Dans un précédent article publié sur ce blognous vous avons expliqué ce qu’est un incubateur : un environnement dans lequel les starters, qui font leurs premiers pas en tant qu’entrepreneurs, peuvent créer leur entreprise dans les meilleures conditions. « L’accélérateur concerne la phase suivante », explique Wouter Remaut. « L’entreprise a déjà un vrai pouvoir commercial, une petite équipe de quatre ou cinq personnes est constituée, les premières recettes rentrent… Pour une entreprise, c’est le moment d’intégrer un accélérateur. »

Croissance rapide

Co.Station possède actuellement des sites à Bruxelles, Gand et Charleroi et est responsable de la gestion de The Beacon à Anvers, une communauté axée sur le développement de produits liés à l’Internet des objets (IdO). Comme dans le cas des incubateurs, l’idée est que les entreprises partagent un espace de travail, apprennent les unes des autres et échangent leurs expériences. « Une entreprise a des besoins différents à chaque phase de sa vie », explique Wouter. Les questions abordées dans un accélérateur sont donc d’un tout autre ordre que celles que l’on se pose dans un incubateur. 

« L’entreprise qui se trouve dans cette phase veut avant tout croître rapidement et essaiera donc tout d’abord d’instaurer des processus de vente le plus rapidement possible et de les améliorer. Cela soulève de nombreuses questions : n’avons-nous pas besoin d’un CEO externe, et qui pourrait revêtir cette fonction ? Les canaux de distribution sont-ils en ordre et, si tel n’est pas le cas, comment peuvent-ils être améliorés ? La structure de la société est-elle optimale pour ce que nous entreprenons ? Tous les droits sont-ils suffisamment protégés et détenons-nous les brevets requis ? Et quand pouvons-nous  traverser la frontière et nous lancer dans l’exportation ? Ce sont là les questions typiques auxquelles les entreprises dans un accélérateur veulent trouver une réponse. » 

À la recherche de capitaux supplémentaires

En plus de chercher à rationaliser leur business, les entreprises dans un accélérateur se mettent aussi en quête de capitaux. « La rentrée de capitaux supplémentaires est très souvent une étape cruciale pour nos entreprises, c’est une sorte de couronnement du travail accompli », explique Wouter. « Si elles y parviennent, il est alors doucement temps pour elles de prendre leur envol. L’augmentation des besoins en capitaux est d’ailleurs tout ce qu’il y a de plus normal. La société grandit et a donc besoin d’un capital d’exploitation supplémentaire : le produit doit continuer à être développé, ce serait peut-être une bonne idée de concevoir un deuxième produit ; des recrutements doivent avoir lieu, et peut-être faut-il envisager d’agrandir les bureaux ; etc. Tout cela coûte de l’argent. »

Contacts avec de grandes entreprises

Co.Station accueille des entreprises actives dans le domaine de la technologie. Il peut s’agir de diverses formes de technologie : de la cybersécurité au développement de l’intelligence artificielle, en passant par l’Internet des objets. La résidence des entreprises chez Co.Station n’est pas gratuite : elles paient pour pouvoir faire partie de la communauté. « C’est exact », indique Wouter, « mais elles reçoivent quelque chose en retour : l’accès à une communauté de semblables, ainsi que de nombreux contacts avec de grandes entreprises. Ces dernières ne demandent souvent qu’à se lancer dans l’innovation ouverte avec des start-up externes. Pour une start-up, c’est l’occasion idéale de booster sa croissance. Pour vérifier si la start-up croît, le meilleur paramètre est son chiffre d’affaires. Conclure un contrat commercial avec une grande entreprise comme Proximus ou BNP Paribas Fortis n’est pas seulement l’occasion de jouer dans la cour des grands, cela offre également l’opportunité de tirer un maximum de connaissances et d’expériences présentes dans ces entreprises classiques. »

Wouter Remaut

Wouter Remaut

Wouter Remaut est titulaire d’un master en droit de l’Université de Gand et d’un diplôme de troisième cycle en droit privé international de l’ULB. Il a commencé sa carrière en 2000 chez BNP Paribas Fortis, où il a travaillé dans plusieurs départements de la banque. En janvier 2017, il a succédé à Olivier Viaud, l’un des fondateurs de Co.Station, au poste de CEO de l’accélérateur.