Hier se sont réunis trois entrepreneurs belges qui réussissent tout aussi bien en France qu’en Belgique. Si la facilité de la langue et la taille du marché sont des atouts indéniables, les CEO d’ACTITO, Email-Brokers et Newpharma ont fait part de leur expérience et conseils pour préparer un passage à la frontière pas aussi évident qu’il ne le parait.

La bonne réputation des Belges en France

« Dans l’ensemble, les Français apprécient la qualité du travail belge, jugée très pragmatique. », nous révèle Benoît Denayer, CEO et cofondateur d’ACTITO, entreprise spécialisée en marketing relationnel. « Attention tout de même car nos voisins sont attachés au ‘Made in France’, ce qui nécessite d’arriver sur le marché avec une offre vous différenciant des concurrents locaux. »

« Ils apprécient notre rigueur car ils n’ont pas toujours la même. », souligne William Vande Wiele, CEO et fondateur d’Email-Brokers, éditeur de bases de données BtoB et BtoC. « Et comme nous partageons la même langue, les échanges sont plus simples et nous n’avons pas le risque de nous perdre dans la traduction. »

Se préparer à un marché concurrentiel et centralisé

« Si le marché de l’Hexagone est 6 fois plus grand en termes de consommateurs, il l’est aussi 6 fois plus en termes de concurrence. », précise Jérôme Gobbesso, CEO et cofondateur de Newpharma, première pharmacie en ligne de Belgique. « Cela implique notamment que les politiques de prix sont plus dures et il faut être certain de pouvoir s’y adapter avant de se lancer. »

« La France est centralisée en plusieurs pôles dont il faut prendre connaissance avant de se lancer. », continue Benoît Denayer. « Par exemple, c’est dans la région Rhône-Alpes que les entreprises du secteur pharmaceutique se trouvent alors qu’il faut être à Paris si l’on souhaite conquérir le monde du digital. »

Se rendre sur place et se faire accompagner

« Inutile de préciser que vous devez vous rendre sur place pour comprendre le marché. », rajoute Jérôme Gobbesso. « Par exemple, nous sommes allés visiter des pharmacies, des parapharmacies et des parfumeries françaises pour mieux appréhender les différences de répartition de produits avec la Belgique. »

 « Le millefeuille administratif français porte bien son nom ! », poursuit William Vande Wiele. « Les procédures administratives (l’URSSAF qui est l’équivalent français de l’ONSS, recrutement, ouverture d’un compte en banque, etc.) sont nombreuses, compliquées et il est difficile de s’y retrouver. Il est indispensable de pouvoir compter sur un support local qui guidera vos premiers pas dans l’Hexagone. Je pense d’ailleurs à la Chambre de Commerce Franco-Belge de Lille qui propose un accompagnement très complet. »

« Contrairement aux voisins du Nord, les Français sont attachés au contact humain et au networking dans les relations professionnelles. », surenchérit Benoît Denayer. « Il est nécessaire d’avoir une présence locale afin de gérer les affaires quotidiennes et il faut être prêt à prendre le Thalys très régulièrement. »

La France 2.0

« Il est possible de communiquer et développer son réseau à moindre coût en France. », commente William Vande Wiele. « L’utilisation d’Internet, des réseaux sociaux et des outils digitaux de manière générale y est plus forte qu’en Belgique. »

« Il est vrai que le marché du digital est plus mature en France. », conclut Jérôme Gobbesso. « En termes d’e-commerce, c’est une réelle opportunité qui aujourd’hui représente plus d’un tiers de notre chiffre d’affaires. C’est pour ça que je suis convaincu qu’une entreprise belge doit développer dès sa création un business model qui peut facilement s’exporter ! »

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