Notre pays recèle plusieurs secteurs dont nous pouvons être fiers, parmi lesquels figure sans aucun doute celui des technologies. Marc Lambotte, CEO d'Agoria, la fédération sectorielle qui rassemble et défend les entreprises de l'industrie technologique, nous explique les raisons du succès de ce secteur.

Quelques chiffres pour commencer

Dans le domaine des technologies (et de l'innovation en particulier), les premiers pays qui viennent à l'esprit sont souvent les États-Unis ou le Japon. Mais saviez-vous que notre pays est loin de faire pâle figure dans ce secteur ? L'industrie technologique belge emploie pas moins de 275 000 personnes, réparties entre 1 700 entreprises. Chaque année, son chiffre d'affaires frôle les 100 milliards d'euros, dont environ 66 % (plus de 60 milliards d'euros) sont consacrés aux exportations (source : Agoria).

Une reconnaissance à l'échelle mondiale

Ces chiffres impressionnants ne sont pas, selon Lambotte, la seule raison pour laquelle nous pouvons être fiers de notre industrie technologique : « La Belgique recèle de trésors cachées en la matière. Vous l'ignoriez peut-être, mais le lanceur Ariane 5 de l'Agence spatiale européenne intègre des éléments technologiques belges, à l'instar de divers satellites qui sont actuellement en orbite autour de la Terre. Quant à la protonthérapie, une technique de radiothérapie qui soigne le cancer de manière beaucoup plus précise que les méthodes actuelles, elle trouve son origine en Belgique. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi d'autres dans lesquels notre pays s'est distingué ! »

Lancer une entreprise technologique

Il n'est pas forcément difficile de mettre sur pied une entreprise dans le secteur des technologies. « Les technologies modernes permettent d'aller loin si l'on tient une bonne idée, sans devoir disposer d'un grand capital de départ », poursuit Lambotte. « Le développement d'une app peut ainsi se faire avec un budget relativement réduit. »

« Il faut aussi savoir qu'il règne dans notre pays un climat particulièrement propice aux jeunes entreprises technologiques. Plusieurs instances et organisations proposent en effet de l'aide, des conseils et des subsides, parmi lesquelles Agoria ou startups.be. »

« À cela s'ajoute encore le fait qu'il est fiscalement très intéressant d'investir dans la recherche en Belgique. Tous les fonds investis en R&D bénéficient d'une réduction de 80 % pour le précompte professionnel. Une aubaine pour les entreprises innovantes ! »

Mais attention aux pièges !

Il y a tout de même plusieurs pièges dans lesquels les entreprises technologiques doivent veiller à ne pas tomber. « Ces pièges ne se situent pas tant dans la phase de lancement de la start-up, mais plutôt dans sa phase de scale-up », avertit Lambotte. 

« Le timing représente un défi considérable de notre secteur. Nombreuses sont ainsi les entreprises qui ont eu l'idée d'un produit prometteur et avant-gardiste dont elles ont fait un prototype, mais qui se heurtent à un manque de maturité du marché pour cette nouveauté. Prenons l'exemple de la réalité virtuelle : cette technologie existe déjà depuis deux décennies, mais ce n'est qu'aujourd'hui qu'elle s'impose auprès du grand public. Le marché n'était tout simplement pas prêt. »

« Beaucoup d'entrepreneurs sont surpris par la somme qu'il leur faudra débourser pour vendre leur produit ou service une fois qu'ils en auront conçu une première version. Souvent, cette somme égale le budget qu'ils consacrent au développement de ce produit ou service. Cela peut être effrayant pour certains. Mais avec l'encadrement adéquat et une bonne dose de motivation, tout est possible ! », conclut Lambotte.

Marc Lambotte

Marc Lambotte

Marc Lambotte a été nommé CEO d'Agoria en 2014. Agoria est la fédération sectorielle qui rassemble et défend les entreprises de l'industrie technologique. Il occupait auparavant diverses fonctions de management et de vente chez Unisys. 

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