Entreprendre, c’est aller au combat. Mais le combat pour le combat n’a pas de sens. Il faut savoir éviter celui-ci, tout en gagnant. C’est ce qu’explique Jean-Christophe Conticello, fondateur de Wemanity, entreprise de conseil et leader européen de la transformation Agile et digitale des entreprises. Pour ce faire, il s’inspire du 1er traité de stratégie militaire au monde, « L’Art de la guerre » (de Sun Tzu). Il en dégage quelques précieuses guidelines pour l’entrepreneur et le manager d’aujourd’hui.

Devenir un meneur d’hommes nouvelle génération

Une entreprise, c’est d’abord un entrepreneur. Et celui-ci est à la tête de l’aventure, mais pas n’importe comment. Jean-Christophe Conticello l’explique : « Diriger une entreprise de nos jours ne se fait plus sur le modèle des années 80. L’ère du Directeur Général tout puissant est révolue. La nouvelle génération d’entrepreneurs est davantage à l’écoute de ses équipes. Ces ‘généraux’ veillent à ce que chacun connaisse son rôle et son utilité au sein de l’équipe. Ils leur donnent aussi les moyens de devenir les meilleurs car on n’est pas le meilleur, on le devient. Pour ce faire, la formation ou l’amélioration continue – en langage militaire, ‘l’entraînement’ – aide à grandir et à faire grandir l’entreprise ».

Partager une stratégie claire avec ses troupes

Dans cette perspective moderne du management, les collaborateurs ne sont plus de simples exécutants : « Le chef d’entreprise a une vision claire et une stratégie. Dans le jargon militaire, on parlera de ‘plan d’actions’ et, en termes de management, il sera question de ‘roadmap’. Il s’agit de partager avec les équipes, de leur dire où l’on va (la direction ou la vision de l’entreprise) et à eux de définir le ‘Comment’, afin d’agir ensemble». Une façon de travailler avec ses troupes que Jean-Christophe Conticello utilise au sein même de son entreprise et qu’il propose à ses clients : « Nous travaillons avec des OKR  (Objectives and Key Results), comme par exemple Intel ou Google depuis une ou deux décennies. Il s’agit tout d’abord d’une méthode de travail qui aligne l’effort de la team vers un même but. Ensuite, c’est un échange de part et d’autre sur la fixation d’objectifs d’équipe puis déclinés individuellement, partagés par toute l’entreprise et ce de manière transparente ».

Fonctionner selon une même mission

Pour avancer ensemble et vers un même point, et donc atteindre son but, il importe aussi de connaître la mission de l’entreprise. Jean-Christophe Conticello le confirme : « Fonctionner selon une même logique et avec une bonne connaissance de soi et de son organisation constitue un des éléments-clés pour la réussite d’une entreprise. Ajoutez à cela la juste dose de discipline, et tout se met en place facilement. Cela rend prêt aussi à affronter l’adversaire ».

Voir en son concurrent un allié plutôt qu’un ennemi

L’adversaire ne doit pas toujours être vu comme un ennemi : « Tant chez Sun Tzu que dans une certaine vision de l’entrepreneuriat, le concurrent est davantage un adjuvant ou allié, plutôt qu’un opposant. Le benchmark, c’est observer le concurrent. Entre autres intérêts, cela permet de : 

- Identifier les faiblesses de l’adversaire et même de créer des perspectives. Les stratégies pour prendre le leadership, comme le growth hacking ou l’ubérisation, relèvent de cette façon de faire. Cela consiste ni plus ni moins à créer de nouveaux marchés en ‘ringardisant’ les anciennes façons de faire ;

- Bien connaître la valeur ajoutée de sa propre entreprise et ce, pour bien avoir toutes les armes en main. Sans différenciation forte ou valeur ajoutée (UVP pour ‘Unique Value Proposition’), il ne faut pas aller au combat. Affronter l’autre sur un terrain ou un marché qu’il maîtrise depuis longtemps, ce serait se tirer une balle dans le pied ».

Attaquer un marché au bon moment et au bon endroit

Tant pour faire la guerre que pour conquérir un marché, il importe de savoir agir au bon moment et au bon endroit : « Un concept peut être adopté aux USA dès aujourd’hui, mais ne pas fonctionner en Belgique ou alors 5 ans plus tard, voire même jamais ici. Et nous connaissons tous des exemples d’entrepreneurs qui ont échoué, alors qu’ils avaient la meilleure équipe ou encore d’excellents concepts et une vision parfaite de son marché. Tout cela parce qu’ils sont arrivés trop tôt ou trop tard sur leur marché ».

Vu sous cet angle, entreprendre c’est moins se battre que s’adapter à un écosystème pour en tirer le meilleur.

Jean-Christophe Conticello

Jean-Christophe Conticello

Jean-Christophe Conticello est un « serial entrepreneur » de New York à Paris, en passant par Londres et Bruxelles. Entre autres business innovants, il a fondé et dirige Wemanity Group. Cette société de conseil est le leader européen de la transformation Agile et digitale des entreprises.

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