A côté des petites et moyennes enseignes de produits locaux bio, des producteurs ont fait le choix d’œuvrer ensemble. Par-delà leurs engagements philosophiques, ces coopératives constituent un véritable business modèle.

Un circuit court de distribution

Depuis 40 ans, Coprosain désigne à la fois un groupement de producteurs et un circuit court de distribution de produits fermiers et bio. La coopérative connaît un essor remarquable avec, à ce jour :

- 3 magasins en Wallonie et Brabant Wallon

6 camions et 22 marchés, dont 7 en 100% bio

un secteur grossiste viandes et charcuteries

Avec à la clé, la création d’emplois, 48 directs et 45 indirects. Et sans cette coopérative, un bon tiers de ces acteurs n’auraient pas pu maintenir leur activité.

Développement durable pour tous

Qu’il s’agisse des producteurs, des transformateurs ou encore des consommateurs, l’économie collaborative profite à chacun des maillons de la coopérative. Quel est l’intérêt principal du circuit court et des labels locaux ? Ils rendent à chacun son pouvoir :

- les producteurs : si le cahier des charges peut sembler contraignant, les producteurs jouissent toutefois du soutien de la coopérative. Avec la garantie de prix constants à l’année, par exemple. Ceci leur permet d’affronter les aléas du métier, comme l’inflation des céréales il y a deux ans. Les exploitations conventionnelles avaient, elles, été frappées de plein fouet 

- les transformateurs : depuis les ateliers dans leurs fermes, ils définissent eux-mêmes leurs prix de vente à la coopérative

- les consommateurs : selon Paul Vankeerberghen, « le consommateur devient "consomm’acteur", car celui-ci n’est plus floué par une certaine industrie agroalimentaire. Il y a une prise de conscience lors de son acte d’achat ».

Une organisation en deux axes

Assemblée générale, coopérateurs élus après une période-test, conseil d’administration… Le fonctionnement vertical de la coopérative est doublé d’une organisation de type horizontal. Au sein de celle-ci sont en effet constitués des groupements par type de produits/intérêts. Par exemple, les producteurs de porcs sont réunis pour débattre :

- des cahiers des charges de la production 

- des plannings de livraison : s’il faut livrer 4 porcs/semaine en plus, on voit si les producteurs existants peuvent assumer le volume ou s’il faut s’adjoindre un nouveau producteur

- du prix à leur payer

Ce genre de fonctionnement présente l’avantage d’être à la fois intéressant, efficace et dynamique.

Vers une e-coopérative

Ingénieur industriel né de parents agriculteurs, Paul Vankeerberghen est arrivé à la tête de Coprosain, il y a 20 ans, avec son expérience de la gestion de projets et des équipes. A l’époque, il a réinvesti les bénéfices dans l’informatisation de l’entreprise (lien : transformation digitale). Aujourd’hui, avec l’avènement de la génération Y et la consommation digitale, le business modèle ne cesse d’être repensé, avec : 

- une page Facebook, en 2014 : 9000 likes plus tard, les trentenaires avec enfants en bas âge ont rejoint les consommateurs du 4ième âge

- le développement en cours d’un site internet plus commercial avec commande en ligne

- un concept d’atelier de plats traiteurs. Cette capacité à se co-générer tourne le dos à l’ère de l’agriculture belge individualiste. Et depuis 2 ans, on note un intérêt des producteurs flamands : des représentants viennent étudier ce modèle de coopérative inspirant

Paul Vankeerberghen

Paul Vankeerberghen

Paul Vankeerberghen est le directeur de la coopérative d’agriculteurs Coprosain (pour COopérative de PROduits SAINs) depuis plus de 20 ans. Cet ingénieur industriel issu du secteur de la robotique prône l’« Ouverture d’esprit pour innover, se remettre en question et trouver des solutions aux problèmes »

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