Second volet du thème « Erasmus for Young Entrepreneurs » (EYE), programme d’échanges transfrontaliers interentreprises, soutenu par l’Union Européenne. D’un côté, le point de vue d’un jeune entrepreneur belge accueilli hors frontières. Nous l’avons découvert précédemment. De l’autre, celui d’un entrepreneur d’accueil. Le voici, avec Sylvain Willenz, à la tête d’une PME du design belge à succès. Il raconte comment il a eu autant à offrir qu’à gagner…

Compétences up-to-date et idées neuves

Etre PME d’accueil d’un jeune entrepreneur européen, ce n’est pas seulement compléter les connaissances de celui-ci ou le former au terrain. Dans le cas de Sylvain Willenz, l’expérience a tellement été porteuse qu’il l’a réitérée à plusieurs reprises. Il sait apprécier à sa juste valeur la nouvelle génération, fraichement émoulue des hautes écoles internationales : « Ces jeunes entrepreneurs sont admirables de compétences et de potentiel. Leur enthousiasme à acquérir de l’expérience force le respect. Sans oublier le bagage technique très à jour et les idées neuves qu’ils apportent à une entreprise qui a déjà pris ses marques ».

Le juste matching entre entrepreneurs

Le portail du programme EYE permet tant aux accueillants qu’aux accueillis de se rencontrer selon leurs critères respectifs. Les intermédiaires tels que l’agence Impulse Brussels (ex-ABE, Agence Bruxelloise pour l’Entreprise) participent activement à parfaire cet accord. Pour Sylvain Willenz, c’était non seulement le bon matching mais aussi le bon timing : « J’étais arrivé à ce moment où je voulais développer mon business et y impliquer de nouvelles forces vives. L’idée de faire défiler les stagiaires non rémunérés n’étant pas du tout dans ma culture d’entreprise, je cherchais d’autres pistes. Impulse Brussels m’a mis sur celle du programme EYE. Par la suite, j’ai eu à développer davantage l’aspect événementiel de mon entreprise. J’ai alors eu la chance d’accueillir un jeune entrepreneur actif dans l’organisation d’événements ».

La PME, un écosystème idéal

Et la structure de la PME, avec son organisation plutôt horizontale, se prête bien au programme d’échanges : « Que l’on soit stagiaire, junior ou entrepreneur en échange, je considère ceux-ci à l’identique : je veille à ce qu’ils soient dans la prise de responsabilité et s’acquittent de tâches gratifiantes. Le ‘monkey work’ n’a pas de sens à mes yeux. Il m’est déjà arrivé de me déplacer avec ‘mon young entrepreneur’ auprès d’un client aux USA, au Japon ou au Danemark afin de l’impliquer davantage. C’est autrement plus stimulant pour l’un comme pour l’autre. C’est un partage d’expérience ».

Pour que la synergie opère

Se fondre à un biotop entrepreneurial étranger requiert des aptitudes chez le jeune entrepreneur. Il en faut également chez l’entrepreneur d’accueil. Sylvain Willenz analyse celles qui lui ont été précieuses : « Je conseillerais aux entrepreneurs d’accueil de :

  • Bien choisir le jeune entrepreneur, car l’aventure dure 6 mois
  • Garder en tête que ce n’est pas un exécutant, mais une valeur ajoutée
  • Etre prêt à être dans l’échange, et être généreux
  • Last but not least : avoir un plan d’action pour ces 6 mois de collaboration ».

Notons que l’importance du plan d’action avait été aussi soulignée côté « young entrepreneur ».

Laissons l’entrepreneur aguerri conclure, et rappeler que dans l’échange EYE chacun est à la fois maître et élève : « 6 mois, c’est un minimum mais c’est aussi trop peu, car en l’espace de 6 mois, le jeune entrepreneur s’est rendu indispensable ».

Sylvain Willenz

Sylvain Willenz

Sylvain Willenz est fondateur et head of design de SWDO, bureau de design multidisciplinaire international basé à Bruxelles. En 12 ans, il a obtenu de nombreux prix, dont celui de Designer Belge de l’Année, en 2009.

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