Au cours de ces quatre dernières années et après un pic en 2013, le nombre de faillites a reculé de 22% (Direction générale Statistique - Statistics Belgium) en Belgique. La façon dont on perçoit la faillite elle-même semble se modifier : alors que, il y a quelques années encore, 43% des Belges (Enquête Auctelia, 2013) n’étaient pas près d’accorder une seconde chance à un failli, on constate combien aujourd’hui cette stigmatisation recule. Une évolution des mentalités qui ne peut qu’être favorable tant à l’entrepreneuriat qu’à notre économie. Scott Garlick, CEO d’Auctelia, évoque ces changements et conseille les entrepreneurs désireux de créer de la valeur et de la croissance où d’autres voient la difficulté.

Eviter que les voyants ne passent au rouge

Scott Garlick insiste tout d’abord sur la nécessité d’anticiper, voire de se faire conseiller pour :

  • Rester proactif et identifier les premiers signes d’un ralentissement d’activité (diminution du cash, carnet de commandes peu fourni, trésorerie bancale, tableau de bord non pertinent, écart qui commence à se creuser entre l’offre de produits/services et les attentes du marché, etc.) ;
  • Savoir sortir le nez du guidon pour garder une vision stratégique et voir venir à temps le changement (de marché, de technologie, etc.) afin de s’adapter ou pivoter ;
  • Eviter de se rendre dépendant d’un seul client (pour ne pas subir sa perte ou la faillite de celui-ci) ;
  • Savoir céder son entreprise au bon moment (quand la conjoncture et les indicateurs sont favorables);
  • Se diversifier (en regardant par-delà la Belgique et/ou son marché, en changeant de concept, voire en s’orientant produit plutôt que service, ou inversement en privilégiant le service ou la consultance) ;
  • Inversement, se recentrer (liquider la part d’activité moins rentable et réinvestir le cash dans son cœur de métier) ;
  • Identifier les meilleurs moyens de générer du cash (louer ou vendre des locaux inexploités, des services facilitaires et autres outils propres au quotidien de l’entreprise dont on n’a plus usage, par exemple) ;
  • Agir le plus tôt possible (le piège : laisser un entrepôt  vide ou une chaîne de production et ses outils à l’arrêt pendant des années. L’entreprise elle-même peut vite perdre de sa valeur) .

Apprendre d’une faillite et s’améliorer

Les chiffres de notre enquête valaient pour la Belgique en 2013. Dans un esprit plus anglo-saxon, la faillite n’est en rien stigmatisée. En effet, tant au Royaume-Uni qu’aux USA, la population comme les banques et autres institutions font davantage confiance aux personnes ayant dû affronter une faillite. Il s’agit d’une optique « Fail Forward » : ceux-ci ont appris de leur expérience, et cela compte pour rebondir vers une prochaine aventure. Ils seront plus vigilants et auront acquis les bons réflexes d’anticipation évoqués ci-dessus et seront, en fin de compte, des entrepreneurs dans une meilleure version d’eux-mêmes. 

Et Scott Garlick abonde dans ce sens : « Il semblerait heureusement qu’il y ait du chemin parcouru en Belgique aussi et que l’on adopte cette optique anglo-saxonne : on tend davantage à accepter la part de risques comme partie de l’équation à condition d’une bonne justification». Les partenaires (banques et sociétés d’investissement) suivent et accordent plus leur confiance, en fonction des circonstances qui ont causé la faillite.

« L’entrepreneur affranchi de sa peur de l’échec potentiel ose donc plus se lancer comme se relancer. Cela se constate aussi au boom des start-ups et notre économie a tout à y gagner ».

Rebondir et recréer de la valeur

« Depuis notre dernier sondage, il y a quatre ans, les professionnels de l’encadrement des entrepreneurs ont pu toutefois constater une évolution dans l’anticipation de la banqueroute. Notez aussi que se poser des questions sur son entreprise et sa valeur, c’est aussi mettre toutes les chances de son côté pour maintenir l’activité ainsi que l’emploi ». Et si faillite il y a, Scott Garlick continue de voir le verre bien plein : « Il faut essayer de rebondir le plus rapidement possible vers un autre projet. Et tout n’est jamais perdu. Que l’on reparte de zéro, que l’on se diversifie ou que l’on cède une partie de son entreprise ou de ses équipements pour se recentrer sur son cœur de métier, c’est plus qu’un ballon d’oxygène, c’est de la valeur que l’on recrée ».

Scott Garlick

Scott Garlick

Scott Garlick est CEO d’Auctelia. Cette entreprise est active dans la vente aux enchères en ligne d’équipements professionnels d’occasion. Elle accompagne aussi les entrepreneurs, qu’ils soient vendeurs comme acheteurs potentiels.

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