« La valeur n’attend pas le nombre des années », dit-on. On y croit lorsque l’on voit Romain Hault, qui avait déjà commercialisé un jeu vidéo à 15 ans. Deux ans plus tard, il est occupé à développer sa start-up, Kiwert. On le surnomme « le Baby VentureLab » (du nom de son incubateur, VentureLab). Il explique comment il dépasse les a priori liés à son jeune âge, tout en développant déjà une vision managériale qui ne manque pas de maturité.

Etre crédible en tant que jeune entrepreneur

« Sur le plan pratique, au stade de la start-up, les problèmes d’âge ne se posent pas. C’est lors de la création même de la société qu’il faut avoir atteint la majorité. Une des solutions qui s’offrent alors est de temporairement laisser la gérance de la start-up à un membre de sa famille par exemple. Ensuite, être le 'Baby VentureLab', cela aide. En effet, cela suscite la curiosité et l’intérêt de tous. Par contre, je sais que je dois m’efforcer de faire passer les choses concrètement devant mes partenaires potentiels. C’est important puisque je suis en recherche d’investisseurs. Donc actuellement, nous travaillons cette crédibilité, tout en investiguant les pistes pour me permettre de poursuivre mon activité sans avoir encore 18 ans. »

Aller chercher de l’expertise et des conseils auprès de ses aînés

Et quand il dit « nous », Romain Hault parle de ceux qui le soutiennent dans son quotidien de jeune entrepreneur. Ce sont ses parents, mais aussi son coach du VentureLab, accélérateur de start-ups : « Au sein de cet incubateur, je trouve l’expérience professionnelle que je n’ai pas encore, mais aussi les compétences tant en business plan qu’en gestion de projet. Je suis mis en contact avec des experts. Par exemple des avocats, pour tout ce qui est juridique. C’est au VentureLab aussi que j’ai fait évoluer mon projet : de la conception de jeux vidéo, c’est devenu une communauté de création d’applications, et à présent une plateforme de développement de projets technologiques ».

Obtenir les dérogations nécessaires

Il est possible d’obtenir le statut d’étudiant entrepreneur mais uniquement à partir de l’enseignement supérieur. Pour contourner ce petit souci de timing, le jeune entrepreneur a trouvé la solution auprès de son établissement scolaire : « Mon école aussi me soutient dans mon projet. J’ai obtenu auprès de la direction les dérogations nécessaires pour assister aux réunions qui se tiennent en journée avec mes partenaires et coaches. Ce n’est pas l’envie de brosser les cours qui me motive, c’est celle de développer toujours plus mon projet ».

Se créer des perspectives et décider de son avenir

Et ses professeurs voient d’un très bon œil cet élève un peu hors du lot. Non seulement il a de bonnes notes, mais il en arrive même à faire émulation : « Kiwert c’est une communauté à laquelle participent aussi des copains de classe. Chacun y vient avec son projet pour le faire grandir et y trouver un encadrement. Cela crée des perspectives. Ma vie d’étudiant a un vrai sens : je ne vais plus à l’école avec l’idée d’obtenir un diplôme, mais je sais que j’y gagne en connaissances utiles pour mon activité d’aujourd’hui et de demain. Alors que certains élèves ne savent pas encore à quoi ils se destinent ou suivent les cours par obligation, mon activité de starter m’a permis de voir clair sur ce que je voulais faire. Je ne vais pas faire certaines études parce qu’il y a des débouchés ou que l’on m’encourage dans cette voie. Je vais m’inscrire à HEC Liège, dans quelques mois, parce que j’ai pris goût à la gestion d’entreprise ».

Avoir une vision claire et acquérir de l’expérience

En décidant de son avenir dès à présent, Romain Hault s’épanouit. Et cela rend d’autant plus gérable les contraintes et la charge de travail liées à cette double vie études-travail. Il y parvient aussi en gardant le sens des priorités et surtout une vision déjà très managériale :

  • bien séparer ses 2 vies, avec 2 agendas bien distincts et leurs « to do » respectifs ;
  • continuer de se former, pas seulement aux cours mais en assistant à des conférences métier, entrepreneuriat, management, etc. ;
  • affiner les contours de sa mission et créer de la valeur humaine et professionnelle : « Parmi mes copains de classe, il y a de vrais potentiels (en développement ICT, infographie…). En les faisant collaborer chez Kiwert, au moins quand ils sortiront de l’école, ils ne se verront pas refuser des postes pour manque d’expérience. Sur leur CV, plutôt que des stages en entreprise, il y aura déjà du concret. Ils seront déjà bien opérationnels aussi : ceux qui mettent 7 mois pour développer une application ne mettent plus que 10-20 jours avec la pratique. Nous sommes en train de former une communauté de jeunes motivés par le développement de business et l’acquisition de compétences ».

Romain Hault

Contributeur:

Romain Hault

En 2016, alors âgé de 16 ans, Romain Hault a lancé sa start-up, Kiwert. Il s’agit d’une plateforme de développement de projets technologiques liés aux applications mobiles.

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