Développer un business avec un ami comporte aussi bien une part de risques que de belles opportunités d’épanouissement. Si pour certains entrepreneurs, un tel projet n’a pas fonctionné, Fabien Defays, co-CEO de Citius Engineering l’a fait, en misant tout sur la synergie. Il explique comment lui et son ami de toujours ont quitté l’entreprise de renom qui les employait pour lancer ensemble leur propre projet. Ou comment une longue histoire d’amitié peut donner naissance à une belle aventure tant technologique qu’entrepreneuriale.

Se coacher réciproquement à l’entrepreneuriat en duo

Depuis leurs études d’ingénieurs, Fabien Defays et son associé, Grégory Reichling, ont toujours fonctionné à l’identique et surtout ensemble. Et ce, tant en termes de parcours que de formation : « Nous avons été aussi bien co-présidents de comité de baptême à l’ULg que, quelques années plus tard, collègues au sein du même département chez Techspace Aero (ndlr : aujourd’hui, Safran). Forts de tous nos points communs et de notre indéfectible amitié, nous nous sommes mis à réfléchir à notre projet entrepreneurial. Nous nous sommes donné, toujours à deux, les moyens de le concrétiser. En reprenant ensemble, par exemple, un cursus à HEC en cours du soir. Nous avons aussi envisagé de nous lancer soit à mi-temps tous les deux, soit l’un avant l’autre, le temps d’étoffer le carnet de commandes. Pour Gregory et moi, c’était à deux et en même temps, pour pouvoir mieux interagir et s’impliquer de la même façon. Nous avons donc quitté, du jour au lendemain, notre poste chez Safran pour lancer notre propre entreprise ».

Dépasser les craintes et garder les pieds sur terre

Les mises en garde de l’entourage peuvent survenir. Surtout si l’on n’est pas né dans une famille d’entrepreneurs ou que, pour les proches, l’activité (ici : le support industriel) dans laquelle on se lance semble un peu floue. Entreprendre à deux dans la même optique ou encore avec la même vision et les mêmes réflexes de travail, cela aide à dépasser ces craintes de l’entourage.

Dans le cas de Fabien Defays, une bonne maîtrise du risque a aussi joué : « Un PC et une voiture suffisaient pour nous lancer. Il ne nous a pas fallu non plus, à l’époque, engager un effectif de 10 personnes. Le principal risque était donc assez limité et consistait à perdre notre capital de départ. Par ailleurs, si l’aventure venait à mal tourner, notre diplôme d’ingénieur, assorti de 5-6 années d’expérience, était assez facilement valorisable sur le marché de l’emploi ».

Faire appel à des points de vue différents et externes

La synergie qui opère entre les deux amis entrepreneurs ne comporte-t-elle pas sa part de risque ? « Cela a le mérite de faciliter la communication et le travail, mais aussi de fluidifier les prises de décision. Par contre, on est effectivement peut-être aussi vite d’accord pour ‘foncer dans le mur’ ensemble. C’est la raison pour laquelle, il faut compenser cet ‘excès de convergence’ en s’associant avec d’autres compétences. Nous avons ainsi fait appel à des partenaires externes et nous avons renforcé l’équipe en interne avec des profils plus commerciaux, administratifs, etc. ».

Répartir les tâches et partager le leadership

« Avec nos profils similaires, la question de la répartition des tâches s’est posée aussi. Nous avons attribué l’aspect commercial & business development à l’un et la partie opérationnelle, à l’autre. Il y a des chevauchements dans les compétences, mais sans vraiment de redondance. On essaie d’être plutôt un binôme.

 

Et pour ce qui est du leadership, même si avoir une seule tête au-dessus de l’organigramme est toujours plus compréhensible pour les externes, nous avons fait le choix d’un ‘fonctionnement bicéphale’ : nous sommes tous deux administrateurs délégués ».

Se préparer aux éventuelles divergences à venir

 

Fabien Defays compare volontiers son aventure entrepreneuriale à deux au mariage : « Ce n’est pas parce que l’on connaît les statistiques du divorce que l’on doit laisser passer l’envie d’entreprendre quelque chose ensemble. On sait que des divergences de vues pourront survenir un jour. C’est là que le contrat de mariage prend son sens. Dans le cas d’une entreprise, nous parlerons du pacte d’actionnaires. Grégory et moi sommes de très mauvais exemples en la matière (rires) : nous reportons cette convention de mois en mois, et même d’année en année. Or, mieux vaut garder en tête que l’entreprise peut un jour être cédée ou que des questions ‘de bonne gestion’ peuvent se poser :

  • Quid de l’implication de la famille et des enfants ?
  • Quid en cas du décès de l’un des deux associés ?
  • Quid d’une envie différente de l’évolution du modèle ?
  • Etc.
  •  

On n’a certes pas envie d’y penser. Mais mieux vaut le faire tant que tout va bien, et que comme nous, on est heureux ensemble depuis quelques années déjà dans son projet d’entreprise ».

Fabien Defays

Contributeur:

Fabien Defays

Fabien Defays est co-fondateur et co-CEO de Citius Engineering. Créée en 2009, cette entreprise est spécialisée dans la réalisation de machines et la gestion de projet. Son équipe d’une quarantaine de collaborateurs a pour mission de booster la productivité et la compétitivité des industriels de tous secteurs.

Confirmer