Avant de trouver la formule du succès, certains entrepreneurs passent par différents chemins professionnels. Tim De Taeye fait partie de ces entrepreneurs : il a commencé comme architecte, puis est devenu directeur commercial et planificateur d'événements indépendant, avant de finalement ouvrir un hôtel-boutique à Knokke-Heist avec son épouse Tine Vanparijs. Découvrez son parcours.

Une opportunité au bon moment

« Je suis architecte de formation. Après mon stage, j'ai pu commencer chez Glenn Sestig Architects, un bureau d'architectes gantois, pour ensuite travailler à New York chez d'Apostrophe Design. Même si j'ai toujours fait mon travail avec beaucoup d'amour, cela pouvait souvent être un chemin de croix : une fois la phase de conception terminée, l'aspect créatif reste lui très limité. De plus, vous devez souvent compter sur d'autres personnes pour la réalisation de vos projets, et si celles-ci ne réalisent pas votre projet comme vous l'aviez imaginé, ou si elles ne le font pas avec le même degré de professionnalisme, cela peut être très frustrant. C’est pourquoi, après six ans, j'ai décidé de faire quelque chose de différent et j'ai donc commencé à travailler comme directeur commercial et créatif pour le fabricant de cuisines Obumex. Là-bas aussi, je suis resté sur ma faim au niveau créatif, alors j'ai à nouveau changé d’orientation pour m’essayer en tant que planificateur d'événements indépendant. Ça non plus, ça n’était pas évident : premièrement, il fallait trouver des clients et deuxièmement, il fallait trouver des clients qui me donnaient la liberté d'imaginer des concepts globaux, parce qu’au final c'est ce dont je rêvais. »

« Entre-temps, ma femme et moi commencions à penser à notre ville de résidence, Knokke, et à ce qui y manquait. Nous avons constaté que, malgré l'attrait et le potentiel économique de la municipalité, il n'y avait nulle part un lieu où l’on pouvait prendre un petit déjeuner, un brunch ou encore la présence d’un bar lounge. Lorsqu'à un moment donné, nous sommes entrés par tout hasard dans un Bed & Breakfast (B&B) et avons demandé aux propriétaires quels étaient leurs plans et leurs perspectives pour l'avenir, ils semblaient ne pas en avoir et surtout ne plus en vouloir. Après une courte réflexion, nous avons décidé de tenter notre chance et de reprendre l'entreprise. »

Miser sur une expérience complète

« En raison de ma passion pour les expériences complètes, nous avons décidé de ne pas simplement reprendre le B&B, mais d'en faire un hôtel-boutique avec  restaurant où tout se déroulerait de A à Z, et où je pourrais rassembler toutes mes passions et expériences passées. Nous avons fait les rénovations nécessaires : j'ai fait les esquisses et les plans, et ma femme Tine s'est occupée des couleurs, de l’aménagement et de la finition. Nous avons choisi Enso comme nom, un signe japonais qui a plusieurs significations comme celle de l'imperfection. Ce signe a également été utilisé par les artistes japonais comme ‘exercice’ : ils peignaient le symbole des dizaines, voire des centaines de fois à la suite de l’autre pour vider leur esprit et ainsi pouvoir créer des œuvres. Cette paix et cette hospitalité irréprochable, c'est ce que nous voulons offrir à nos hôtes chez Enso. »

« Pendant les rénovations, nous avons également installé une cuisine industrielle. En ce qui concerne le restaurant, nous ne travaillons qu'à la carte, et donc pas avec un buffet, afin d'attirer également des clients non-hôteliers. Cela fonctionne à merveille : depuis peu le restaurant a commencé à prendre la main sur l'hôtel. À l'avenir, nous pourrons peut-être sous-traiter un peu plus, mais pour l'instant, avec l'aide de notre équipe, nous essayons de faire un maximum nous-mêmes, afin de mettre les choses au point et de peaufiner là où c’est nécessaire. Cela n'est pas toujours facile, ma femme a aussi sa ligne de vêtements From Paris, et nous avons également trois enfants. Elle a donc trois affaires à gérer en même temps. »

Toujours viser mieux

« Nous n'avions jamais pensé nous retrouver dans l’Horeca, et certainement pas à gérer un hôtel : presque tous les promoteurs de projets en Belgique ont une vue sur Knokke, et donc, dans un certain sens, être tombé sur ce Bed & Breakfast était un véritable coup de chance. Notre plus grande difficulté a été l'élaboration d'un plan financier : dans le secteur de l'Horeca, il y a toujours beaucoup d'inconnues, surtout à la côte où l’on est par exemple fortement dépendant du temps, ce qui rend très difficile l'estimation correcte de ses revenus. De plus, il faut toujours un certain temps pour que les gens vous connaissent et viennent dans votre établissement. »

« Heureusement, BNP Paribas Fortis nous a apporté son soutien dans la réalisation de ce plan : dès le début, ils ont été très enthousiastes vis-à-vis de notre projet et nous ont aidé à l’élaborer. Ils ont également été très transparents, offrant des tarifs compétitifs et un accompagnement très personnel dès le départ. J'ai donc décidé d'y transférer tous les comptes, y compris ceux de l'entreprise : une décision que je ne regrette toujours pas. Leur foi et leur enthousiasme nous ont donné la confiance dont nous avions besoin pour franchir le pas et aller jusqu'au bout. »

« Cette confiance était importante, parce que nous sommes assez stricts avec nous-mêmes et que nous ne sommes pas facilement satisfaits. C'est peut-être ma valeur la plus importante en tant qu'entrepreneur : ne vous reposez jamais sur vos lauriers, et demandez-vous toujours ce qui pourrait être amélioré. Si, comme nous, vous voulez offrir à vos clients une expérience et une hospitalité parfaites, alors une telle attitude autocritique est essentielle. »

 

Tim de Taeye

Tim De Taeye

Tim De Taeye est architecte de formation. Après avoir pris différents chemins professionnels, lui et sa femme Tine Vanparijs reprirent en 2017, un Bed & Breakfast à Knokke-Heist, qu'ils ont transformé avec succès : l’hôtel Enso, un hôtel-boutique avec restaurant.