Cinq étudiants bruxellois transforment l’essai de leur mini-entreprise en véritable business tout en démarrant des études supérieures. Alexandre Wery nous détaille les règles fixées avec ses quatre camarades de classe pour mener à bien ce programme ambitieux.

1. Aller au bout de ses projets

Au départ, nous étions onze rhétoriciens du collège Saint-Hubert de Bruxelles à nous lancer dans un projet original : déconnecter les gens pour mieux les réunir autour d'un jeu convivial. En quelques mois, nous avons créé « Form Up », un jeu de 56 cartes basé sur des combinaisons de formes. Notre originalité, c'est que tout est fabriqué à partir de matériaux durables. « Idée séduisante sur papier, mais tout n’a pas été facile : nous avons essuyé beaucoup de refus ». Au bout du dixième essai, nous avons réussi à séduire des détaillants – en Belgique, en France et en Suisse - qui ont accepté de commercialiser notre jeu. Entretemps, nous avons remporté la finale belge des mini-entreprises et raté de peu le premier prix européen, décerné en Suisse en août dernier. Cela dit, nous avons tout de même remporté le « Fedex Access Award » - une grande fierté ! 

2. Transformer l'essai rapidement

Des onze du début, nous sommes à présent cinq. Et nous continuons plus que jamais à y croire, avec pour objectif à court terme de créer une véritable structure légale, une SPRL. Pour cela, nous avons besoin de réunir un peu plus de 6.200 euros. Cette somme - qui doit être libérée à la création de notre boîte - peut paraître importante, mais nous sommes déjà certains d'y arriver. Nous avons travaillé pour.

3. Le business comme mise en pratique des études

Mes quatre associés et moi-même avons un point commun. Nos études supérieures démarrent en même temps (ingénieur de gestion à l’UCL pour moi). Nous sommes conscients que le défi est de taille : nous allons devoir mener de front cours, blocus et le lancement de nos affaires. Est-on intimidé ? Pas vraiment, car l'expérience de la mini-entreprise nous a prouvé que c'était possible, mais pas question cette fois d'aménager les heures de cours pour se consacrer au business. Il va falloir nous réunir en dehors des amphis, plus forcément pour faire la fête (ou alors, moins souvent). Nous savons que nous allons devoir faire une croix sur l’une ou l’autre sortie, que ce sera forcément plus compliqué durant le blocus, mais l’enjeu en vaut la peine. « Les études ne nous intimident pas, elles nous boostent ». C'est l'occasion pour chacun de mettre la théorie immédiatement en pratique : notre entourage l'a compris et nous soutient dans cette démarche.

4. Miser sur les forces et le réseau de chacun

Nous allons travailler de manière autonome et nous réunir deux à trois fois par semaine. Nous avons conscience d'être complémentaires et c'est un sérieux atout. Chacun aura un rôle précis dans la nouvelle structure : directeur des ventes, graphisme, responsable fournisseurs, ventes, Web. Nous sommes cinq et pouvons faire jouer le réseau de chacun dans cette formidable aventure : parents et proches - pas forcément entrepreneurs - nous mettent en relation avec des avocats, banquiers, notaires de confiance ou encore un coach. Leur expérience est indispensable pour cadrer notre travail, mais certainement pas le faire à notre place. Nous voulons apprendre. Nous ne sommes pas simplement des étudiants entrepreneurs, mais de jeunes entrepreneurs, avec les mêmes difficultés que tous ceux qui débutent.

5. Garder le cap

Nous avons démarré début septembre et procédons par étapes. La première est la définition de notre business plan, pour mieux inscrire nos premiers objectifs. Par exemple, la prise de contact avec de grandes enseignes (Broze, Dreamland) pour signer les premiers contrats de livraison à l'horizon des fêtes de fin d'année 2017. La SPRL sera, elle, opérationnelle dans les mois à venir déjà. Pour transformer le premier essai en réussite, nous sommes lucides : nous avons déjà appris de nos erreurs, allons corriger quelques imperfections dans notre premier jeu et pensons déjà à la suite. L'équipe fourmille d'idées pour créer d'autres produits.

Alexandre Wery

Alexandre Wéry

Étudiant en ingénieur de gestion à l’UCL, Alexandre Wery a créé, avec 10 autres camarades de classe, la mini-entreprise Form Up en septembre 2015 lors de sa dernière année de secondaire au collège Saint-Hubert de Watermael-Boitsfort. Sa passion ? Le monde de l’entreprise.

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