.  Aline Muylaert, cofondatrice, explique comment exploiter les atouts de la technologie moderne.

Un produit de niche ne peut qu’être exporté

CitizenLab a vu le jour alors qu’Aline Muylaert et Wietse Van Ransbeeck étaient en dernière année à Solvay/VUB. Intéressés par l’implication du citoyen dans la politique, ces futurs ingénieurs commerciaux ont développé un outil pratique : une plateforme logicielle permettant un échange entre les communes et leurs habitants sur des questions d’intérêt commun comme l’aménagement de l’espace public, d’importants travaux d’infrastructure ou encore les services communaux. CitizenLab a démarré durant l’été 2015 et il ne lui a pas fallu plus de six mois pour attirer les premières villes et communes.

Aline Muylaert : « En mettant l’accent sur les villes et les communes, nous ciblons un marché limité, très spécifique. Etant sur un marché de niche, nous avons très vite dû nous tourner vers l’étranger. Et comme les administrations publiques, partout dans le monde, misent à fond sur la digitalisation, nous y avons décelé d’immenses opportunités.”

Dès le départ, Muylaert et Van Ransbeeck ont misé sur le marketing international via le ‘thought leadership'. Animés par leur passion pour l’implication du citoyen, ils écrivaient des blogs et des posts en anglais, diffusés en Grande-Bretagne, en Scandinavie et au Canada. Deux ans après sa création, l’entreprise compte des clients en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et au Canada.

Utiliser les nouvelles technologies

Si CitizenLab est parvenue, après un an, à lever des capitaux via des business angels, elle a dû travailler dur en tant que start-up. Heureusement, les nouvelles technologies lui ont apporté une aide précieuse. « Grâce au cloud, nous pouvons faire énormément en ligne, sans être obligé d’avoir des bureaux ou des collaborateurs fixes à l’étranger, ce qui représente un énorme avantage pour nous ».

Malgré cela, il y a aussi quelques difficultés : « Le principal obstacle se situe au niveau de la réglementation applicable dans les différents pays : chaque pays a ses propres règles quant à ce que les administrations communales peuvent et doivent faire ou ne pas faire. Heureusement, l’Union européenne cherche de plus en plus à harmoniser cela, par exemple avec le GDPR (nouvelle directive européenne sur la protection de la vie privée), qui fixe pour tous les états membres de l’UE les mêmes règles détaillées concernant l’usage des données à caractère personnel », souligne Muylaert.

Opportunités de l’internationalisation

Aline Muylaert conseille même à d’autres entrepreneurs et entreprises de se tourner rapidement vers les marchés internationaux : « On apprend ainsi à connaître plusieurs marchés, avec toutes leurs différences et leurs similitudes. Evénements, congrès, séminaires, prix et distinctions récompensant des entrepreneurs... ce sont autant de bonnes occasions de faire du réseautage, d’approfondir des cultures locales et de rencontrer des clients potentiels.

Une autre chose qui peut être très utile, c’est de participer à des concours internationaux comme la Youth Citizen Entrepreneurship Competition ou la Creative Business Cup. Ou encore de chercher à nouer des contacts avec des médias à l’étranger – via les réseaux sociaux par exemple, qui peuvent être très utiles à cet égard. » Si, vous aussi, vous envisagez de démarrer une activité internationale, veillez dès le départ à choisir un nom qui puisse être aisément utilisé partout !

Aline Muylaert

Aline Muylaert a fondé CitizenLab avec Wietse Van Ransbeeck alors qu’ils terminaient leurs études d’ingénieur commercial (Solvay/VUB). Aujourd’hui, leur entreprise emploie 13 personnes. Les deux fondateurs se considèrent comme des ‘entrepreneurs sociaux’ et sont nominés aux ’30 under 30’ de la revue Forbes, dans la catégorie Law and Policy.