Comme nous l’avons vu précédemment, cinq secteurs font la fierté de notre pays, mêlant grands acteurs et petites sociétés. Force est de constater que le cinéma occupe une de ces places de choix. Sylvain Goldberg, producteur et cofondateur, avec Serge de Poucques, de la société de production audiovisuelle Nexus Factory, nous fait part de sa vision du cinéma belge.

Les atouts du cinéma belge

Pourquoi un tel succès en Belgique ?

Tout d’abord, il faut souligner la volonté politique de développer ce secteur. De nombreuses sources de financement sont à disposition des producteurs. Entre autres, le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel finance entre 20 000 et 40 000 euros la réalisation de films selon des critères culturels, artistiques et techniques. Du côté de Wallimage, ce ne sont pas moins de 5 millions d'euros qui sont répartis annuellement entre talents et sociétés audiovisuelles de la Région Wallonne. À cela s’ajoute le fameux Tax shelter, qui a joué un rôle déterminant depuis 2003. Cet incitant fiscal pousse les sociétés à investir dans le secteur cinématographique en échange de réductions fiscales. Depuis les réformes de 2015, il a encore plus de succès et les levées de fonds ont presque doublé en un an. BNP Paribas Fortis propose à ses clients d’investir leurs capitaux (de 20.000 à 240.000 €) dans un panier de films choisis par le comité d’investissement de sa filiale Fortis Film Finance, en échange des attestations fiscales nécessaires. Depuis 2007, plus de 165 millions d’euros ont déjà été investis dans une centaine de projets audiovisuels, dont l’un porté par Luc Besson. 

Ensuite, nos talents valent aussi le détour ! De plus en plus de nouveaux réalisateurs explosent et font résonner le savoir-faire de la Belgique. Le site Cinergie.be en répertorie quelque 1.300. (source : Cinergie.be)

Cette ébullition a exporté le cinéma belge à l'international. Un grand nombre de coproductions ont été attirées par la Belgique, ce qui a permis de développer une expertise technique dans tous les métiers de l'audiovisuel. Des techniciens et comédiens viennent également travailler chez nous, progressent et acquièrent de l'expérience. Cela crée un terreau fertile au sein duquel des écoles spécialisées forment des jeunes à l’avenir prometteur. Il s'agit d'un véritable cercle vertueux. 

Enfin, soulignons la diversité des lieux de tournage et leur proximité, très pratique pour les producteurs. Ardennes, Mer du Nord, Gaume, Flandre,… La variété des décors est impressionnante, tout comme la localisation centrale de la Belgique.

Challenges et enjeux

Quels sont les défis pour votre entreprise ?

D'une part, nous devons rester performants car la concurrence internationale est importante. L’Inde, le Nigéria et les Etats-Unis sont les premiers producteurs mondiaux. Quant à la France, elle est le deuxième exportateur mondial de films derrière les Etats-Unis. D'autre part, il nous faut continuer à développer nos compétences techniques et exceller dans les différents genres cinématographiques. Privilégions un cinéma belge de qualité et mondialement reconnu, comme le prouve la Cérémonie des Magritte, lors de laquelle 22 trophées sont décernés chaque année.

Envisager un avenir dans l’industrie du cinéma

Quels sont les risques attenants à ce secteur ?

Le danger est de penser que cela sera facile. C'est une profession qui demande de l'opiniâtreté et déborde souvent sur votre vie personnelle. Le cinéma est un métier réservé aux personnes passionnées. Vous devez avoir la flamme pour mener votre projet, être amoureux de votre profession et aimer fédérer.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent se lancer ?

La seule chose qui compte est la qualité de vos projets. Si vous avez une idée entre les mains en laquelle vous croyez et qui vous enthousiasme, vous serez animé d'un précieux pouvoir de persuasion. Enfin, vous devez impérativement vous entourer de personnes compétentes, honnêtes et travailleuses.

Contributeur:

Sylvain Goldberg

Sylvain Goldberg, co-fondateur, avec Serge de Poucques, de Nexus Factory, a plus de quinze ans d’expérience dans l’industrie cinématographique. Il a produit ou coproduit une quarantaine de films, téléfilms, documentaires et séries et est également compositeur de musique. 

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