Seulement 35% des indépendants sont des femmes, ce qui démontre qu’elles sont encore largement sous-représentées dans le monde de l’entreprenariat. Toutefois, elles représentent un énorme potentiel. Le Syndicat Neutre des Indépendants (SNI) a notamment reconnu que les femmes ont 30% de chances en moins que les hommes de faire faillite. Le professeur Katleen De Stobbeleir explique pourquoi elles entreprennent moins et comment y remédier. 

Préjugés contre les femmes

“Les femmes entrepreneurs rencontrent de nombreux obstacles qui n’impactent pas les hommes. Souvent, ce sont des choses tellement subtiles et si imbriquées dans la société et que nous ne les remarquons même pas. Des études démontrent par exemple qu’il est socialement accepté pour les hommes d’interrompre leurs congénères, ce qui ne l’est pas pour les femmes”, souligne De Stobbeleir.

“De plus, les femmes sont plus facilement susceptibles de choisir leur famille. 40% des femmes travaillent à mi-temps, tandis que seuls 7% des hommes le font. La carrière de monsieur passe donc la plupart du temps avant celle de madame et cela dissuade les femmes de lancer leur propre business.”

Les besoins de la femme entrepreneur

“Ce dont le monde entrepreneurial a bel et bien besoin est un changement de mentalité. Ce n’est que lorsque nous osons nommer les différences entre hommes et femmes que nous pouvons éliminer ces inégalités. Par exemple, les hommes, quelles que soient leurs compétences, se sentent plus rapidement dans leur élément lorsqu’il exercent une fonction dirigeante que les femmes. C’est pour cela qu’avec JUMP– un réseau qui aide les femmes dans leurs projets professionnels – nous organisons des ateliers qui attirent l’attention sur les préjugés inconscients”, ajoute le professeur. 

“Mais cela n’est évidemment pas suffisant. Le désir d’entreprendre doit être encouragé dès le plus jeune âge, et ce, aussi chez les femmes. Pour ce faire, elles ont besoin de modèles forts. Ceux-ci existent bel et bien en Belgique mais sont malheureusement rarement mis en avant. C’est pourquoi j’encourage fermement des initiatives telles que le WOMED award, organisé par Markant, un réseau pour les femmes entrepreneurs, qui récompense la femme entrepreneur de l’année”, poursuit l’universitaire.

Conseils pour la femme entrepreneur

Si vous  souhaitez devenir ce prochain modèle ou démarrer votre propre entreprise, gardez en tête les conseils suivants. Vous pouvez bénéficier du soutien de différentes instances et organisations. Des réseaux de femmes tels que JUMP ou Markant, déjà nommés ci-dessus, peuvent vous mettre en contact avec d’autres femmes entrepreneurs (link netwerken). Féminin PME, une initiative d’Innovation et Développement, propose également, en tant que premier accélérateur de croissance au féminin en Région Wallonne,  un accompagnement sur mesure pour les femmes porteuses de projets.

“A côté de cela, les femmes ont souvent tendance à beaucoup se concentrer sur les soft skills telles que le people management. Essayez dès lors de jeter un regard plus large pour ne pas perdre de vue les hard skills, qui vous seront indéniablement d’une grande utilité dans le business”, remarque De Stobbeleir.

“Avant de conclure, je voudrais encore dire une chose aux femmes qui se lancent : ne vous sous-estimez pas. Les femmes sont plus réservées que les hommes, mais de ce fait, elles font également des choix plus réfléchis. Ne vous laissez donc pas distraire par les critiques ou de les avis contraires et croyez en vous-même !"

Katleen De Stobbeleir

Contributeur:

Katleen De Stobbeleir

Katleen De Stobbeleir est Professeur associée en Gestion des Ressources Humaines et Leadership à la Vlerick Business School. Elle soutient également JUMP, un réseau qui vise à promouvoir les femmes sur le plan professionnel. 

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