En tant qu’entrepreneur, il faut savoir tirer profit des circonstances, mais aussi se faire bien encadrer, surtout en début d’activité. Amélie de Cartier, qui a lancé sa start-up grEAT! granola, active dans l’alimentation, explique comment elle est passée d’un développement organique à une entreprise en train de bien prendre ses marques, et surtout, grâce à qui.

Se lancer en mode '3F'

Contrairement à d’autres acteurs actifs dans la même niche qu’elle (ndlr : le granola ou muesli toasté), la jeune entrepreneuse a fonctionné le plus longtemps possible selon une croissance organique : « Je suis une autodidacte de l’alimentation saine. Au départ, j’offrais ce que je fabriquais, c’était pour le fun. Mes premiers clients et ambassadeurs étaient mes amis. De fil en aiguille, le bouche-à-oreille a joué, Facebook a été un lieu de partage et une belle vitrine ». Sa famille lui a aussi été très précieuse et pas uniquement pour le soutien moral : « Je suis plutôt intuitive, et pour l’approche plus rationnelle, j’ai pu compter sur mon frère, issu du secteur de la finance. Il a su aussi me donner un feedback objectif ». C’est en effet au plus près de soi, en mode 3F (ou FFF pour « Family, Friends and Fools »), que l’on trouve souvent de quoi poser des bases solides à son projet.

Faire appel à des pros de tous horizons

Pour franchir les barrières à l’entrée de l’entrepreneuriat, on peut évidemment recourir aux conseils ponctuels de professionnels tels que les comptables, juristes, notaires, etc. Mais tant au quotidien que dans sa stratégie à terme, on peut aussi compter sur les coaches. « Il faut savoir sortir la tête du guidon, et grâce à eux cela sera possible. En effet, ils vont nous permettre de :

  • S’arrêter ;
  • Challenger notre projet ;
  • D’avoir du recul et un regard neuf ;
  • Penser aux étapes de croissance suivantes ;
  • Repenser les processus et objectifs, les faire évoluer pour suivre la croissance…

Il peut s’agir soit d’un coach de formation soit d’un autre starter mais un peu plus avancé que soi dans son parcours entrepreneurial, et que l’on rencontre toutes les 4-5 semaines. Ou encore un organisme plus structuré, comme le Réseau Entreprendre, par exemple ». Dès votre idée en tête, n’hésitez pas à consulter votre banque qui pourra vous conseiller et orienter même avant de faire vos premiers pas en tant que starter.

Faire appel à ses pairs

A mesure que le développement organique atteint ses limites et que l’on veut professionnaliser davantage son activité, des questions-clés surviennent : Quels fournisseurs choisir ? A une plus grande échelle, quelles sont les contraintes techniques ou les réglementations ?... « Les petits choix font aussi place aux plus grandes décisions, avec de plus gros montants en jeu et des processus plus longs à la clé. Il ne faut pas hésiter à demander l’avis de ceux que l’on a côtoyé lors de précédentes missions ou ceux qui ont l’expérience de son secteur. Il ne faut pas voir de la concurrence là où il n’y en a pas. Cela peut même déboucher sur de beaux win-win’s. Comme, par exemple, des petits-déjeuners ou des ateliers cuisine où des produits complémentaires sont présentés aux participants, c’est-à-dire des clients potentiels ». On peut aller aussi à la rencontre de ses pairs lors d’événements networking ou toute autre formule de co-inspiration de succès.

Echanger avec ses fournisseurs et collaborateurs

La concurrence, la vraie, existe toutefois : « En 2 ans, j’ai noté l’arrivée de quelques nouveaux entrants et de produits analogues en rayon. J’ai pu investiguer d’autres marchés et constater les différences qu’il existe par exemple entres les pratiques – tant de consommation que commerciales – entre la Flandre et la Wallonie ». Dans ce cas-ci aussi, il ne faut pas hésiter à demander conseil aux fournisseurs et aux collaborateurs dont on s’entoure. Ceux-ci peuvent aussi partager de l’expérience de terrain, du vécu entrepreneurial en plus du savoir-faire : « C’est tout l’avantage de travailler dans une petite structure et d’être 'leader parmi ses troupes'. De belles synergies opèrent alors. Dans mon cas, par exemple, cela se produit lorsque je travaille en direct avec le graphiste. Même chose quand je vais aider mon ouvrière à emballer des produits ou contrôler le stock. Par ailleurs, cela me place aux premières loges pour voir ce qui va et ce qu’il y a lieu d’améliorer. Je constate également que nous sommes sur la même longueur d’onde. Cela signifie aussi que, à un moment, je pourrai déléguer ».

Rester à l’écoute de son client… et de soi-même

Autre coach un peu plus insoupçonné : le client ! « Il a beau être roi, le client est aussi un excellent indicateur des tendances ainsi qu’une mine précieuse d’informations et de conseils. Il faut aller chercher ce client jusque dans les foires et salons, ne pas attendre qu’il vienne à soi ».

Enfin, le bon sens prévaut chez la jeune entrepreneuse, qui conclut : « Se faire bien entourer et savoir écouter est très important. Mais il ne faut pas que cela nous place en situation de remise en question permanente Sinon, cela devient bloquant. Il ne faut pas prendre trop d’avis non plus, au risque de s’y perdre. Il est bon de savoir revenir à l’essentiel : ce que l’on veut soi. Car entreprendre reste une aventure humaine avec les autres, mais aussi avec soi-même. »

Amelie de Cartier

Amélie de Cartier

Amélie de Cartier, 26 ans, a fondé en octobre 2015 grEAT! granola. Cette startup est active dans la fabrication et la vente de granola (muesli toasté fait maison et sans gluten ni sucre ajouté).