Travailler pendant toute sa vie pour la même entreprise ? C’est une trajectoire qui est de moins en moins probable. Pour la génération Y, née entre 1980 et 2000, ça ne correspond d’ailleurs pas à une aspiration. Ils veulent essayer plusieurs métiers et acquérir toutes sortes d’expériences. Dans de telles situations, le statut d’indépendant à titre complémentaire peut être une solution. Anouk Taeymans (30 ans) nous parle de ses expériences.

Quels sont les avantages ?

Il y a quatre ans, Anouk Taeymans travaillait encore en Norvège, avec un salaire extraordinaire et les conditions de travail du pays. Le travail idéal, selon toutes les apparences. « Et pourtant, je n’étais pas heureuse », explique-t-elle. « C’était un travail morose et j’ai vite réalisé que je voulais surtout me consacrer à mes propres projets. » Elle était donc revenue en Belgique où elle avait commencé à travailler dans un bureau d'architecture belge à temps partiel. « Le reste de mon temps, je le consacrais à la conception de MyShelf, une étagère murale qui s’adapte partout et que vous pouvez facilement emporter quand vous déménagez. »

Le statut d’indépendant à titre complémentaire est une option intéressante dans ces situations : cela vous permet 'd’essayer' le statut d’indépendant sans prendre trop de risques et d’en tirer un revenu. Dans le même temps, vous conservez naturellement tous les droits acquis dans le cadre de votre activité comme salarié. De plus, vous pouvez déduire vos frais professionnels comme dépenses d’entreprise et récupérer la TVA. 

À quelles obligations devez-vous satisfaire ?

Il y a tout de même un certain nombre d’obligations que vous ne devez pas négliger. Ainsi, vous devez effectuer le même parcours administratif qu’un indépendant à titre principal, y compris l’affiliation à un secrétariat social, le paiement des cotisations sociales et la présentation de vos déclarations de TVA. Avec vos revenus d’indépendant, vous pouvez être assujetti(e) à une tranche d’imposition supérieure. Vous payez plus d’impôts, mais vous n’obtenez pas autant de prestations en contrepartie. Parce que vous n’accumulez pas des droits sociaux supplémentaires, vos cotisations sont purement des cotisations de solidarité pour les autres. Cependant, vous n’avez pas droit à des allocations familiales supplémentaires, à une assurance faillite ou à la pension. Enfin, dans la plupart des cas, une activité d’indépendant exige beaucoup de temps et d’efforts, ce qui peut avoir un impact significatif sur votre équilibre travail-vie personnelle. Il est donc important de bien soupeser le tout avant de vous engager sur cette voie. Pour la partie administrative, vous pouvez bien entendu faire appel à un comptable.

Transition vers le statut d’indépendant à titre principal

Malgré certains inconvénients, Taeymans ne regrettait pas son choix et a donc décidé d'adopter le statut d’indépendant à temps plein. « Entre-temps, j'avais aussi lancé avec une amie une marque de vêtements pour une ligne de sweaters : 'Bitch Please'. C’était la période où les sweaters avec un message ironique étaient très en vogue. Cela avait commencé comme une plaisanterie, mais la marque avait rapidement été repérée par des personnes connues et, avant même que nous ne puissions réaliser ce qui nous arrivait, nos sweaters étaient en vente dans une trentaine, une quarantaine de magasins. Dans le même temps, les prototypes de MyShelf étaient sortis et je réalisais de plus en plus de projets de décoration d’intérieur comme architecte indépendante. J’étais littéralement débordée. »

Comme tout évoluait aussi favorablement, Anouk décida de quitter le bureau d'architecture pour s’établir à son propre compte à temps plein avant que MyShelf ne soit lancé sur le marché. « J’ai connu quelques mois difficiles sur le plan financier, parce que mes dépenses étaient supérieures à mes recettes », explique-t-elle. « Mais j’ai été contactée juste à temps par la chaîne de télévision Vier qui m’a demandé d’intervenir dans quelques programmes comme spécialiste en design. Et cela m’a heureusement permis d'assurer ma stabilité financière. »

Anouk Taeymans

Anouk Taeymans

Anouk Taeymans (30) a grandi à Zandhoven et a fait des études d’ingénieur civil-architecte à Louvain. Après avoir obtenu son diplôme, elle est partie travailler en Norvège comme architecte en 2010. Quatre ans plus tard, elle est rentrée en Belgique où elle a lancé sur le marché sa propre étagère murale et une collection de sweaters et où elle collabore avec différents programmes de télévision comme spécialiste en décoration d’intérieur.