L’intérêt pour les emplois dans une start-up n’a jamais été aussi élevé. Ce sont surtout les jeunes que les projets innovants et la dynamique attirent. C’est pourquoi les postes vacants des start-ups trouvent souvent facilement preneur, ce qui est bien sûr une bonne chose. Cependant, en tant que start-up, mieux vaut se tourner vers des profils spécifiques qui conviendront réellement à une jeune entreprise. Wouter Vanderheere, de la plate-forme de comparaison financière TopCompare.be, explique quelles qualités sont indispensables pour travailler dans une start-up.

Savoir tomber pour mieux se relever

Le produit d’une start-up est encore en plein développement. Les besoins des clients ne sont donc pas encore entièrement définis, et même le business model est bien souvent toujours en train d’évoluer. Voilà pourquoi une start-up doit pouvoir compter sur le sens de l’initiative de ses employés, lesquels doivent oser questionner et contester certaines évidences, de préférence sans trop craindre l’échec.

 Et si quelque chose tourne mal, les travailleurs doivent pouvoir mettre leur égo de côté et admettre leurs erreurs, afin que leurs collègues puissent aussi changer de cap à temps. Lors de l’entretien d’embauche, je demande donc souvent aux candidats de donner un exemple de situation où ils ont d’abord dû faire un pas en arrière avant de pouvoir faire un bond en avant. Les candidats qui ne se trompent jamais sont soit des surhommes, soit trop craintifs face au risque pour apporter une valeur ajoutée à la start-up.

Oser sortir de sa zone de confort

Les connaissances et l’expérience ne suffisent pas à contribuer de manière significative à une start-up. Premièrement, les jeunes entreprises s’occupent généralement de projets novateurs, ce qui fait que les connaissances et l’expérience seules n'en garantissent pas le succès. Il existe rarement une formation globale ou un guide complet dans le domaine d’activité de l’entreprise. Pensez à l’importance de la Search Engine Optimization (SEO) pour beaucoup de jeunes sociétés Internet B2C. Il existe certes des formations, mais comme les algorithmes de recherche de Google sont l’un des secrets les mieux gardés et que le géant américain les modifie constamment, l’apprentissage n’est jamais terminé. Or, pour une start-up, un bon référencement peut faire toute la différence entre la faillite et une capitalisation réussie.

Deuxièmement, le défi d’une start-up est d’approcher un secteur de manière innovante. À ce point innovante que des concepts éprouvés devront être abandonnés. Les employés doivent donc être prêts à remettre leurs connaissances en question et à se lancer des défis chaque jour à eux-mêmes et à leurs collègues. C’est d’autant plus valable pour les candidats qui ont déjà quelques années au compteur. Ont-ils plutôt suivi les sentiers battus par le passé, ou peuvent-ils démontrer qu’ils sont sortis de leur zone de confort ? Un C.V. qui déborde de soif d’apprendre se retrouve tout de suite en haut de ma pile. 

Croire au projet

En entretien d’embauche, on entend souvent les candidats dire qu’ils en ont assez de leur travail et veulent « faire autre chose ». Un poste dans une entreprise en devenir est alors tentant, parce qu’il promet plus d’autonomie et un environnement de travail plus excitant. Mais ces aspects ne peuvent pas être les raisons principales, car sans une foi inébranlable en ce que l’entreprise veut représenter pour la société ou pour ses clients, le coup de foudre ne durera pas.

 L’entreprise doit pouvoir compter sur la persévérance et la créativité de ses employés, surtout quand elle naviguera en eaux troubles. Voici d’ailleurs une question que j’aime à poser pendant un entretien : « Quelle initiative prendriez-vous pour améliorer la vie des clients ? » Cela ne révèle pas seulement à quel point un candidat s’est préparé, mais aussi dans quelle mesure il croit au projet et s’il peut traduire cette motivation en des initiatives créatives. 

Prendre ses responsabilités

Les grandes ambitions d’une jeune entreprise mettent inévitablement la pression sur ses employés, souvent jeunes eux aussi. Chaque travailleur a un impact direct sur les résultats de l’entreprise, et c’est un vecteur de stress. Les performances et les résultats personnels sont suivis de près, car une start-up ne peut pas se permettre de perdre un temps précieux. 

Cet environnement axé sur la performance, où les jeunes débutants doivent rapidement se faire valoir, peut être vécu comme quelque chose de pénible et conflictuel par les personnes sujettes au « trac ». Mais ce qu’une start-up doit justement éviter comme la peste, ce sont les employés qui se cachent quand l’entreprise menace de traverser une (énième) crise et qui fuient leurs responsabilités. Aussi, pendant l’entretien d’embauche, penchez-vous toujours sur les contributions personnelles du candidat à un projet qu’il a lui-même décrit comme réussi. Si le candidat s’est surtout reposé sur le travail de ses collègues ou camarades de cours, il s’agit d’un no go.

Wouter Vanderheere

Wouter Vanderheere est le gérant et cofondateur de TopCompare.be. Cette plate-forme de comparaison de produits financiers informe les consommateurs sur le monde de la finance, souvent complexe et opaque, et les aide ainsi à trouver le bon produit au meilleur prix.