Nombreuses sont les jeunes start-up technologiques qui essaient de grandir sous l’aile protectrice d’un incubateur. Mais que peut faire cet incubateur ? Que pouvez-vous attendre de lui ? Et comment choisir le bon incubateur ? Baudouin de Troostembergh, CEO de Startup Factory, nous guide dans le monde merveilleux des incubateurs. 

Une idée brillante n’est pas une garantie de réussite

Imaginez que vous ayez une idée brillante pour un nouveau produit high-tech. C’est un bon début, mais avec cela vous n’avez pas encore d’entreprise. C’est à ce moment précis que vous pouvez profiter d’un incubateur qui vous aidera à façonner votre entreprise. Avec un peu d’imagination, un incubateur peut être comparable à une sorte « d’utérus » dans lequel des embryons d’entreprises prometteuses peuvent se développer. Celles-ci partagent bureaux et postes de travail et peuvent utiliser l’infrastructure de bureau. Il existe plusieurs types et tailles d’incubateurs. Il y a ceux qui en général sont centrés sur les apps et la technologie, mais il y a également des incubateurs spécialisés dans des niches.

Qu’est-ce qu’un incubateur exactement ?

Quelle est, selon Baudouin, la définition d’un incubateur ? « Un incubateur rassemble des gens qui ont tous une idée intéressante pour une start-up et les aide à mettre en place les éléments indispensables pour former une véritable entreprise. La question : ‘’dans quel écosystème vais-je arriver ?’’ m’apparaît d’emblée comme le critère principal à prendre en compte lorsqu’on doit choisir un incubateur. Quelles sont les autres personnes que je côtoierai quotidiennement ? Et comment pourront-elles m’aider ? Pour chaque projet, ce sont en effet les mêmes questions qui reviennent, et assez étonnamment, ce sont en général des questions fondamentales : Comment construire un site web convenable ? Comment établir un bon de commande ? Qu’est-ce qui est important pour mon business plan ? Dans un environnement où vous pouvez répondre rapidement à ce genre de questions, vous pourrez démarrer beaucoup plus vite vos affaires. Souvent, vous pourrez quitter les starting-blocks après seulement un mois ou deux, plutôt qu’après six mois. »

Une nouvelle entreprise toutes les six semaines

Pour une start-up, le but n’est pas non plus de passer toute sa vie sous les ailes protectrices d’un incubateur. Les start-up vont et viennent. « En moyenne, nous accueillons une nouvelle entreprise toutes les six semaines » explique Baudouin. « Il nous arrive aussi de travailler avec des gens dont l’idée est encore trop vague ou pas suffisamment élaborée et les laissons alors travailler sur autre chose. Parfois, nous mettons des personnes en contact avec des équipes existantes, ou nous introduisons des équipes dans de grandes entreprises et nous les laissons collaborer ensemble sur un projet. Pour cela, nous avons des accords de partenariat avec beaucoup de grandes entreprises. Notre rôle présente donc différentes facettes. »

Les places sont chères...

L’entrepreneur n’est pas le seul à faire son choix quant à l’incubateur idéal. Ce dernier aussi a son mot à dire. Et les places sont fortement disputées, car de nombreux incubateurs ont bien plus de candidats que de places à offrir.  Ils peuvent donc choisir. « Nous ne choisissons jamais des entrepreneurs sur base d’un entretien », explique Baudouin. « Nous voulons d’abord les observer pendant une semaine, voir comment ils travaillent et discuter sérieusement avec eux. Nous les affectons à un pitch et nous les motivons. Comment travaillent-ils ? Comment réagissent-ils en cas de revers ? Qui joue quel rôle au sein de l’équipe ? Ce n’est qu’après une session intensive de ce type que l’on peut voir s’il y a suffisamment de talent pour construire quelque chose ensemble. La seule lecture d’un CV ne nous apprend absolument rien. »

Sa propre SPRL

Si l’équipe réussit le test, alors le vrai travail peut commencer. Baudouin : « Durant les trois premiers mois, nous posons les fondements de l’entreprise. Nous commençons par le site, nous établissons le plan marketing, nous cherchons les premiers clients, nous travaillons à des prototypes et nous mettons tout en œuvre afin de repérer la personne la plus à même d’assumer la fonction de CEO de l’entreprise. Durant toute cette période, nous restons l’entité juridique. Il n’y a donc pas encore d’entreprise distincte à ce stade. »

Après trois mois, Startup Factory effectue une évaluation. Cette évaluation doit être positive pour qu’une SPRL puisse alors être fondée. « A ce moment, les premiers clients sont, en principe, déjà là », poursuit Baudouin. « Trois à quatre mois plus tard, nous lançons une première tentative pour lever des fonds auprès d’investisseurs. Généralement, la somme recherchée est de 300.000 à 400.000 euros afin que la start-up puisse vivre au moins 1 an et apprendre à se débrouiller seule. Après ces douze mois, notre mission est terminée et il est temps alors pour la start-up d’appuyer sur l’accélérateur. »

Baudouin-de-Troostembergh

Baudouin de Troostembergh

Baudouin de Troostembergh a terminé en 2000 ses études d’ingénieur commercial à la Faculté universitaire Saint-Louis à Bruxelles et obtenu un master en Business Engineering de l’IAG à Louvain-la-Neuve. Il y a trois ans, il fondait Startup Factory après avoir été lui-même impliqué dans la fondation de l’accélérateur Co.Station. Baudouin est entrepreneur depuis 15 ans déjà. Durant toute cette période, il a aidé plus d’une vingtaine d’entreprises à démarrer.