Eric Lagache, gérant d'Eurohop, a repris en 1973 l'exploitation de houblon de son oncle et de sa tante. Depuis lors, il a vu sa superficie cultivable passer de 10 ha à 22 ha, soit plus qu'un doublement de la surface agraire. Pour ce faire, il a dû se convertir de paysan en véritable homme d'affaires.

Osez investir pour grandir !

Eric Lagache, producteur de houblon à Poperinge, explique comment il est passé de fermier à homme d'affaires en osant investir et aller de l'avant !

D'éleveur de porcs à cultivateur de houblon

“En 1973, la culture du houblon n'était pas une activité très rentable. Souvent, nous vendions notre récolte à prix coûtant. A l'époque, nous avions encore des porcs et combinions les deux activités", se souvient Lagache. “Mais depuis lors, le prix du houblon, et donc également notre marge bénéficiaire, a fortement augmenté. Cette hausse s'explique par l'arrivée des micro-brasseries, surtout à l'étranger. J'ai dès lors décidé dans les années '80 de me séparer des porcs et de me concentrer pleinement sur le houblon.”

“Cette évolution n'a toutefois pas été évidente. Sachant que les brasseries belges n'achetaient pratiquement pas de houblon chez nous, - ce qui est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui -, j'ai dû trouver des acheteurs étrangers. Par chance, j'avais déjà des connexions à l'étranger et j'avais déjà fait mes armes. Par ailleurs, j'ai acheté un café où l'on servait un large assortiment de bières belges. Cela m'a également aidé à promouvoir mon propre houblon."

Houblon : un choix gagnant ?

Lagache est la preuve vivante que le houblon peut être rentable. Pourtant, il tient à émettre certaines réserves. "L'incertitude représente un frein. Surtout par rapport à l'étranger où le houblon est cultivé sur de très grandes surfaces, alors que la Belgique est quelque peu en retard. Ici, tout est resté à petite échelle, ce qui est souvent source d'inefficacité. C'est ainsi que pratiquement chaque cultivateur a son propre matériel de récolte du houblon, alors que ce type d'équipement, de même que d'autres machines d'ailleurs, pourrait facilement être acheté en commun pour être ensuite partagé.”

“La culture du houblon nécessite toujours beaucoup de main-d'oeuvre, ce qui rebute de nombreux collègues. Il faut en effet être très courageux pour se lancer dans la culture du houblon. Je constate dès lors que de nombreux jeunes renoncent et refusent de reprendre l'affaire familiale. C'est ainsi que les exploitations de culture du houblon disparaissent lentement en Belgique.”

Quel avenir ?

“Si tout continue à bien se passer pour l'instant, nous devons toujours tenir compte d'une possible surabondance de l'offre, avec pour conséquence une baisse des prix", s'alarme encore notre exploitant. "Dès lors, notre ambition est toujours de conclure des contrats à 5 ou 6 ans avec les brasseries et d'essayer de les prolonger sur base annuelle. Du coup, nous pouvons profiter d'une certaine certitude sur nos prix pour une période relativement longue. Cette situation contraste nettement avec le passé où nous étions totalement dépendants de l'offre et de la demande. Si des défis subsistent, j'estime que le houblon a certainement encore un avenir.”

eric lagache

Contributeur:

Eric Lagache

Eric Lagache a repris en 1973 l'exploitation de culture du houblon de sa tante et de son oncle, laquelle se trouvait dans la famille depuis plusieurs générations déjà. Il a porté la surface de culture de 10 Ha à 22 Ha et défend désormais les intérêts commerciaux de son entreprise, alors que son fils se charge des cultures de houblon.

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