L’entreprenariat est la plupart du temps lié aux start-ups et pas aux transmissions, alors que ces dernières offrent nombre d’opportunités à bien des entrepreneurs. Nicolas Pirotte, manager de Sowaccess et membre de Transeo, partage sa vision des transferts d’entreprise.

L’importance de la transmission d’entreprise

Des statistiques de la Commission Européenne indiquent que l’Europe déplore la perte d’environ 150.000 entreprises – l’équivalent de quelques 600.000 emplois – par an suite à des transmissions d’entreprise inefficaces. La Commission estime en outre qu’à peu près 450.000 PME se voient chaque année forcées d’être cédées, impactant ainsi 2 millions d’emplois (Source : EU4BT). « Plus de 80.000 PME flamandes se trouvent aujourd’hui dans les mains d’entrepreneurs au-delà de 55 ans. Nombre d’entre eux atteindront l’âge de la retraite d’ici 2010-2030 et seront alors confrontés au transfert de leur affaire, ce qu’il nous faut stimuler » explique Pirotte.

« Transmettre une entreprise revient finalement à en garantir la survie et ainsi les emplois qui en dépendent », ajoute Pirotte. « Imaginez qu’une entreprise belge, présente sur notre territoire mais aussi par exemple en France et en Allemagne, mette un terme à ses activités. Cet espace vacant peut alors être récupéré par une autre firme belge ou étrangère. Dans ce second cas, nous risquons de manquer des opportunités pour l’économie de notre pays. Nous avons donc tout intérêt à rendre la transmission d’entreprise aussi attrayante que possible. »

Pourquoi reprendre?

« Un entrepreneur reste vu comme quelqu’un qui part de rien pour créer quelque chose, mais un repreneur permet de donner une second souffle à une entreprise », raconte Pirotte.

« Reprendre une activité plutôt que la démarrer représente peut-être un plus grand défi du point de vue financier, mais il est possible dans ce cadre de faire appel à divers fonds tels que Participatiemaatschappij Vlaanderen, Agentschap Innoveren en Ondernemen, Impulse Brussel, SRIB, SOWALFIN, SRIW pour rendre l’étape à franchir moins pesante », ajoute-t-il.

« Il ne faut pas oublier qu’il est moins risqué de reprendre une entreprise que d’en démarrer une », déclare Pirotte.  « Vous reprenez alors les rênes d’une aventure entreprenariale ayant déjà connu ses ‘maladies de jeunesse’ et fait ses preuves, qui existe depuis plusieurs années, dispose de ses propres fournisseurs (fixes) et surtout de produits et/ou services avec un marché. Cet historique facilite grandement le bon déroulement des premières années de votre entreprenariat et permet peut-être même de déjà songer à l’export ainsi qu’au renforcement de votre position. D’une perspective macro-économique, c’est aussi synonyme d’une économie moins fragile. »

Encourager les transmissions d’entreprise

“Un dernier aspect auquel les entrepreneurs doivent être attentifs : pensez suffisamment tôt à votre transfert d’entreprise et entourez-vous de professionnels. Il existe par exemple des plateformes de mise en relation comme Sowaccess ou overnamemarkt.be, où cédants et acquéreurs peuvent se retrouver. Transeo, l’association européenne pour la transmission des PME, a en outre mis en place des normes de qualité minimale pour l’amélioration de ces plateformes afin que les entrepreneurs actuels et à venir aient accès à des services de qualité. »

nicolas pirotte

Contributeur:

Nicolas Pirotte

Manager de la Sowaccess, une filiale du Groupe Sowalfin créée pour faciliter la transmission de PME et de TPE en Wallonie, Nicolas Pirotte est un observateur privilégié de la dynamique des reprises, tant du côté des cédants que des repreneurs. 

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