De juin à fin novembre 2018, les conseillers aux entrepreneurs starters de BNP Paribas Fortis ont participé aux Bootcamps Starters. Ce sont des sessions de formation afin de se mettre dans la peau d’entrepreneurs en début d’activité. Après une révision du Business Model Canvas, les conseillers ont eu droit à une ultime session : la défense de leur projet d’entreprise devant un jury, c’est-à-dire le pitching. Manuel Detry, Conseiller Starters chez BNP Paribas Fortis, donne quelques ficelles pour bien pitcher face à des investisseurs potentiels. Ou comment faire adhérer des investisseurs potentiels à son projet entrepreneurial.

Un pitch, c’est 5 minutes pour synthétiser son projet entrepreneurial

Le pitch est un exercice de communication court et impactant avec pour finalité de convaincre son interlocuteur de l’intérêt d’un projet, un concept, une idée, etc. Il peut très bien s’agir d’un elevator pitch, pitch client, pitch investisseur, concours, etc. Dans le cas de cette dernière session des Bootcamps Starters, les cinq équipes de trois conseillers devaient plutôt se livrer à un concours de pitches devant des investisseurs potentiels. A tour de rôle, il leur fallait ainsi défendre leur projet d’entreprise devant un jury composé de plus de 400 cadres de chez BNP Paribas Fortis. Chaque équipe disposait en tout et pour tout de cinq minutes pour susciter l’intérêt et se vendre.

Rester concentré sur les postes-clés du business

L’équipe de Manuel Detry défendait le concept Power Car Sharing, une application permettant de trouver les stations de recharge pour véhicules électriques les plus proches. Manuel Detry montre par l’exemple comment lui et son équipe s’y sont pris : « Cinq minutes, c’est court. Mieux vaut rester concentré sur une grille d’évaluation, axée autour de quatre postes :

  • La valeur ajoutée du projet : cela consiste à identifier un problème et à dire qu’on a la solution à celui-ci. C’est le start with the why. Dans notre cas en particulier, on passait rapidement en revue le boom des ventes de voitures électriques tant en Belgique qu’en Europe…mais aussi le manque de bornes de recharge. Nous avions illustré cela de captures-écrans d’articles de presse. Nous avions aussi un slide sur ce que les usagers comme les propriétaires de stations avaient à gagner en employant notre application (depuis la flexiblité jusqu’à la RSE) ;

  • La team : il s’agit ici de montrer comment les casquettes sont distribuées au sein de l’entreprise naissante. Profitez-en pour montrer la complémentarité des expertises parmi les membres de l’équipe. La photo de chacun avec une fonction bien claire en dit déjà beaucoup ;

  • Le modèle de coût et revenus : en un seul slide, nous avions résumé de façon bien visuelle les coûts de notre concept, tant les coûts de lancement, que les coûts récurrents, etc. N’oubliez pas le break-even (seuil de rentabilité), c’est une question que vos investisseurs potentiels risquent de vous poser. Dans notre cas, nous l’avions planifié à 2024 ;

  • La faisabilité : montrez les moyens que vous vous donnez. Notre plan d’action consistait à mettre en place une campagne de levée de fonds, des partenariats avec des propriétaires de stations de recharge ainsi qu’une communication ciblée via les réseaux sociaux.

Pour chacun de ces points, il fallait aller à l’essentiel. Notre Power Point se limitait à douze slides, introduction et remerciements compris, avec juste quelques bullet points, et le tout bien illustré ».

Penser et agir en leveur de fonds face à des investisseurs potentiels

Manuel Detry est enchanté de cette session pitching : « C’était une top expérience. Dans mon cas, il s’agissait aussi d’une première : tout commercial que je suis, je n’avais jamais eu l’occasion de défendre ainsi un projet devant un public. Cela apprend ou réapprend à condenser ses idées, se poser des questions cruciales, rechercher l’efficacité, etc. Les conseillers starters confrontés à un jury composé de leur top management ont vraiment ainsi pu prendre la mesure de la difficulté rencontrée par le starter qui doit tenter de lever des fonds auprès d’investisseurs potentiels ». Coachés avant comme après, les conseillers starters ont été contents des résultats : « Nous avons visualisé la vidéo de notre pitch et avons constaté que nous nous en sortions plutôt bien. Nous avons bien appliqué ce que l’on nous avait appris. Par exemple, l’importance de revenir à sa respiration lorsqu’on perd le fil de ses idées ou de regarder l’assistance de la même façon, c’est-à-dire pas plus à gauche qu’à droite de l’assemblée, etc. ».

Les Bootcamps Starters, pour prendre la mesure des défis mais aussi du plaisir d’entreprendre

Pour la petite histoire, l’équipe de Manuel Detry a terminé ces Bootcamps Starters en deuxième position au niveau national. Le lauréat ? Des collègues conseillers starters proposant un projet de boutons d’alerte-bijoux pour personnes âgées. Manuel Detry explique à quel point leur quotidien de conseillers starters s’est transformé : « Ces Bootcamps Starters ont non seulement renforcé certaines certitudes quant aux défis rencontrés par les starters… mais ils nous ont même donné envie de vivre vraiment l’aventure entrepreneuriale. Les lauréats pensent réellement à lancer leur projet, et je franchirais bien moi aussi le cap de l’entrepreneuriat à titre complémentaire ». Pour Manuel, peut-être y aura-t-il donc un "avant" et un "après" les Bootcamps Starters. 

 

Manuel Detry

Manuel Detry

Diplômé en sciences économiques et de gestion de la Louvain School of Management, Manuel Detry travaille chez BNP Paribas Fortis depuis une quinzaine d’années en tant que conseiller, d’abord commercial et ensuite dédié à la clientèle professionnelle. Depuis décembre 2017, il est Conseiller Banque des Entrepreneurs Groupe Starters, c’est-à-dire qu’il encadre des indépendants ayant moins d’un an d’activité.