Bruxelles a accueilli hier soir la remise des CSR Professional of the Year-awards. Pour les PME, le prix a été attribué à Philip Van Kelst pour Kasteelhoeve Wange, un domaine historique dans lequel il propose des séjours durables, workshops et sessions de coaching pour les particuliers et les entreprises. Il nous explique ce que signifie pour lui la CSR (Corporate Social Responsibility) – ou responsabilité sociale des entreprises en français.

Mettre des valeurs en pratique

Philip Van Kelst : « Avant que ma femme et moi-même ne commencions le Kasteelhoeve, j’ai donné des formations et trainings pendant treize ans dans la communication, la collaboration et le leadership durable au sein d’organisations. Parce que je souhaitais moi-même mettre en pratique ces conseils et cette théorie que je prodiguais aux autres, je me suis lancé à la recherche d’un projet qui me le permettrait et qui serait lié à l’écologie – quelque chose pour moi d’indissociable du développement durable et de la CSR. Ce projet est devenu le Kasteelhoeve. »

Philip Van Kelst et sa femme, Klaartje Peeters, ont financé eux-mêmes l’achat du domaine et ont rénové la ferme pour en faire un centre de séminaires contenant 16 chambres et répondant en grande partie à ses propres besoins en termes de chauffage, d’eau et d’énergie. Pour la production de nourriture, le couple est également en grande partie autonome ou fait appel à des producteurs locaux– depuis les fruits et le miel jusqu’à la viande et le chocolat.

Durabilité et rentabilité : pas forcément opposés !

« Entreprendre de manière responsable est pour moi partir de certaines valeurs et faire toujours les bons choix sans pour autant se fixer à des objectifs bien déterminés. Cela signifie regarder plus loin que le bout de son nez, oser penser sur le long terme et choisir des solutions simples, même si elles ne sont pas toujours les plus évidentes. En faisant cela, vous vous rendrez compte que la durabilité et le rendement peuvent aller de pair. »

Un exemple? « La ferme a besoin d’eau chaude pour une trentaine de personnes au quotidien. L’eau de pluie était donc pour moi un choix logique. C’était un investissement assez lourd au départ, qui nous a couté 20% de plus qu’un système d’approvisionnement en eau 'classique', mais sept ans plus tard il était totalement rentabilisé et les coûts que nous économisons aujourd’hui sont un bénéfice pur. Le choix de l’eau de pluie n’était peut-être pas le plus évident à l’époque, mais nous paraissait plus naturel, logique et rentable une fois que nous avions franchi le pas. »

« Pour la gestion du sol et de l’énergie, nous avons aussi développé des systèmes intégrés uniques. Ces choix, et les économies qu’ils ont engendrées, nous permettent de proposer des prix très concurrentiels : durabilité et rentabilité ne sont donc pas contradictoires. »

Penser de manière écologique est économique !

L’approche innovante de Philip Van Kelst se décline aussi dans son accueil des invités. « Si les gens viennent chez nous pour un team building ou des vacances, il est essentiel pour moi qu’ils se sentent connectés et à leur aise, et non pas que quelqu’un soit constamment prêt à servir leurs moindres besoins. Les gens peuvent, et doivent, faire beaucoup d’eux-mêmes chez nous : partager les chambres, mettre la table, se servir et ranger. Tout ceci crée une atmosphère informelle de spontanéité, d’attention et d’ouverture, mais nous permet également d’épargner beaucoup de frais de gestion de personnel : c’est à nouveau un bel exemple qui prouve que penser de manière écologique, dans le sens général du terme, c’est aussi penser de manière économique. »

Surmonter sa peur et choisir la simplicité

Philip Van Kelst conclut : « La CSR se résume pour moi très souvent à choisir des solutions simples. Partout dans la société, les gens ont le sentiment que ce n’est pas seulement significatif et important, mais aussi nécessaire. Même si tout le monde n’est pas forcément prêt à cela. Non seulement vous y épargnez, mais vous créez aussi de la valeur pour les autres : il n’y a donc que des avantages. Le plus gros challenge est de surmonter sa peur de l’inconnu et de l’impact sur le court terme. Une fois que vous avez passé ce stade, ce n’est que du bénéfice. »

Philip Van Kelst

Philippe Van Kelst

Depuis vingt ans, Philip Van Kelst donne des sessions de coaching et des formations en communication, collaboration et leadership durable avec sa compagnie Van Kelst & Co. Il y a sept ans, il a ouvert le Kasteelhoeve Wange avec sa femme, Klaartje Peeters, où il propose des séjours durables, des workshops et des sessions pour les particuliers et les entreprises.