Comment garder les valeurs familiales tout en faisant évoluer le métier ? C’est la question que l’on peut se poser quand on rejoint l’entreprise familiale qui a su trouver son rythme au fil des trois générations précédentes. Maxime Meeckers, arrière-petit-fils des fondateurs de Tricobel, entreprise active dans le textile depuis 80 ans, raconte comment il revisite les valeurs familiales avec son regard de ‘digital native’.

Instaurer des valeurs immuables

« Au sein de l’entreprise, nos valeurs sont : l’orientation client, l’ouverture d’esprit, la performance, la rigueur, l’implication et la bienveillance ». Et tout cela reste immuable depuis quatre générations : « Nous veillons à ce que ces valeurs soient respectées au quotidien par nos équipes. Nous nous appuyons dessus également lors de tout recrutement ainsi que des évaluations annuelles de nos collaborateurs. Et nous ne manquons pas de rappeler ces bases lors des fêtes du personnel, des feedbacks annuels et des séances d’information sur les prévisions à venir ». 

Savoir opérer les changements indispensables

Pour Maxime Meeckers, qui a rejoint le management de l’entreprise familiale au sortir de l’école, assurer la relève reste un défi. Il lui faut en effet trouver sa place comme tout nouveau venu au sein d’une entreprise. Mais c’est également pour lui l’occasion d’apporter sa touche « digital native » à l’aventure familiale afin d’opérer les changements indispensables et propres à notre époque. Par exemple, l’avènement du e-commerce a vraiment été un tournant : « Depuis quelques années déjà, nous avons pu constater une digitalisation du commerce. Avec, pour conséquence directe, un changement des comportements d’achat. Nous nous sommes alignés en pratiquant un commerce omnicanal : nous veillons à créer une synergie entre les magasins physiques et la vente en ligne ». 

Se donner les moyens de s’adapter

Cela a été l’opportunité de renforcer une des valeurs premières de l’entreprise : le service au client en a été boosté. « Par exemple, il est possible de réserver un vêtement en ligne et de l’enlever ensuite au magasin, en profitant en plus du conseil d’un de nos collaborateurs à la vente. Cas de figure inverse : si un client ne trouve pas sa taille en magasin, la livraison à domicile est possible ». En termes de ressources humaines, cela implique de faire appel à de nouvelles compétences et cœurs de métiers : « Nous nous sommes adjoints six à sept personnes dédiées à l’e-commerce et au développement web. Et nous avons fait appel à des agences et autres consultants, notamment pour améliorer l’expérience client sur notre site ».

Miser sur la complémentarité entre générations

« Dans l’entreprise familiale, nous sommes tous complémentaires ! Mon père passe 50% de son temps aux achats. Pour ma part, je suis en grande partie au bureau à collaborer avec les équipes marketing, e-commerce et développement des points de vente. Je me déplace aussi dans les différents magasins. Je discute avec les gérantes et leurs équipes afin de comprendre au mieux leurs besoins et attentes ». Maxime Meeckers est d’ailleurs le premier dans l’entreprise familiale à avoir fait HEC. Les trois premières générations qui l’ont précédé occupaient des fonctions très commerciales. « Ce qui aide – et bien plus que la formation – c’est d’avoir hérité de la passion du métier et d’avoir grandi dans une famille d’entrepreneurs : j’entends parler des magasins depuis que je suis né ! Ça aide à envisager l’avenir tout en continuité ».

Conquérir de nouveaux marchés, oui … mais en restant cohérent

Quand on demande au jeune homme comment il voit évoluer l’entreprise avec sa vision d’arrière-petit-fils mais aussi en tant qu’entrepreneur : « Nous allons continuer à faire des investissements judicieux et toujours alignés à nos valeurs. Ce n’est pas parce qu’un promoteur vient à nous avec une idée de magasin à un endroit ou qu’une opportunité de conquérir un nouveau marché se présente que nous allons forcément foncer tête baissée. Cela doit rester cohérent avec notre modèle familial : être hors des villes, faciles d’accès, idéalement près d’un chausseur afin d’offrir une offre complète à nos clients, etc. »

Rajeunir les troupes et se préparer ensemble à l’étape suivante

Enfin, si Maxime Meeckers souhaite évoluer avec les codes de son temps, le digital native nous confie : « Je crois toujours aux commerces physiques. Le principal défi sera de savoir innover et d’opérer le rajeunissement requis. Nous allons par exemple donner un petit coup de jeune à certaines enseignes, et nous envisageons aussi d’engager de jeunes collaborateurs. Pour ce faire, ma sœur viendra prochainement rejoindre à mi-temps l’équipe RH ». Pour fédérer autour des valeurs familiales, l’entreprise a toujours mis un point d’honneur à bien encadrer les équipes : « Nous comptons à présent 135 employés. Nous nourrissons de nouveaux projets, mais il est hors de question de passer à l’étape suivante si une des cellules – RH, IT, sales, marketing… – n’est pas prête. Nous veillons en effet toujours à ce que l’on soit bien synchro, mais aussi tous impliqués autour d’une même philosophie ».

Maxime Meeckers  - Tricobel

Maxime Meeckers

Maxime Meeckers appartient à la quatrième génération de la famille d’entrepreneurs Meeckers. Leur entreprise de bonneterie Tricobel a été lancée en 1937. Au cours des 80 années qui ont suivi, ils n’ont pas cessé de se diversifier, avec les enseignes multimarques Espace Mode, ainsi que leur propre marque, Signe Nature, qui est distribuée en Belgique, en France et aux Pays-Bas. En 2017, Maxime Meeckers, 25 ans, a rejoint le management en tant que Commercial Manager.