Le crowdfunding ou financement participatif est souvent attendu et entendu à propos de start-ups innovantes et à rentabilité plutôt rapide. Il peut aussi soutenir les activités durables, avec un retour sur investissement à plus long terme. C’est d’ailleurs vers le crowdfunding que s’est tourné le restaurateur Ludovic Vanackere lorsqu’il a voulu passer à la vitesse supérieure pour son activité, un atelier de co-fabrication et de co-distribution de produits locaux et artisanaux. Il nous explique l’originalité de son modèle et l’objectif de sa campagne de crowdfunding. Celle-ci se terminera un peu avant Noël.

Les Artisans de Bossimé : coworking et réseautage à forte valeur ajoutée

L’activité des Artisans de Bossimé est répartie sur 3 domaines : la production primaire, la transformation et la commercialisation. Le concept ?

  • Mettre en présence divers artisans de l’agriculture locale et durable (maraîchers, transformateurs…), dans une optique de coworking. Ils sont ainsi soutenus et valorisés au sein d’une infrastructure intégrée : les artisans trouvent tout ce dont ils ont besoin afin de mettre en place leur activité en one-stop-shop, c’est-à-dire de la ferme à la cuisine, en passant par les espaces de transformation et les terrains alentour ou encore via le circuit de distribution.

  • Créer à la fois une couveuse d’entreprises et un réseau. On y échange bonnes pratiques et matières premières, et ce, avec quasi zéro déperdition.

  • Compléter cet écosystème d’un e-commerce, via lequel on peut acheter les produits de ces artisans, ainsi que ceux des magasins partenaires.

Ce concept marche tellement bien que Ludovic Vanackere passe à la vitesse supérieure.

 

Faire appel au crowdfunding pour grandir en toute flexibilité

C’est pour développer davantage son entreprise et soutenir toujours plus les artisans locaux que Ludovic Vanackere a pensé à lancer une campagne de crowdfunding : « Depuis 3 ans, c’est mon entreprise de restauration, l’Atelier de Bossimé qui finance toute l’infrastructure. A présent, nous souhaitons construire et équiper 2 cuisines partagées supplémentaires à l’attention des artisans. C’est l’objectif de cette levée de fonds, que nous voulons répartir sur 2 paliers. Contrairement au crédit bancaire avec remboursements fixes, le crowdfunding permet plus de flexibilité et demande une rentabilité moins immédiate. En effet, ce que nous visons en priorité pour le moment, c’est de trouver un équilibre tout en créant de la valeur. Nous ne sommes vraiment pas dans le one-shot ni le court terme : nous envisageons vraiment la durabilité dans tous les sens du terme, y compris donc dans notre relation à nos investisseurs et partenaires ».

Contreparties entre investisseurs et entrepreneurs

Le crowdfunding n’est pas du mécénat. C’est un échange gagnant-gagnant. Ludovic Vanackere illustre : « Les contributeurs vont avoir l’occasion de vivre un partage d’expérience concret. Ils vont, par exemple, venir assister à un cours de cuisine en nos ateliers. Par la même occasion, ils voient ainsi à quoi sert leur argent. De leur côté, les entrepreneurs en coworking vont au change leur dispenser ces cours de cuisine. C’est leur façon de remercier leurs investisseurs, qui leur permettent d’avoir un loyer modéré, une réduction du coût inhérent au lancement de leur entreprise, etc. » Quant à investisseur de la première heure, c’est-à-dire l’Atelier Bossimé lui-même, il offre par exemple aux artisans pendant 3 mois l’accès aux locaux. Une fois que leur projet est rentable, il met en place un système de facturation à prix coûtant. Cela permet de défrayer les infrastructures et ensuite de générer de l’emploi.

Le crowdfunding pour créer des synergies, communiquer et donner du sens aux projets

Enfin, quand on demande à ce jeune chef d’entreprise d’où lui viennent son sens des affaires ainsi que sa motivation, il répond : « Ce ne sont pas tant les formations qui aident, mais l’apprentissage de terrain propre à tout entrepreneur, ainsi qu’une certaine ouverture d’esprit. En ce qui me concerne, il m’importe surtout de cultiver le bien-être au travail. Je recherche aussi à fédérer des personnes partageant les mêmes valeurs, tout en créant des synergies. C’est ce que j’ai insufflé parmi les artisans de Bossimé. Cette campagne de crowdfunding s’inscrit dans la même dynamique ».

Ludovic Vanackere conclut, non sans humour : « On se lance dans ce genre d’initiative avec la volonté d’encadrer, de s’investir et d’investir dans un concept qui a du sens, et non avec une pension confortable pour point de mire ».

Ludovic Vanackere

Ludovic Vanackere

En 2011, 20 ans à peine et son diplôme de l’Ecole Hôtelière de la Province de Namur en poche, Ludovic Vanackere ouvrait son restaurant, l’Atelier de Bossimé, dans la ferme familiale de Loyers. 5 ans plus tard, il lançait Les Artisans de Bossimé. C’est à la fois un magasin à la ferme et un site de e-commerce de produits locaux, fermiers, artisanaux. Petit à petit, c’est devenu un « incubateur de projets durables », où les artisans préparent des produits du terroir dans une cuisine partagée. En novembre 2018, Ludovic Vanackere a lancé une campagne de crowdfunding pour financer 2 cuisines partagées supplémentaires.