En cette période de Toussaint, Bizcover se penche sur un secteur d’activité plutôt sensible : la mort. Comme certains métiers un peu tabou ou de l’ombre, les pompes funèbres ont leur marché, avec ses défis mais aussi ses opportunités et bonnes pratiques. Témoignage de Charles Greindl, co-fondateur de l’entreprise de funérailles A&G Funeral Group. Il met ici en bière de nombreux préjugés tout en évoquant un vrai métier.

Avant tout un projet entrepreneurial

Le secteur funéraire peut a priori sembler particulier, mais il est possible d’y porter tout un projet d’entreprise. Charles Greindl explique : « Notre entreprise en funérailles est la rencontre de trois profils complémentaires. L’un des partenaires, actif dans le secteur depuis plusieurs générations, a apporté son expérience. Le second, se partageant entre sa carrière au théâtre et notre métier, est davantage en charge des relations publiques, du networking et d’une clientèle ciblée. Et moi-même, disposant d’un background plus business, je travaille davantage sur l’axe développement de notre société. Celle-ci a grandi, multiplié ses antennes à Bruxelles et dans le Brabant Wallon pour être au plus proche de nos clients. Nous avons engagé et développé l’équipe commerciale mais aussi boosté la digitalisation de notre activité ». 

La construction d’un projet entrepreneurial dans un secteur sensible passe donc par les mêmes étapes que tout autre entreprise : recherche de financements, de partenaires, mise en place d’un plan marketing et communication, etc.

Une offre de services one-stop-shop pour toujours plus d’empathie auprès du client

A mille lieues des clichés associés au secteur des funérailles, Charles Greindl est donc avant tout un entrepreneur. Il sait mettre ses connaissances des affaires au service de l’intelligence émotionnelle, indispensable dans la profession : « Nous nous définissons plutôt comme des ‘facilitateurs de transition’. On peut nous consulter avant, pendant et après le décès. Des questions telles que le financement ou l’assurance se posent, et ce, pour éviter aux proches d’agir dans l’urgence ou sans comparer les offres. Nous proposons aussi bien des formules ‘budget’ que ‘premium’, et ce, pour que toute personne puisse accéder à ce type de service en toute dignité ».

Identifier les nouveaux besoins client et opportunités propres au secteur

Le métier répond aussi aux règles du marketing : « Le secteur bouge et le client évolue. Il demande, par exemple, plus de transparence. Par contre, la Belgique est encore à la traîne par rapport à ses voisins, où la majorité d’entre eux organisent leurs propres funérailles de leur vivant. On note aussi un intérêt d’investisseurs pour le secteur. Il y a donc un marché avec ses opportunités, ses concurrents, etc. Aussi faut-il savoir se diversifier et se tenir au courant des nouveautés. Pensons au compostage humain, à la réalisation de diamants en cendres humaines, etc. Enfin, ayant compris que les habitudes et façons de consommer varient selon les communautés et quartiers, nous avons opté pour le travail en réseau, et non avec un seul point de service ».

Communication 2.0 et intelligence artificielle gagnent tous les secteurs

Dans le secteur « touchy » des funérailles, la communication revêt certaines particularités. Charles Greindl illustre : « Tant le client que nous-mêmes devons à la fois informer, tout en restant dignes et discrets. A côté des journaux, faire-parts, bouche-à-oreille ou encore recommandations, nous constatons combien les nouvelles technologies et la digitalisation peuvent être précieuses. Il s’agit par exemple de :

  • Registres de condoléances en ligne, commandes de fleurs par Internet et autres formes d’e-commerce… Et pourquoi pas recourir à l’intelligence artificielle, via une application qui adresserait aux contacts du défunt un avis de décès via smartphone ? En effet, à notre époque, qui épluche encore les rubriques nécrologiques dans les quotidiens ? ;
  • Référencement naturel et autres techniques SEO : sur tout site Internet, il est possible de coder les pages, employer des mots-clés pertinents, créer un blog, et ce, quel que soit le secteur d’activité ;
  • Marketing digital : mailings et réseaux sociaux touchent de plus en plus les groupes-cibles. Ils apportent plus de retours et de visibilité ;
  • Pages Facebook ou forums thématiques et autres échanges virtuels de bonnes pratiques : c’est l’occasion d’exercer une certaine veille, de cerner les attentes des consommateurs, de se manifester dans les conversations, etc. ;
  • Simulation en ligne : très utile dans des métiers où il peut être difficile d’aller prendre ses renseignements sur place. Cela permet aussi de se faire une idée du coût et cela évite les mauvaises surprises le moment venu ;
  • Même chose des chatbots, à mi-chemin de l’échange virtuel et du contact réel ;
  • … »

On dit souvent ironiquement que le marché des funérailles ne connaît pas de saison morte. Mais il ne s’agit pas pour autant d’une activité qui génère des millions : « Si l’on veut garantir un service de qualité, il faut immanquablement engager du personnel qualifié et créer une structure plus conséquente et avec de plus gros frais ». C’est un métier où business et humain se côtoient, et donc bien plus qu’un simple « service après-vie ».

Photo_Charles Greindl

Charles Greindl

Charles-André Greindl est actif dans le secteur des funérailles depuis qu’il a obtenu, en 2005, son diplôme à la Solvay Business School. Aujourd’hui et depuis 2010, il est partner et CEO chez A&G Funeral Group, entreprise de services funéraires avec des antennes dans plusieurs communes bruxelloises et le Brabant Wallon.