Une transmission à la génération suivante, l'arrivée de nouveaux partenaires financiers ou une vente à un tiers notamment : à certains moments, il est nécessaire de connaître la valeur de votre entreprise. Mais comment s'effectue cette évaluation ? Et comment en augmenter la valeur ? Martin van Wunnik, spécialiste en projets financiers, explique les scénarios possibles.

Une formule magique pour la valeur de votre entreprise ?

“L'une des méthodes les plus utilisées pour estimer la valeur d'une entreprise consiste à calculer l'ensemble des actifs (les bâtiments, le mobilier, le matériel roulant, les stocks, les paiements à recevoir de clients et le cash disponible) avant d'en déduire la totalité des dettes", explique van Wunnik. “Mais ce calcul pose quelques problèmes. Ainsi, supposez que votre société existe depuis 15 ans déjà, mais que ses bâtiments soient amortis sur 33 ans. Dans la comptabilité, cet immeuble n'a donc plus de valeur, ce qui est évidemment faux. A ce niveau, des corrections doivent être apportées.”

Sujet à discussion

Autre problème: comment calculer la valeur des actifs immatériels, comme des brevets? Ou la 'notoriété' d'une entreprise? “Cela suscite en effet souvent des discussions", estime encore van Wunnik. “Il importe dès lors de bien se documenter et de veiller à pouvoir justifier la valeur estimée, par exemple grâce à une étude de marché. Vous disposerez ainsi d'un dossier solide face à un acheteur ou à un financier.”

Ceci vaut d'ailleurs également dans une autre situation. “Imaginez que vous possédiez un terrain sur lequel se trouve une usine qui exerce une activité polluante. Le risque existe que ce sol doive être assaini à l'avenir. Au niveau de la valeur de votre entreprise, il est donc bon de prévoir au préalable une certaine provision inscrite dans la comptabilité si la chose est autorisée ou en tout cas prévue dans le dossier."

D'aucuns affirment également parfois que la valeur d'une entreprise peut être calculée en multipliant par exemple le profit par trois. Ou l'EBITDA (le cash flow opérationnel) par cinq. “Une pure approximation qui débouche souvent sur des discussions interminables", sourit van Wunnik. “Qui plus est, cette estimation ne s'approche de la réalité que si l'on se trouve dans un secteur avec des concurrents comparables.”

Flux de trésorerie actualisés

Une technique comptable plus solide pour effectuer l'estimation de la valeur d'une entreprise porte sur les 'flux de trésorerie actualisés'. "En l'occurrence, l'on estime une valeur actuelle sur des cash flows entrants futurs. La question centrale à cet égard consiste à savoir quel taux d'actualisation appliquer. Quelle est aujourd'hui la valeur de mille euros d'ici deux ans? Pour ce faire, il est par exemple possible de s'appuyer sur une approche WACC (Weighted Average Cost of Capital), le Capital Asset Pricing Model (CAPM) étant utilisé pour la partie capitaux propres, et les taux d'intérêt pour la partie dettes. Mais à nouveau: il s'agit là de prévisions plus ou moins bien étayées. Parfois, on peut se retrouver face à des événements imprévus que personne n'avait vu venir."

Minimiser les risques

Reste la question de savoir comment augmenter la valeur de votre entreprise. En l'occurrence, il est important d'améliorer dès à présent les facteurs susceptibles de générer du cash à l'avenir: la stratégie pour améliorer le chiffre d'affaires et la marge, la politique d'investissement, la minimalisation des coûts de capital, la position concurrentielle, le montant du fonds de roulement, etc. “Une autre règle d'or doit consister à minimiser les incertitudes et les risques dans toute opération", insiste van Wunnik. “Plus les risques seront réduits, plus un repreneur sera rassuré et plus il sera enclin à payer davantage. Aussi, avez-vous mis en place une politique de rétention des personnes clés après votre départ? Grâce à des options sur actions par exemple. De tels éléments intéressent d'éventuels repreneurs, ne serait-ce qu'au niveau du calcul de leur position d'actionnaires.”

Cela étant, il existe aussi des situations que vous ne pouvez prévoir. “Supposez que vos bâtiments partent demain en fumée… Et encore: vous pouvez vous assurer contre ce type de dommages. Je le répète: écarter les risques est toujours une bonne chose."

Pas de place pour les émotions

En guise de conclusion, van Wunnik souhaite donner ce dernier conseil. "Dans un transfert ou une vente, il est important que le gérant apprenne à faire abstraction de ses émotions. Certes, cela n'a rien d'évident. Il ou elle a sans doute été impliqué(e) quotidiennement durant des décennies dans son entreprise et en donne une estimation – bien évidemment – très élevée. Mais pour le repreneur, cela ne compte bien sûr nullement.”

Martin van Wunnik

Martin van Wunnik

Martin van Wunnik est directeur général d'ARSIMA PROJECTS et est spécialiste en projets financiers (consolidation, comptabilité, rapportage, trésorerie, etc.) et stratégies marketing. Avec son équipe, il assiste les entreprises et organisations dans la mise en place de leurs projets (internationaux). Martin collabore régulièrement avec FD Magazine.

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