Pour la génération née grosso modo entre 1980 et 1995, le moment est venu : les « Millennials » sont arrivés à l'âge de lancer des entreprises et de former un groupe de consommateurs important. À quoi pensent-ils ? De quoi rêvent-ils ? Quelles sont leurs ambitions ? Et comment concilient-ils le travail avec la vie privée ? Pour le savoir, l'éditeur de logiciels Sage a réalisé une grande enquête. Alex Dossche, Managing Director de Sage Belgique, nous explique ses conclusions. 

Les 5 profils de la Génération Y

À partir d'une enquête menée auprès de 7.400 jeunes dans seize pays, Sage a identifié dans la Génération Y cinq grands profils :

  1. Le premier profil est celui des « planificateurs ». Ils travaillent très méthodiquement, se lancent dans des projets ambitieux, et ne tiennent rien pour acquis.

  2. Viennent ensuite les « technophiles » : passionnés par leur travail, ils font confiance à la puissance de l'innovation pour devancer la concurrence, et pensent pouvoir définir très précisément leur groupe cible de clients nouveaux et existants.

  3. Les « instinctifs » sont plutôt décontractés. Ils n'ont pas peur de l'inconnu et aiment défricher de nouveaux territoires. Ils s'appuient sur l'intuition et attachent de l'importance à leur image.

  4. Quant aux « pragmatiques », ils sont compétents mais ont tendance à faire appel à la technologie pour réussir (et de préférence aux technologies gratuites). Ils alternent intuition et méthode.

  5. Les « audacieux », enfin, sont constamment en quête de nouveaux défis et s'ennuient très vite. Plus de la moitié disent avoir perdu tout enthousiasme pour l'entreprise, parfois après un an déjà.

« La plupart des Belges font partie du groupe des audacieux », commente Dossche. « Très vite intéressés, ils se découragent tout aussi vite. Bon nombre de Millennials sont convaincus qu'ils vont fonder deux ou trois entreprises dans leur carrière. »

« Pour les Belges, il est aussi très important de donner au travail sa juste place dans la vie quotidienne », ajoute Dossche. « Ils veulent de la flexibilité, décider eux-mêmes quand, où et comment ils vont travailler. Ils travaillent pour vivre plutôt que l'inverse. La Génération Z, qui viendra après eux, ira sans doute encore plus loin dans ce sens. » 

Réticences face à la technologie

« Contrairement à une idée reçue, la Génération Y n'est pas vraiment accro à la technologie », explique Dossche. « Quand ils entreprennent, nous constatons qu'un tiers d'entre eux sous-estime l'influence que la technologie peut avoir sur leur activité. En général, ces entrepreneurs sont relativement réticents face à l'évolution technologique. » Par exemple, à la question de savoir si c'est une bonne idée de confier l'administration d'une entreprise à un logiciel comptable vieux de 20 ans, une majorité de Millennials répond en chœur « oui ».

Ce qui ressort clairement de l'enquête sur la Gen Y, c'est la volonté de faire une « différence ». Exercer un impact positif sur la société est surtout important pour les jeunes entrepreneurs sud-africains (80%) et brésiliens (81%). Près d'un quart des personnes interrogées en Belgique (24,6%) et en Suisse (24%) déclarent que le bonheur de leurs employés est leur principal moteur, pour une moyenne de 15,4%.

Le décrochage dû à la paperasse

Autre observation : chez de nombreux participants à l'enquête, la créativité et l'envie d'entreprendre sont bien là, mais ils ne sont pas rares à décrocher après deux ou trois ans. « Il y a deux raisons à cela », répond Dossche. « D'abord la confrontation avec les clients qui paient tardivement, voire qui ne paient pas. Pour la Génération Y, c'est très décourageant. Ensuite vient la bureaucratie, la paperasse, les autorisations en tous genres et la déclaration TVA. »

Réaliser ses rêves

« Si nous avons réalisé cette enquête, c'est pour mieux connaître les 'business builders' d'aujourd'hui et de demain », précise Dossche. « Quelles sont leurs motivations ? Comment voient-ils la technologie informatique ? Qu'est-ce qui importe à leurs yeux ? N'oublions pas que cette génération n'est pas née un smartphone à la main. »

« Maintenant que nous savons ce que les Millennials pensent de la création d'entreprise, cela aura surtout des répercussions sur notre communication à l'intention de ces ‘business builders’ », continue Dossche. « Il faut aussi rester honnête avec eux : souvent, ils ne savent pas assez ce que cela implique de lancer une entreprise. Il faut avoir des rêves, c'est normal, mais les rêves qui se réalisent reposent sur des bases solides. » 

alex dossche

Contributeur:

Alex Dossche

Alex Dossche a commencé sa carrière dans les années 80, comme managing partner chez INsoft, spécialiste de l'intégration des applications de vente et de marketing. Il a ensuite fondé TIPSS Consultants, fournisseur des solutions Atari en Belgique. En 1995, il a lancé DBFACT, un outil de gestion pour les PME. L'entreprise a été rachetée par Sage en 2012. Depuis ce moment, Dossche a notamment été sales director et marketing director de Sage Belux. Il occupe le poste de Managing Director depuis 2016.

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