Dans le monde de l’entreprise, la question des subsides fait débat. Certains ne tarissent pas d’éloge à leur égard, alors que d’autres n’hésitent pas à parler d’assistanat. Nous avons demandé son avis à Wim Heyman, spécialiste des aides publiques chez BNP Paribas Fortis.

Avant tout, je pense qu’il est important de clarifier ce qu’on entend par “subsides". Cette forme d’aide consiste en un versement sans contrepartie effectué au bénéfice d’une entreprise. La seule contrepartie, si on peut dire, est que l’entreprise doit remplir les conditions d’octroi prévues.

Le soutien aux entreprises est devenu depuis longtemps une compétence régionale: chaque Région a donc mis en place sa propre politique, adaptée à sa réalité économique et aux priorités de son gouvernement. Les formules de subsidiassions comme les critères d’octroi peuvent donc varier énormément d’une région à l’autre, et la matière est souvent complexe. Ce qui n’empêche pas d’observer quelques tendances générales.

Ainsi, les trois régions proposent des aides aux entreprises qui souhaitent exporter, tout comme aux projets spécifiques. Les montants octroyés sont eux aussi très variables : cela va d’une aide de quelques milliers d’euros pour la création d’un site web ; des trajets de formation…. jusqu’à des montants nettement plus importants, pour des projets innovants.

Pas de canards boîteux

L’existence de subsides ne signifie pas pour autant que les régions aident les « canards boîteux ». L’entreprise qui sollicite un soutien doit bien évidemment montrer patte blanche. Il faut un dossier sérieux et un plan financier qui tient la route. Les différents gouvernements se montrent de plus en plus sélectifs, d’autant que le resserrement des budgets régionaux a réduit la taille des enveloppes disponibles. Si vous voulez demander une aide, la première chose à faire est donc de monter un projet solide, et un dossier à l’avenant.

Un “coup de pouce”

À mon sens, un subside constitue donc plus un coup de pouce bienvenu qu’une formule d’assistanat. Il permet d’accélérer certains processus qui auraient de toute façon eu lieu. L’exemple typique est la participation à une foire commerciale à l’étranger: recevoir un subside permet en général à l’entreprise de gagner un ou deux ans pour une démarche qu’elle aurait de toute manière entreprise. Le but du subside est donc de faciliter et d’accélérer la réalisation d’un projet.

Avant de conclure, notons que les subsides ne sont qu’un des éléments de l’arsenal dont disposent les autorités pour soutenir les projets entrepreneuriaux. Je reviendrai prochainement sur ces autres formes de soutien (les garanties et les (co)financements) dans un prochain article. 

Wim Heyman

Wim Heyman

Wim Heyman est expert en accord de subsides aux PME auprès de la Banque des Entrepreneurs de BNP Paribas Fortis. Fan de Foot et de Volleyball, il pratique de nombreux sports tels que le vélo, le tennis, le ski et la randonnée.

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