D’après l’Unizo, qui s’appuie sur les chiffres du fonds d’allocations familiales ABMD, pas moins de 5.089 étudiants ont aujourd’hui leur propre entreprise en Belgique. Jolien Coenraets avait elle-même lancé sa propre entreprise durant ses études et est aujourd’hui membre de Durf Ondernemen, un programme qui soutient les étudiants-entrepreneurs gantois. Elle nous explique pourquoi elle s’attend à une augmentation de ce nombre dans les années à venir.

Pourquoi devenir étudiant-entrepreneur ?

"L’étudiant-entrepreneur bénéficie de plusieurs avantages que n’ont pas les autres entrepreneurs. Votre établissement d’enseignement peut vous apporter un soutien sur mesure, pour vous et votre projet. Vous pouvez par exemple suivre des cours axés sur l’entrepreneuriat, entrer en contact, via votre établissement, avec des consultants et coachs expérimentés dans les domaines de la fiscalité, des ressources humaines, de l’IT, etc. ou encore obtenir des conseils pour la mise sur pied de votre business plan. Autre avantage pour les étudiants-entrepreneurs : étant donné qu’ils sont généralement encore à charge de leurs parents, s’ils échouent dans leur projet d’entreprise, les conséquences financières sont limitées”, précise Coenraets.

“Une telle expérience permet en outre d’acquérir des compétences qui vous seront utiles non seulement en tant qu’entrepreneur, mais aussi dans la vie en général. Vous apprenez par exemple à tisser un réseau de relations et à diriger, des qualités utiles dans certains aspects de la vie et que l’on n’apprend pas sur les bancs de l’école. Vous devez aussi apprendre à trouver le juste équilibre entre vos études et vos activités d’entrepreneur.”

Le statut d’étudiant-entrepreneur

"Depuis peu, l’on constate que les établissements d’enseignement ont tendance à instaurer, dans leur organisation interne, un statut spécial pour les étudiants-entrepreneurs. Grâce à ce statut, les étudiants-entrepreneurs bénéficient de conditions sur mesure, à l’instar de celles octroyées à ceux qui pratiquent un sport de haut niveau. Ce sont cependant les établissements eux-mêmes qui décident de créer ou non ce statut. Le statut d’étudiant-entrepreneur n’existe donc pas partout et diffère d’un établissement à l’autre.

“À Gand, où le statut d’étudiant-entrepreneur existe depuis 2011, 107 étudiants l’ont obtenu durant l’année académique 2016-2017. Depuis le début de cette année académique, quelque 475 étudiants ont déjà fait part d’une idée et de leur ambition d’entreprendre auprès de Durf Ondernemen", précise la coach en entrepreneuriat .

Au politique d’agir

En tant qu’étudiant, il vaut mieux choisir le statut légal d’indépendant à titre complémentaire, plutôt qu’indépendant à titre principal, ce qui offre plusieurs avantages fiscaux et financiers. Auparavant, l’étudiant jobiste était favorisé par rapport à l’étudiant entrepreneur. Cependant, depuis le 1er janvier 2017, cette discrimination a été supprimée par la création du statut d’étudiant-entrepreneur. « Un étudiant jobiste et un étudiant-entrepreneur paient depuis lors autant d’impôts et de cotisations sociales sur la base de ce qu’ils gagnent », rapporte Coenraets.

"Toutes ces initiatives facilitent le lancement d’une entreprise en tant qu’étudiant. Dernier conseil à ceux et celles qui veulent se lancer : faites-vous aider dès le départ plutôt que d’attendre d’avoir vraiment besoin d’aide car il sera peut-être alors trop tard."

En Wallonie, plusieurs établissements proposent également le statut d’étudiant-entrepreneur. C’est le cas par exemple de l’Université de Liège.

Jolien Coenraets

Contributeur:

Jolien Coenraets

Alors qu’elle était encore étudiante, Jolien Coenraets a lancé sa propre entreprise G-flux, spécialisée dans la création d’apps. Aujourd’hui, elle est membre de Durf Ondernemen, un programme de l’Université de Gand qui aide les étudiants-entrepreneurs.

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