Ubérisation, économie participative et nouvelles pratiques sociales, notre environnement stimule régulièrement le foisonnement d’idées prometteuses. Si la construction d’un business model permet de valider la viabilité d’une idée, il reste à savoir par où commencer pour monter un projet. Benjamin Pirard, gérant de la start-up Go4Padel, guidée par l’écosystème de soutien VentureLab, raconte comment la découverte d’un nouveau hobby avec Boris Antoine s’est changée en projet d’entreprise.

Convaincre ses partenaires

Notre objectif était de proposer aux clubs de sports un outil efficace pour la gestion d’infrastructures sportives à commencer par le Padel, sport de raquettes dérivé du tennis. Par ailleurs, nous voulions leur offrir une expertise technique quant à la construction d’infrastructures de Padel et leur proposer des solutions financières pour débloquer certaines situations. Pour ce faire, nous avions besoin de trois éléments : des investisseurs prêts à prendre des risques, d’une plateforme informatique génératrice de valeur ajoutée pour les joueurs et de clubs sportifs (partenaires physiques).

Mais comment convaincre ces trois partenaires de prendre le risque de l’aventure ?

Première étape : la proposition de valeur

Pour convaincre les informaticiens de nous suivre sans être rémunérés dès le départ et pour ensuite lever des fonds, nous avons dû construire des promesses de vente. Go4Padel s’adressant à une multitude de joueurs, des engagements sur des locations auraient été trop importants pour être réalistes (le modèle n’est en effet rentable qu’à partir d’une masse critique regroupant des milliers de joueurs). Nous avons donc sélectionné des clubs de tennis qui pourraient implanter des courts de Padel en leur sein. La démarche fut longue puisqu’il nous a fallu leur faire comprendre ce qu’était le Padel, notre proposition de valeur et ce que ce sport pouvait leur apporter. Après des dizaines de réunions, nous sommes parvenus à contractualiser des promesses d’implantation de courts.

Deuxième étape : le site Web, notre valeur ajoutée

Lorsque les partenariats —traits d’union avec les joueurs— ont été établis, il nous a fallu nous concentrer sur la mise en place de notre proposition de valeur. Celle-ci réside dans nos compétences techniques, dans la qualité de la relation que nous mettons en place avec les clubs, mais surtout dans notre site internet. Ce dernier doit garantir un support ergonomique pour les joueurs et contrôler les flux de revenus afin que les clubs aient une vision transparente et juste des fréquentations des terrains de Padel.

En mars 2016, nos partenaires informaticiens ont été séduits par les promesses d’implantation de courts et ont créé un site internet opérationnel en seulement 45 jours. S’en est suivi une période de rush où nous avons dû passer de croquis à un site fonctionnel (base de données, serveur, front end, back end, etc.).

Troisième étape : les moyens

Notre valeur ajoutée mise en exergue par notre site, il ne nous restait plus que de trouver les moyens financiers pour réaliser les constructions et payer nos informaticiens. Grâce au Tax Shelter pour start-ups nous sommes parvenus, au terme de 4 séances d’information, à réunir 24 investisseurs que nous connaissions de près, de loin ou pas du tout. Au terme de la valorisation de la start-up, nous étions en mesure d’acter l’augmentation de capital chez notre notaire et de réaliser nos quatre premiers courts à Liège et à Sprimont.

Le choix de l’ordre pour convaincre nos partenaires les uns après les autres, fut déterminant. Au début, on nous disait que sans appuis financiers, personne ne croirait au projet. Nous nous sommes concentrés sur l’accès au marché et sur la mise en place de notre proposition de valeur avant d’aller chercher les investisseurs et cela nous a permis d’avoir une approche économe dans un premier temps ainsi que de faire notre augmentation de capital en un mois. Aujourd’hui, nous souhaitons agrandir le réseau avec plusieurs nouveaux clubs en 2017.

Pour conclure, je pense qu’il est primordial de ne pas considérer les moyens financiers comme la première étape incontournable d’un projet entrepreneurial. Maintenant que la première saison s’est déroulée et que nous avons du capital et un peu de cash, nos rapports avec notre banquier ont changés et il n’est pas exclu de travailler ensemble dans un avenir proche. Cette collaboration, qui pour lui était impensable il y a quelques mois, s’applique aussi pour des organismes d’aides au développement tels que la Sowalfin, ou des investisseurs institutionnels.

Dès lors que l’on se concentre sur la mise en place des garanties de succès d’une idée, les moyens matériels suivent avec plus d’aisance que je ne l’aurai jamais imaginé.

 

Alors, foncez !

Benjamin Pirard

Contributeur:

Benjamin Pirard

Benjamin Pirard, gérant de Go4Padel, est diplômé de commerce extérieur de l’Helmo. Ce passionné de voyage et d’évènementiel s’est formé à l’école du scoutisme. Sa gestion des relations humaines suggère chez Go4Padel la mise en place de partenariats créatifs basés sur la confiance et la transparence.

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