Alors que les études de marché, ou simplement le bon sens, pousseraient à ne pas entreprendre dans certains secteurs, certains osent le faire ! Une trop petite niche que pour s’y intéresser, une clientèle a priori un peu trop spécifique, une zone de chalandise aléatoire, des fournisseurs encore peu habitués à ce genre de produit ou de service… Autant d’écueils qu’Olivier Mallue a su contourner lorsqu’il a lancé son entreprise de vente de faire-part en ligne.

Les défis rencontrés sur un marché de niche

Lancer un projet sur un marché saturé ? Olivier Mallue l’a fait avec Paperit, une boutique en ligne de faire-part.

Découvrir une niche et évaluer ses opportunités

Entrepreneur de haut vol avec un solide background en e-commerce, Olivier Mallue a un jour pris conscience de l’existence d’une niche : « Quand mes filles sont nées il y a une quinzaine d’années, je me suis rendu compte que ce qui existait sur le marché du faire-part de naissance était on ne peut plus consensuel. L’offre était pensée pour satisfaire le plus grand nombre, mais sans alternative pour ceux qui n’y adhéraient pas. J’ai donc préféré réaliser mes faire-part moi-même. Dans mon entourage, ils ont eu leur petit succès au point que j’ai réitéré l’expérience cinq ou six fois pour de jeunes parents ». 

C’est ainsi que tout a commencé : « Il y avait une niche avec, selon moi, 10-15% de consommateurs mécontents de l’offre existante. Alors que le marché du faire-part standard ou customisable à souhait était saturé, celui du faire-part réalisé par de grands noms du design ne l’était pas ». Olivier Mallue y croyait tellement qu’il avait déjà, dès cette époque, déposé le nom de domaine de son site, Paperit.com. 

Investiguer un nouveau marché en misant sur ses compétences et qualités

Au lieu de ronronner dans son domaine d’expertise avec un solide carnet d’adresses existant, l’entrepreneur a préféré sortir de sa zone de confort. En lançant sa start-up dans le secteur du faire-part haut de gamme, il devait construire un réseau inexistant et investiguer un marché qu’il ne connaissait pas du tout. Bref, tout était à faire et pour cela Olivier Mallue a misé sur :

  • son propre background et une certaine séniorité: son expérience de plus de 10 ans en e-commerce lui conférait une certaine expertise ainsi qu’une légitimité auprès de ses divers interlocuteurs pour le lancement de son projet.

  • sa capacité à l’autoformation : dans son cas, il devait surtout s’informer sur les grandes tendances en matière de graphisme et design ;

  • la volonté d’apprendre un métier totalement nouveau : pour Olivier Mallue un des challenges était de se former au métier de l’imprimerie, une profession qui lui était tout à fait étrangère ;

  • le fait d’oser : oser demander de l’aide à des proches issus de la profession, leur poser des questions et ensuite appliquer leurs conseils, mais également oser parfois faire des erreurs ;

  • sa proactivité ou sa capacité à obtenir des fonds extérieurs: démarrer en seuls fonds propres n’est pas chose facile. C’est ainsi que l’entrepreneur a participé et remporté le e-programme Boost-Up. La bourse de 40.000 euros qu’il y a décrochée lui a permis de passer du stade de prototype à la mise sur le marché de son produit. Un type de financement à ne pas négliger pour tout entrepreneur qui se lance ! 

Profiter d’une certaine « ignorance »

Si son expérience en e-commerce l’a aidé dans la mise en place de son projet, Olivier Mallue reconnaît, avec le recul, qu’une certaine forme d’ignorance du secteur de l’impression et des faire-part a joué en sa faveur : « Quand tout est nouveau, quand on démarre une activité dans un secteur complètement différent de ce à quoi on est habitué, on a l’ouverture d’esprit du profane. Celui qui ne sait pas ce qui l’attend est sans doute plus vite audacieux ». 

Œuvrer pour toujours plus de légitimité

Gagner en légitimité ne s’est cependant pas fait sans peine, car si l’entrepreneur a monté son projet rapidement, il lui restait encore à persuader les designers de le suivre : « Je m’étais mis en tête de convaincre les grandes pointures du design et du graphisme pour concevoir mes faire-part. Or, je n’avais rien à montrer comme portfolio ou références, et cela m’a pris un an avant qu’une dizaine d’entre eux veuille être de l’aventure. Ensuite, au vu des grands noms associés au projet (tels qu’Inès Cox, Antoine Eckart ou Byzance), d’autres ont suivi : ils redoutaient moins pour leur image de marque ». Le propre branding de la start-up a dû également être développé à l’avenant de ses fournisseurs de prestige : « J’ai dû veiller à soigner tant le cahier des charges que la réalisation de mon PowerPoint de présentation ou encore le choix du traducteur qui allait participer à la rédaction des documents de cession de droits, etc. ».

Le monde entier comme plus belle vitrine

L’international, tant du côté des collaborateurs que des potentiels clients, ne fait pas peur à l’entrepreneur : « Nous travaillons aussi bien avec des artistes d’Europe que de Russie, Japon, Argentine ou encore des USA. Tant les e-mails que Skype ont aboli les distances entre partenaires ». En outre, en termes de diversification, travailler avec des collaborateurs à l’étranger constitue une belle opportunité : « La perception du mariage ou de la naissance peut varier d’une culture à l’autre, y compris dans le style graphique lors de la réalisation des faire-part. Cette couverture mondiale permet d’enrichir notre gamme de produits. Bref, d’accroître la palette des possibles. De plus, aujourd’hui, les modes d’expédition express permettent de livrer aussi vite à New York qu’à Berlin et d’avoir ainsi des clients du monde entier. Et quelle plus belle vitrine que le monde pouvions-nous espérer ? En effet, non seulement notre zone de chalandise est illimitée mais nous n’avons pas dû investir dans un point de vente physique. Ce qui aurait été risqué en se lançant dans un marché de niche ».

Olivier Mallue - Paperit

Olivier Mallue

Avec un background d’une vingtaine d’années dans le secteur de l’administration des affaires, Olivier Mallue a été coach pour start-ups auprès des incubateurs VentureLab et NestUp. Formé à l’e-business, il a été co-fondateur de la pharmacie en ligne Newpharma. Une dizaine d’années plus tard, en 2016, il est devenu co-fondateur de Paperit, start-up active dans la vente de faire-part en ligne.