C’est dans le cadre d’une soirée « Women inspiring the future », à l’initiative de BNPPF Wealth Management et du réseau féminin She & company que Bizcover a rencontré l’illustre tenniswoman Justine Henin. L’événement s’est tenu le 2 octobre dernier au Club Justine Henin, à Limelette, dans le Brabant wallon. Aux côtés des non moins célèbres athlète Tia Hellebaut et journaliste foot Christine Schréder, Justine Henin a échangé sur les enseignements du sport. Les trois femmes, en interaction avec le public, ont expliqué comment cela a servi leurs projets de vie et d’entreprise. Cela a aussi été l’occasion d’en savoir plus aussi sur la reconversion de Justine Henin en tant qu’entrepreneure ou encore sur son engagement au sein de sa fondation, l’asbl Justine For Kids, aux côtés d’enfants malades. Arrêts sur les moments-clés d’une soirée placée sous le signe du networking et du partage d’expérience entrepreneuriale.

Comment l’histoire personnelle peut forger un parcours tant sportif qu’entrepreneurial

En tant que sportive de haut niveau comme entrepreneure, Justine Henin a vraiment été portée par une passion de toujours ainsi qu’une determination à toute épreuve :

  • « Ma vocation de tenniswoman, je l’ai eue à l’âge de 5 ans. Sans le savoir, je pratiquais déjà une technique qui m’aura portée ensuite dans tous mes projets : la visualisation. Seule dans ma chambre, je me voyais après ma victoire à Roland-Garros. Je me roulais au sol, donnais des interviews, etc. Mon modèle était Steffi Graf. Aujourd’hui, j’encourage les enfants que j’accompagne dans ce sens : il n’y a aucun rêve ni projet fou ». 

  • A l’époque où Justine s’est lancée dans sa carrière sportive (ndlr : dans les années 90), le statut d’étudiant sportif n’existait pas plus que celui d’étudiant entrepreneur : « Avec une maman professeur, la priorité, c’était les études. A côté de cela, on me trouvait toujours quelque chose de trop ou trop peu – comme ma petite taille – susceptible de me desservir dans la carrière que j’envisageais. Alors que j’avais 12 ans, il y a eu un ‘avant’ et un ‘après’ la disparition prématurée de ma maman. J’ai dû apprendre à m’affirmer sans elle à mes côtés. La résilience a donc forgé mon mental. Ensuite, cela a été le fait de bonnes rencontres, et en particulier avec Carlos. Celui-ci a cru en mon potentiel et est devenu mon coach.

  • Cela vaut pour les partenaires en affaires aussi : il faut savoir s’investir et investir à terme dans les autres, en toute confiance. Il ne faut pas non plus changer une équipe qui peut gagner dès que survient la première épreuve, sportive comme entrepreneuriale. Je me suis trompée sur certaines relations, mais pas sur celles qui ont été fondamentales dans ma vie et mon parcours. J’ai toujours préféré prendre des risques, et ce, sans garantie de résultats, plutôt que de ne pas oser et de regretter ». 

  • « Mon parcours n’a pas été un long fleuve tranquille et j’ai eu des moments de doute, je savais que n’arriverais pas à Roland-Garros du jour au lendemain. Comme dans toute entreprise, le talent ou la technique ne suffisent pas. Il faut à la fois savoir travailler sa motivation et avoir l’envie, surtout celle de se dépasser. Il m’est évidemment arrivé d’être touchée dans ma motivation face à des résultats décevants. Que l’on soit seul ou entouré, c’est vraiment l’auto-motivation qui prime ».

Au tennis comme en entreprise, on est certes entouré mais on reste finalement seul à jouer le match : « Le travail sur la gestion des émotions et la responsabilisation est crucial. On peut échanger avec ses pairs, son équipe, etc. mais vient un moment où on est seul sur le terrain à devoir prendre la bonne décision. Enfin, comme dans tout projet, on doit savoir faire des choix : à 15-16 ans, alors que mes amis sortaient et s’amusaient, je devais m’entraîner. L’entourage doit aussi comprendre cet isolement, de même qu’accepter que le sportif – comme le chef d’entreprise – soit dans la lumière ».

Renoncer aux faux débats pour se concentrer sur son cœur de métier

Justine Henin a toujours agi telle qu’en elle-même plutôt qu’en tant que femme : « En ce qui me concerne, aussi bien comme sportive qu’entrepreneure, je ne fais pas de distinction hommes/femmes. Les débats sur la parité, y compris dans le tennis, me dépassent un peu. Je préfère me concentrer sur l’essentiel, revenir aux fondamentaux de mon métier. Tout le monde fait simplement partie d’une même équipe qui aide à gagner. A l’académie (ndlr : la Justine Henin Académy), nous travaillons aussi sans vraiment de hiérarchie, mais tous ensemble avec un même objectif ».


L’importance de la transmission d’expérience et du bon emploi de sa notoriété

Quand on devient n°1 mondial à 21 ans, on est pris par des questionnements. Une fois le « syndrome de l’imposteur » ou l’euphorie du succès dépassés, la réalité vous rattrape : « En ce qui me concerne, j’ai voulu ‘renvoyer l’ascenseur’, être dans le partage. C’est dans ce contexte que j’ai fondé Justine For Kids en 2008. Je rentre d’ailleurs d’un séjour au Canada, en compagnie des enfants de l’association. Loin de leur quotidien en milieu hospitalier, ils en sont revenus transformés. Mes propres enfants sont venus avec nous afin d’être sensibilisés au plus tôt à certaines réalités. Le partage d’expérience et de valeurs prime aussi au sein de mon académie, bien plus que la transmission de compétences techniques. Le contact avec tous ces jeunes me ramène à l’essentiel : le lendemain de ma défaite à Wimbledon, je suis partie avec eux et cela a tout remis en perspective ».

 

Cette soirée « Women inspiring the future » s’est conclue sur un constat : ce qui compte dans tout projet – de vie comme de carrière – c’est d’oser le changement. Justine Henin l’a très bien illustré : « Nous ne sommes plus à l’époque des carrières linéaires de nos parents. Il faut savoir penser en termes de reconversion. Surviennent alors de grandes périodes de doutes où il faut savoir ‘sentir les choses’. Il peut aussi y avoir des moments de ‘flottement’ entre deux projets. C’est là que le mental prévaut. Et cela vaut pour le sport comme dans toute aventure, humaine comme entrepreneuriale ».

Justine Henin

La très médaillée Justine Henin est une tenniswoman belge que l’on ne présente plus. C’est aussi une brillante entrepreneure, qui a fondé son académie en 2007. Au Club Justine Henin, son équipe forme des passionnés des courts. C’est également un restaurant ainsi qu’un lieu d’événements et de séminaires. En 2008, la sportive de haut niveau a créé son association au profit des enfants malades : Justine For Kids.