Le marché belge des télécoms est largement dominé par deux grands acteurs : Proximus (anciennement Belgacom) et Telenet. Des alternatives émergent néanmoins pour les entreprises. Samuel De Wever, fondateur de Destiny, fraîchement nominée au titre d’entreprise la plus prometteuse de l’année, nous partage sa vision des télécoms belges.

Une offre restreinte

« L'exemple type du duopole. » C'est en ces termes que Samuel De Wever, directeur général de Destiny, décrit le paysage belge des télécoms. « Belgacom fut traditionnellement le précurseur, avant que Telenet n'apparaisse via la télédistribution. Autrefois, on trouvait certes encore certains acteurs comme Verizon et MCI, mais ceux-ci ont pratiquement déserté la Belgique suite à la crise des dotcoms dans les années 2000 et l'étroitesse du marché. »

« L'impact sur les entreprises est désormais évident : l'offre est restreinte, les prix sont élevés et l'innovation est à la traîne. Les deux acteurs dominants se surveillent étroitement et ne sont pas vraiment stimulés. »

« Sur le marché du mobile, la concurrence est quelque peu plus active du fait de la présence de Mobistar », poursuit De Wever. Mais la reprise de Base par Telenet a une nouvelle fois restreint l'offre. « Le problème est que Mobistar se concentre très fortement sur le marché grand public,mais ne propose pas d'offre triple play ou quad play. Il en va de même pour les plus petits fournisseurs d'accès internet alternatifs tels que EDPnet ou Dommel. De leur côté, des acteurs comme VOO et Numericable sont trop locaux pour les entreprises disposant de plusieurs sièges. Enfin, les grands fournisseurs tels que Colt et Verizon s'adressent, eux, aux multinationales. »

L'émergence d'alternative

« Destiny entend proposer une alternative aux PME », précise encore De Wever. L'entreprise ne possède pas de réseau câblé propre mais loue le câble last mile sur le réseau télécom belge ou utilise les câbles à fibres optiques souterrains inexploités depuis des années. « Selon nous, ce ne sont plus ces câbles qui font la différence, mais bien le service, le prix et l'expérience utilisateur. »

« De même, le concept de VoIP [la voix sur IP qui permet de téléphoner sur une connexion réseau] ne représente plus un argument décisif. Une part importante de la technologie sous-jacente de la téléphonie analogique est d'ores et déjà basée sur IP. Au niveau des consommateurs ordinaires, je n'observe d'ailleurs aucun intérêt réel pour ce type de solution, ceux-ci préférant les appels illimités sur GSM. Pour leur part, les entreprises s'y attèlent certes, mais surtout au vu des possibilités techniques offertes, notamment les communications unifiées*. »

En ce qui concerne la téléphonie via des applications comme WhatsApp ou FaceTime, le jeune chef d'entreprise ne voit que peu de concurrence. « Les jeunes qui optent résolument pour les prix les plus bas y accordent de l’importance. Mais la qualité est encore trop mauvaise pour les entreprises. Si la conversation avec votre ami est interrompue, ce n'est pas trop grave. Mais s'il s'agit d'un client potentiel, une entreprise ne peut pas se permettre ce type de coupure. »

* Communications unifiées - une technologie qui intègre tant le trafic téléphonique fixe et mobile que la visioconférence, le mail et le chat. L'utilisateur peut en grande partie déterminer lui-même comment et où il utilise ces flux de communication. Un fax se lit comme un courriel et un courriel peut s'écouter comme un message vocal, toutes ces communications étant gérées dans une seule et même boîte mail. 

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Contributeur:

Samuel De Wever

Samuel De Wever a fondé Benesol (Belgian Network Solutions) en 2001 avec son frère Daan. La société de ce jeune duo héberge des sites web et connaît une croissance fulgurante. Comme de nombreux clients souhaitaient une solution télécoms, Destiny a vu le jour en 2008.

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